Nous, La Vague (Saison 1, 6 épisodes) : ados rebelles

Nous, La Vague (Saison 1, 6 épisodes) : ados rebelles

Je ne connais pas le film allemand sorti en 2008 inspiré de faits réels qui a permis de créer cette série, mais Nous, La Vague c’est le teen drama formaté Netflix qui nous plonge dans des aventures sympathiques mais pas nécessairement brillantes pour autant non plus. Le vrai problème de cette série est le fait qu’elle enchaîne certains poncifs du genre qui gâchent un peu le sujet pourtant intéressant de départ. On a donc tout ce qui fait le teen drama classique en long et en large. Contrairement à l’histoire de départ où c’est un professeur plutôt libertarien qui déclenche un autoritarisme, ici ce sont des ados qui cherchent à se rebeller contre l’ordre établis. Ils veulent leur liberté tout simplement.

Je trouve dommage que le traitement ne soit pas beaucoup plus poussé et qu’il se repose grandement sur des bases classiques et pas spécialement inspirées. Pourtant, il y avait largement de quoi faire avec cette bande d’ados rebelles, notamment car d’autres fictions précédentes ont déjà tenté de raconter des histoires similaires (et ne se sont pas ramassés les dents sur le trottoir). Cela reste une série ados assez sympathique pourtant, notamment car elle parle d’injustice, d’amour, et de rébellion contre la société établie. Tout cela permet d’aborder des sujets actuels.

Un groupe d'ados rêve d'un avenir meilleur. Leur leader, un nouvel étudiant, recrute quatre outsiders pour mener le combat, mais la situation dégénère rapidement.

Cependant, les portraits des personnages ne sont pas suffisamment creusés et Nous, La Vague reste trop en surface. Malgré le ton assez sympathique et des personnages qui peuvent pour certains devenir attachants, il manque souvent quelque chose qui auraient pu rendre la série brillante. Notamment dans sa réflexion sur la société dépeinte. Il manque vraiment quelque chose. Le personnage charismatique de Tristan Broch fait forcément le boulot ici et sa façon de fédérer à sa cause des personnages un peu en marge : un immigré dont les parents sont menacés d’expulsions, le fils d’agriculteurs ruinés par l’usine polluante à côté de leur exploitation, et la fille un brin gothique maltraitée par les autres filles plus populaires de sa classe. Chacun de ces trois « misfits » représente plus ou moins un problème de la société actuelle. L’immigration, l’écologie et le bullying sont donc des sujets représentés de façon intéressante ici, ce qui donne forcément à la série une base classique, mais contemporaine et plutôt correcte.

Le vrai défaut de Nous, La Vague vient de sa façon de dérouler l’histoire et la façon dont ces personnages vont se radicaliser. Il y a un manque d’originalité qui fait que cela n’est pas toujours palpitant, ou que certains moments sont ennuyeux. Si le départ de la série est assez étonnant, et laissait entrevoir une série potentiellement remarquable, la suite l’est beaucoup moins. Car c’est traité de façon beaucoup trop superficielle et manichéenne, sans chercher à creuser réellement les causes que la série veut employer. Du coup, malgré un point de départ réellement intéressant, Nous, La Vague décide par la suite de prendre les chemins faciles d’une série pour ados classiques, et les grosses ficelles dans des séries aussi engagées ce n’est jamais bon. Reste alors les relations entre les personnages qui sont plutôt bien traitées et apportent à la série certaines qualités. J’ai alors l’impression que Netflix impose un cahier des charges aux créations originales qu’elle produit, ne permettant jamais de sortir d’une zone de confort qui semble leur aller. Dommage.

Note : 5/10. En bref, une série pour ados divertissante et sympathique qui échoue à surprendre à cause de l’utilisation intempestive de facilités narratives de la série pour ados.

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