Critique Ciné : Selfie (2020)

Critique Ciné : Selfie (2020)

Selfie // De Thomas Bidegain, Marc Fitoussi et Tristan Aurouet. Avec Manu Payet, Blanche Gardin et Elsa Zylberstein.

 

Selfie c’est un peu une sorte de sous Black Mirror à la française, parlant de l’influence des nouvelles technologies sur notre vie et comment cela peut dériver à un moment donné. Nous suivons plusieurs destins, qui posent des questions intéressantes mais ne développent pas suffisamment bien la morale pour en comprendre le mécanisme. 

 

Dans un monde où la technologie numérique a envahi nos vies, certains d’entre nous finissent par craquer.

Addict ou technophobe, en famille ou à l’école, au travail ou dans les relations amoureuses, Selfie raconte les destins comiques et sauvages d’Homo Numericus au bord de la crise de nerfs… 

 

La première est celle de la famille Perez où Blanche Gardin peut s’en donner à coeur joie. Leur fils est malade et ils ont décidé de faire des Vlog pour le suivre dans sa vie. Sauf qu’un jour il guéri et la descente aux enfers commence pour cette famille qui n’intéresse plus personne. Il y a ici une quête de la célébrité intéressante qui est développée mais la morale est mal amenée et l’ensemble ronronne un peu trop. Si Blanche Gardin s’en sort très bien pour montrer l’étendue de son talent, j’aurais presque préféré qu’elle fasse autre chose que ce qui lui est proposé ici. Il y a des moments amusants malgré tout, ce qui laisse un arrière goût amer, comme si le film n’était pas terminé et qu’il avait préféré se concentrer sur la partie la moins intéressante du sketch. 

 

La seconde est celle d’un garçon amoureux d’une jeune femme dans ses bureaux et qui veut augmenter sa note sur une application de rencontres (c’est tout droit inspiré du scandale qu’il y a eu quand il a été révélé que Tinder attribuait des notes en secret dans son application pour mieux orienter les profils). Cette histoire est tragique mais la tragédie n’est pas attachante et c’est là tout le problème de cette partie de l’histoire. Pourtant, cela partait d’un bon sentiment mais pas du tout celui que j’avais imaginé. Plus l’histoire avance et plus celle-ci a du mal à sortir sa morale ou en tout cas quelque chose de touchant de la part de son « héros » Florian. 

 

La troisième est celle de Manu Payet. Ce dernier incarne un employé de bureau qui adore un site équivalent à Amazon. Il achète tout ce que le suite lui suggère par son algorithme. Je trouve cette partie du film particulièrement drôle et représentative du problème des suggestions que les sites de e-commerce peuvent nous faire. Il y a ici un angle comique amusant (comme le coup de la corde) qui apporte un peu d’humour bienvenu. Et enfin, la quatrième c’est l’histoire d’une prof de français qui découvre les réseaux sociaux et va les utiliser car elle en a marre que ses élèves soient devenus des illettrés. L’aventure avec Elsa Zylbestein est assez efficace et surtout teintée d’humour elle aussi avec un côté tragique aussi qui permet de rappeler qu’au fond, les réseaux sociaux sont dangereux. Ce n’est pas moralisateur de façon lourdingue donc ça passe assez bien. 

 

Enfin, la révélation finale c’est une fuite sur Internet de toutes les données personnelles de toutes les personnes connectées. J’ai trouvé ça assez intéressant à creuser mais Selfie ne prend pas suffisamment de temps pour le faire. C’est là l’angle apocalyptique du film qui rend le tout un peu plus intéressant mais cela ne prend jamais l’ampleur attendue. Et c’est dommage. Selfie est donc un essai intéressant, un film choral et à sketch qui aurait mérité de creuser plus en profondeur certains sujets. 

 

Note : 5/10. En bref, une tentative bancale par moment mais intéressante malgré tout avec de bons moments. 

 

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