Critique Ciné : Toute ressemblance... (2019)

Critique Ciné : Toute ressemblance... (2019)

Toute Ressemblance… // De Michel Denisot. Avec Frank Dubosc, Jérôme Commandeur et Caterina Murino.

 

Michel Denisot avait sûrement dans l’idée de faire de Toute Ressemblance le nouveau 99 Francs sauf que ce n’est pas Frédéric Beigbeder au scénario et que forcément, la critique acide du monde des JT (et de la télévision) promise par Denisot n’est pas du tout présente ici. Si pour l’humour Toute Ressemblance tente de créer des sortes de lien avec la réalité (notamment PPDA et la façon dont Nonce Paolini, arrivé à la tête de TF1 l’a viré sans ménagement de l’antenne pendant qu’une certaine jeune femme blonde comme dans le film prenait sa place), ce n’est jamais fait de façon intelligente. Certes des éléments de Toute Ressemblance sont inspirés de la réalité mais j’aurais préféré un film plus critique et moins je montre tout ce qui ne va pas (la drogue, la fête, etc.). Pour se donner du rythme, c’est d’ailleurs de cette façon que Toute Ressemblance tente de nous surprendre avec des scènes de clubbing pas franchement inspirées par un réalisateur qui a énormément de mal à donner de l’envergure visuelle à son film. 

 

Si Michel Denisot a voulu montrer l’envers du décor, Toute Ressemblance est plus une sorte de vaudeville raté sur la télé qu’un brûlot sur ce qui se passe en coulisses. Les coups bas sont gentillets et pas vraiment intéressants et Toute Ressemblance préfère donc devenir une sorte de caricature du monde de la télévision. 

 

Depuis son arrivée fracassante à la tête du 20 Heures, Cédric Saint Guérande, dit « CSG » est LE présentateur préféré des français. Ses audiences insolentes attisent les jalousies même au sein de La Grande Chaîne dont il est la star incontestée. Sa soif de pouvoir est sans limites, ce qui déplait au nouveau président de la chaîne. La guerre est déclarée entre les deux hommes pour le plus grand plaisir de CSG. Jeux de pouvoir, réseautage, manipulations et coups bas : la lutte sera sans merci, et l’issue forcément spectaculaire. Bienvenue dans les jeux du cirque médiatique !

 

Car le plus gros défaut de Michel Denisot ici c’est de vouloir casser les codes tout en montrant que dans le fond tout n’est pas mauvais dans la télévision. Et de ce point de départ là, Toute Ressemblance oublie alors qu’il doit nous raconter une histoire. On se retrouve alors avec un enchainement pas franchement fluide de scènes en tout genre qui n’apportent jamais rien au film. On sent que Michel Denisot est remonté et qu’il dépeint ici ce qu’il a vécu avec l’arrivée de Vincent Bolloré à Canal+. Sauf que le règlement de compte n’est pas à la hauteur des ambitions qu’il y a forcément derrière un tel film. On finit alors rapidement par s’ennuyer de la vie de CSG et les mièvreries de la seconde partie ne vont clairement pas en sa faveur. 

 

En une heure vingt de film, Toute Ressemblance tourne en rond sans jamais réellement entrer dans le lard de quoi que ce soit. Sans parler du fait que Franck Dubosc n’était peut-être pas le meilleur choix à faire pour incarner le héros du film. Il n’a pas du tout l’étoffe d’un présentateur de JT charismatique. Je dirais même que c’est tout le contraire. Peut-être qu’un Jean Dujardin aurait été plus approprié (sans vouloir chercher la référence à 99 Francs bien évidemment). 

 

Note : 1/10. En bref, comment une satire qui était intéressante sur le papier peut devenir ce truc plein de clichés qui n’a aucun intérêt. 

 

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