Critique Ciné : Matthias et Maxime (2019)

Critique Ciné : Matthias et Maxime (2019)

Matthias et Maxime // De Xavier Dolan. Avec Xavier Dolan et Gabriel D’Almeida Freitas.


Après l’échec cuisant, critique et public (sauf peut être pour moi) de The Death and Life of John F. Donovan, Xavier Dolan tente de retourner aux sources de son cinéma en retournant au Québec avec une histoire simple et joli. Mais malheureusement, je n’ai pas été aussi enthousiasmé par Matthias et Maxime que j’ai pu l’être pour le reste de sa filmographie. Peut-être avait-il besoin de se ressourcer, mais le résultat n’est pas là, car Xavier Dolan n’est plus le petit réalisateur québécois qui avait fait le magnifique J’ai tué ma mère. Les retrouvailles entre Xavier Dolan et son cinéma des débuts n’est pas aussi spontané et vivant que ce que j’aurais pu espérer voir de sa part. Même le retour d’Anne Dorval, son actrice fétiche, n’est pas suffisamment bien exploité et la confrontation qu’elle entretient dans le film avec Xavier Dolan (qui incarne son fils) manque de surprises et de vitalité. Comme si la flamme des débuts manquait, comme si le film avait été fait sans ferveur passée ou avec une quelconque nostalgie. Pour autant, Matthias et Maxime n’est pas totalement raté, c’est juste qu’il est un film mineur du réalisateur où il ne prend pas de risques et se contente de faire ce qu’il sait faire depuis la nuit des temps. Ce que j’avais adoré avec son précédent film c’était justement cette capacité à surprendre, à nous émouvoir avec des aventures atypiques.

Deux amis d’enfance s’embrassent pour les besoins d’un court métrage amateur. Suite à ce baiser d’apparence anodine, un doute récurrent s’installe, confrontant les deux garçons à leurs préférences, bouleversant l'équilibre de leur cercle social et, bientôt, leurs existences.

Du coup, Matthias et Maxime ressemble un peu à un nouveau premier film de Xavier Dolan, comme adapté d’un scénario qu’il aurait écrit à une autre époque avec toute l’innocence touchante dont il était doté avec J’ai tué ma mère. Mais Matthias et Maxime prouve presque que sa machine à créer est brisée, qu’elle ne fonctionne plus car il tourne en rond sur des sujets et des schémas qu’il a déjà exploité auparavant. Le film est fait avec toutes ses dernières expériences sur le dos et le film donne alors l’impression d’être trop adulte par rapport à ce qu’il aurait pu être réellement.

L’autre problème de Matthias et Maxime c’est son manque cruel d’émotion. Il y a toujours quelque chose que Xavier Dolan réussi à faire par moment, et qui me fascine, car son cinéma reste reconnaissable, mais il manque à ce film toujours plein de choses qui auraient pu permettre de réellement l’améliorer. Puis on peut s’ennuyer aussi dans ces longues scènes de dialogues qui ne racontent pas toujours grand chose, qui passent d’une scène à l’autre et tricotent alors un récit sympa et joli, mais jamais brillant. Je salue tout de même le goût de la simplicité ici où la caméra du réalisateur évite les effets en tous genres, et parvient alors aussi à renouer avec ses racines en retournant sur ses terres natales.

Note : 5/10. En bref, un film mineur de Xavier Dolan. Pas totalement raté, pas réussi non plus.

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