Critique Ciné : Chambre 212 (2019)

Critique Ciné : Chambre 212 (2019)

Chambre 212 // De Christophe Honoré. Avec Chiara Mastroianni, Camille Cottin, Vincent Lacoste et Benjamin Biolay.


Christophe Honoré a un cinéma étonnant et souvent original pour lequel j’ai beaucoup d’affection. Je l’ai découvert comme beaucoup avec le très beau Les chansons d’amour et malgré quelques écarts cinématographiques, il avait su renoué avec mon amour pour lui dans Plaire, aimer et courir vite. Chambre 212 est son dernier film pour lequel Chiara Mastroianni a eu le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2019. Un prix mérité si l’on s’attarde sur sa prestation sans failles, moins si l’on s’attarde sur le film.

Dans Chambre 212 (et le numéro de chambre a une signification provenant du code civil), il décide d’analyser la vie de couple et les années de mariage de Maria (comme si Maria était Chiara et qu’elle faisait le bilan de sa relation avec Benjamin Biolay - de 2002 à 2005 - dans la vraie vie qui incarne ici son mari aussi). Cette dernière s’ennuie, a fait des erreurs mais au cours de cette nuit dans une chambre donnant sur son appartement, elle va se remettre en question et se rappeler aussi pourquoi elle aime l’homme avec qui elle est mariée depuis vingt ans.

Après 20 ans de mariage, Maria décide de quitter le domicile conjugal. Une nuit, elle part s’installer dans la chambre 212 de l’hôtel d’en face. De là, Maria a une vue plongeante sur son appartement, son mari, son mariage. Elle se demande si elle a pris la bonne décision. Bien des personnages de sa vie ont une idée sur la question, et ils comptent le lui faire savoir.

Dans les fantaisies dont Honoré a le secret, Chambre 212 nous enferme dans un huis clos qui a malheureusement aussi ses limites. Mais certains moments, très théâtral en font aussi un peu trop dans ce sens là. Mais le casting est très bien assorti, et l’on a envie de croire à cette histoire de « couple » à quatre. Dans son film, Honoré fait alors une sorte de synthèse aussi de ce qu’il a pu explorer par le passé au travers de l’amour, tout en érotisant les corps comme il sait si bien le faire. Les scènes de sexe chez ce cinéaste ont toujours un goût particulier (Métamorphoses, Les chansons d’amour, etc.). Mais bien qu’il ait ses détracteurs, j’ai toujours été client de cet érotisme léger qui nous emporte sans jamais juger.

Le mélange musical (qui pourrait s’apparenter parfois à une sorte de capharnaüm géant) apporte lui aussi sa petite touche qui permet de mélanger les époques de la vie de Maria, tout en nous enivrant de morceaux que l’on connait tous un minimum. Au final, Chambre 212 est un joli film, dont l’esthétique est parfois brouillée par le lieu qui reste fermé, mais qui s’évade malgré tout grâce aux fantaisies constantes de son casting et de ses personnages.

Note : 6.5/10. En bref, un joli huis clos, très théâtral (parfois trop) mais où Chiara Mastroianni fait ici une sorte de synthèse, comme si elle concluait avec Christophe Honoré pour qui elle a tourné 5 fois.

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