Baby (Saison 2, 6 épisodes) : les sentiments ça coûte cher

Baby (Saison 2, 6 épisodes) : les sentiments ça coûte cher

L’an dernier, Netflix proposait un teen drama italien au doux nom de Baby. Sauf que sincèrement c’était vraiment le teen drama de trop. Curieux comme je suis, j’ai tout de même été poser mes yeux sur cette saison 2 loin d’être attendue. Série controversée également dans sa façon de parler de prostitution, Baby continue de nous plonger dans le quotidien de lycéens du quartier huppé de Parioli à Rome. Si l’histoire est inspirée de faits réels, Baby a été accusée de faire l’apologie de la prostitution. A tord ou à raison, peu importe, car Baby est aussi là pour retracer une histoire vraie. Quand une série cherche à représenter de manière réaliste le pire d’une génération, difficile de faire des reproches d’apologie. Car au fond, ce qui est démontré encore plus dans cette saison 2 (qui a tout de même appris des erreurs de la première par moment) c’est que le but n’est pas de parler de ce monde comme d’un monde cool.

Cette saison se rapproche alors de ses aînées (pas forcément plus réussies) Elite et Euphoria dans le but de monter la partie immergée de l’iceberg de ce que vivent les adolescents de notre époque. La saison 2 cherche à explorer les conséquences des actes des personnages dans la première saison, notamment Chiara et Ludovica. La série ajoute en plus de ça de nouveaux personnages au récit, ce qui tente de faire évoluer d’une certaine façon les intrigues de chacun, sans nécessairement pousser le tout suffisamment. Je trouve que Baby a encore du mal à gérer réellement son aventure et les conséquences des choix de nos héroïnes. Une fois que leurs aventures de prostitution commencent à faire du bruit, alors le tout n’est pas spécialement un château de cartes qui s’effondre. La série prend le temps (trop de temps) pour exposer tout ce qu’elle veut conter, mais avec souvent des idées étranges, qui n’arrivent pas toujours à être à la hauteur des attentes.

Baby parle de perte de repères d’une génération, de la recherche de sa propre identité, des premiers émois, des sentiments amoureux, etc. Mais au delà des défauts toujours inhérents à un point de départ raté, la série tente de s’améliorer malgré tout. Il faut d’ailleurs attendre la seconde partie de la saison pour que les conséquences se fassent réellement ressentir (ce qui est assez long au final). Mais de nouveaux personnages comme celui de Natalia (incarnée par Denise Capezza vue dans Gomorra) apportent un certain cadre qui permet aux scénaristes de faire évoluer leur histoire de façon légèrement différente. Baby se rapproche parfois d’une sorte de Suburra où ce qui fait mal ce ne sont pas les armes ici, mais plutôt les relations sociales, l’éthique, et les sentiments amoureux. Il y a aussi quelque chose de paradoxal dans cette série, car au fond Baby est scénarisée avec les pieds mais elle donne envie de poursuivre l’aventure.

C’est donc un sentiment paradoxal que j’ai vécu toute cette saison 2. Le but de la série semble encore de présenter de manière réaliste la superficialité et la bêtise juvénile à son paroxysme, ce qui rend forcément le scénario complètement bête parfois. Mais c’est un truc qui fait aussi parfois la force de Baby, comme cela a pu l’être dans Gossip Girl ou Elite par le passé. Cette dernière, la production espagnole de Netflix, n’est pas forcément meilleure aujourd’hui que Baby. Dans ses propositions, cette saison 2 tente donc de corriger des défauts qui ne sont pas toujours faciles à faire oublier.

Note : 4/10. En bref, les faiblesses ne s’effacent pas facilement et la série continue d’être parfois crétine, mais le paradoxe c’est probablement que les bêtises de Baby donnent envie de revenir…

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