The Affair (Saison 4, 10 épisodes) : partir pour se reconstruire, rester pour se détruire

The Affair (Saison 4, 10 épisodes) : partir pour se reconstruire, rester pour se détruire

C’est avec énormément de retard que j’ai décidé de reprendre The Affair. Après trois saisons inégales (une première brillante, une seconde pas toujours palpitante et une troisième qui ne permettait pas d’effacer les défauts), la série revient ici avec une saison 4. Et quelle saison ! Car derrière ce qui aurait pu être la catastrophe du siècle se cache parmi les meilleurs épisodes de la série. Chacun des personnages vit alors sa vie dans différents endroits, après un saut dans le temps nécessaire pour aller de l’avant. Helen et Vik partent pour la Californie, Noah commence un nouveau boulot de prof, et Cole et Alison sont les seuls personnages qui vivent toujours à Montauk et tentent de sortir la tête de l’eau après la vente de leur restaurant.

La saison précédente était tellement ratée que je n’avais pas eu l’envie de découvrir ce que la saison 4 pouvait m’offrir. Sauf que The Affair a su repartir sur de nouvelles bases plus solides, en reprenant les éléments narratifs qui ont fait son succès. On sort alors des enquêtes criminelles à deux francs six sous et des relations extra conjugales redondante et ennuyeuses pour parler du passé des personnages, des problèmes qu’ils vivent intérieurement et la façon dont ils tentent de les exorciser. Cette saison se veut alors plus psychologique et proche de ses personnages auxquels on s’était attaché auparavant (puis peu à peu détachés).

En se concentrant sur l’essentiel et donc la substantifique moelle de la série, The Affair reprend le chemin qui aurait sûrement dû être celui de la saison 2. Les personnages gagnent alors en nuance et parviennent à devenir bien plus émouvants dans différentes situations. En reprenant aussi une narration éclatée dans tous les sens, la série reprend le chemin qui lui a donné son charme au départ. La façon dont la perception de chacun forge quelque chose dans chacun des personnages permet de donner une vraie ambiance à la série. La seule erreur de cette saison est peut-être d’avoir du mal à trouver un rythme de croisière égal à celui des deux premières saisons. Certains épisodes sont assez ennuyeux et se reposent aussi sur des erreurs du passé que la série tente de corriger.

Mais ce n’est pas ça qui va arrêter les scénaristes qui ont délivré ici une fin de saison époustouflante qui change à jamais l’esprit même de la série. Fort heureusement que dans les changements il y a aussi du bon, comme le fait que Noah soit devenu quelqu’un de plus touchant que l’on a envie de suivre et pas de frapper à chacune de ses apparitions. Le côté rédempteur du personnage permet donc de dynamiser un peu ce qui lui collait à la peau dans les saisons précédentes et de faire évoluer par la même occasion le personnage. Le suicide d’Alison à la fin de la saison prouve aussi que The Affair n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de chambouler la vie de ses héros. Ruth Wilson brille dans le dernier épisode, avec un huis clos étonnant, qui casse certains codes pré-établis de la série pour mieux nous les mettre en pleine figure. La saison 5 peut donc commencer pour moi…

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