Raising Dion (Saison 1, 9 épisodes) : Comment élever un super héros ?

Raising Dion (Saison 1, 9 épisodes) : Comment élever un super héros ?

Afin de prendre le contre pied des séries de super-héros, Netflix nous propose les origines d’un super-héros original : Dion. En effet, la série décide de nous plonger dès la plus tendre enfance de Dion et la façon dont ses pouvoirs apparaissent. Le jeune Ja’Siah Young, dans la peau de Dion, est tout de suite quelqu’un d’attachant. Il a la petite tête d’un enfant que l’on a envie de suivre dans ses aventures et c’est là l’une des rares choses intéressantes dans Raising Dion une fois que l’on a vu toute la saison. Si la série est charmante, les personnages aussi, il manque tout de même une vraie identité à celle-ci. Basée sur le comics de Dennis Liu et adaptée par Carol Barbee (Touch, Three Rivers), la série développe alors une histoire sincère, avec de jolis moments tendres partagés avec Dion, mais il manque quelque chose de solide pour couronner réellement le tout.

Mais Raising Dion est aussi l’histoire d’un super-héros différent de ce que l’on a pour habitude de voir à la télévision. Plutôt que de se concentrer sur un personnage qui doit protéger la planète de tous les vilains de la terre, nous sommes ici face à un jeune garçon de sept ans qui cherche a comprendre et maîtriser ses pouvoirs. Le développement du personnage est alors grandement fait du point de vue de sa mère, Nicole Warren (incarnée par Alisha Wainwright).

Après la mort de son mari, une mère célibataire tente de cacher les super-pouvoirs de son fils pour le protéger de personnes mal intentionnées.

Raising Dion a de ce fait deux choses importantes à faire. La première raconter les origines d’un super-héros alors que l’enfant navigue autour des leçons qu’il doit apprendre de la vie et la seconde c’est le conte d’une mère qui élève un enfant pas comme les autres (et qui attise aussi certaines convoitises). Je regrette alors parfois que Raising Dion soit trop simpliste et qu’elle ne se développe pas toujours de la meilleure des façons. Et la série a alors du mal à trouver le ton justice et le bon équilibre entre deux éléments qui n’ont de cesse de se faire face. Dion de son côté est non seulement fasciné par ses pouvoirs mais aussi développe une certaine empathie dans l’idée de sauver les autres. En empruntant énormément de ses idées de l’héroïsme dans les comics (comme des enfants de son âge feraient), Raising Dion soit une logique assez simple mais aussi réaliste.

Il va alors prendre son beau père, Pat (incarné par Jason Ritter) comme mentor dans le but de l’aider à contrôler ses pouvoirs, tout en cherchant des idées de nom de super-héros et un costume qui pourrait lui aller. Dans le genre origines de super-héros, Raising Dion fait office d’OVNI et change pas mal de tout ce que l’on voit habituellement. C’est rafraichissant sur la forme, moins sur le fond. Car le fond ne tient pas la route du début à la fin, laissant par moment la série vaquer à certaines occupations pas toujours passionnantes. Pour autant, Raising Dion n’est pas totalement ratée, loin de là. C’est juste qu’elle ne semble pas toujours maîtriser la totalité de son potentiel et se retrouve alors à faire des choses moins palpitantes.

La mère de Dion, Nicole, est là aussi un personnage intéressant. La plupart des super-héros perdent leur mère et c’est ce qui leur donne l’envie de sauver des vies (ou d’en détruire d’ailleurs). Sauf que là c’est le père qui meurt dans l’histoire de Raising Dion, ce qui change la perspective et surtout laisse Dion sans figure paternelle. Certes, Pat tente de changer la donne mais les revirements de situation à la fin de la saison change la perceptive vis à vis de ce personnage. Nicole est parfaite malgré tout, surtout que cela permet de donner aussi à une femme un rôle d’envergure dans une histoire de super-héros. Sauf que voilà, ce qui met en péril l’histoire de Nicole (et de Raising Dion en tant que tel) c’est l’incapacité de la série à repousser ses propres limites dans le but de rester grand public. En restant une série très familiale, Raising Dion s’empêche alors certaines choses qui auraient sûrement fait de la série quelque chose de brillant. Il y a donc pas mal d’opportunités manquées même si dans un sens cela n’enlève en rien l’intérêt de la série.

Comme quand l’histoire semble aller dans la direction plus socio-politique (la difficulté d’élever un enfant afro-américain dans le climat actuel américain), tout d’un coup Raising Dion fait marche arrière et ne creuse pas le sujet. Les relations entre les personnages sont parfois un brin confuses et manquent de profondeur (comme celle de Nicole avec sa soeur Kai). Du coup, Raising Dion semble être une série incomplète qui a des idées, de bons moments à partager et des personnages attachants mais qui a du mal à trouver un bon équilibre. C’est là que l’identité même de la série s’égare parfois et je trouve ça dommage.

Note : 5/10. En bref, trop d’opportunités manquées qui auraient pu donner plus de profondeur à la série, mais le charme opère malgré tout grâce à des personnages attachants.

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