Elite (Saison 3, 8 épisodes) : la fin d'une époque

Elite (Saison 3, 8 épisodes) : la fin d'une époque

Cette saison 3 de Elite décide de changer pas mal de choses dans l’histoire de la série. Cette année c’est le meurtre de Polo qui nous intéresse (mais cela ne sera pas le seul évènement important). C’est l’épisode 8 qui nous révèle la personne responsable et je dois avouer que je ne m’y attendais pas du tout, mais la surprise est justement ce qui fait tout l’intérêt de cette saison (et la surprise qui va avec). Si la saison 2 était assez mauvaise pour bien des raisons, cette saison 3 reprend une mécanique plus adulte tout en gardant ses racines de telenovela espagnole particulièrement intéressante. On ne peut pas dire que cette saison soit la plus originale du monde, mais elle a le mérite de nouer des intrigues de façon efficace et de développer avec tout cela les personnages. La saison ne réserve pas de grandes surprises quant à sa construction, notamment car on retrouve l’enquête policière, les flashbacks, et le fait qu’il y a forcément un coupable. Mais tout cela est fait pour que l’on nous raconte le tout de façon à nous agripper au récit, sans nous lâcher. 

 

La série aborde de nouveaux des sujets graves, mais met un peu plus de coeur à l’ouvrage cette année. On parle donc de suicide,  d’addiction à la drogue (et principalement à la cocaïne, ce qui fait donner pas mal de scènes assez homo érotique d’ailleurs), mais aussi la maladie avec le cas de Ander qui découvre rapidement au début de la saison son cancer des testicules. D’ailleurs, la relation entre ce dernier et Omar sera mise à rude épreuve. Il y a quelque chose de terrible dans l’histoire de ces deux personnages que je trouve terriblement touchante. Omar Ayuso a cette innocence dans le regard qui rend son personnage d’Omar particulièrement intéressant. Ce n’est pas le préféré de tous, mais c’est en tout cas l’un des miens. Ander a eu son moment de liberté, mais Omar aussi. Ce dernier va d’ailleurs fricoter avec Malick (alors que ce dernier était très proche de la soeur d’Omar a un moment de la saison).

 

Du point de vue de l’érotisme, Elite n’oublie pas qu’elle aime lécher les yeux de ses téléspectateurs. Nous avons alors droit à une recrudescence de ce genre de scènes et je dois avouer que ce n’est pas pour me déplaire. Cela n’ajoute rien de très spécial d’un point de vue dramatique, mais cela fonctionne donc pourquoi s’en priver. On va dire que c’est un petit bonus qui fait du bien aux mirettes en ces temps moroses de coronavirus (et d’ailleurs, quand à un moment dans le premier épisode un personnage parle de grippe tropicale à la bibliothèque, Elite ne pouvait pas être plus amusante). La série parle beaucoup de la sexualité des ados dans cette saison, que cela soit l’homosexualité, l’hétérosexualité ou encore la bisexualité. Tout cela permet d’égaliser un peu avec la pression parentale dont chacun des personnages peuvent faire preuve. Omar (et sa soeur) c’est avec son père, Ander par rapport à sa maladie, Polo avec sa mère qui veut tout contrôler et va finir par devenir son plus grand boulet, etc.

 

Toute la saison va assommer les personnages de drames en tout genre et je dois avouer que c’est une très bonne chose. Même quand l’inceste s’invite à la porte d’Elite, la série n’a pas froid aux yeux. Je trouve que c’est une bonne chose qu’elle décide d’aborder des thématiques totalement différentes car cela change un peu de ce que l’on aurait pu imaginer. 

 

Elite s’amuse de façon intéressante à la fin du meurtre de Polo. Ce n’est pas un « meurtre » en tant que tel, mais tout le monde veut se lier pour sauver la tête de Lu des accusations dont elle pourrait être responsable. Tout le monde va alors décider de toucher la bouteille afin que tout le monde soit acquitté. Ce dernier moment est assez touchant et je dois avouer que je ne m’y attendais pas du tout car même si Elite est une série forte pour me surprendre parfois (en bien ou en mal) mais elle sait aussi créer des émotions de façon intelligente. On retrouve pas mal d’éléments qui font de Elite une vraie fiction espagnole en bonne et due forme. Notamment dans le visuel, toujours aussi bien travaillé, qui donne envie de voir la suite. Contrairement à 13 Reasons Why qui a du mal à gérer sa narration (qui est assez similaire à Elite), Elite s’en sort très bien. 

 

Note : 6.5/10. En bref, une saison efficace qui suit un schéma pourtant déjà vu, mais ici mieux maîtrisé. 

 

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