Freud (Saison 1, 8 épisodes) : ou le docteur qui voulu jouer à Sherlock Holmes

Freud (Saison 1, 8 épisodes) : ou le docteur qui voulu jouer à Sherlock Holmes

Netflix est désormais un peu de partout dans le monde et cette fois-ci c’est en Autriche avec la première saison de Freud. Sauf que le problème c’est que durant huit épisodes, ce jeune Freud ne fait rien, n’accomplit rien et du coup cela peut rapidement devenir ennuyeux et problématique. Co-produite avec le service public autrichien ORF, je pense sincèrement que c’est une série qui a tout de l’opportunité manquée. Ce thriller psychologique avait largement de quoi devenir plus palpitant au fil des épisodes mais malgré quelques petites trouvailles et une époque fascinante, Freud a du mal à soulever des montagnes. Car moi je voulais probablement plus voir le Freud que j’ai lu à travers ses oeuvres plutôt que ce jeune personnage vidé de la substantifique moelle qui fait tout l’intérêt du personnage. Nous sommes ici dans les années 1880 à Vienne en Autriche avec Sigmund Freud, trentenaire et travaillant au General Hospital. On est très loin du moment où il va commencer à publier son travail qui vont faire de lui le créateur de la psychanalyse. On a ici un personnage qui aime se droguer (et à l’époque la drogue ce n’était pas interdit !), mais qui au delà de tout ça ronronne un peu trop sans jamais aller vraiment de l’avant. 

 

Vienne, fin du XIXe siècle. Le jeune Sigmund Freud se retrouve impliqué dans un complot obscur aux côtés d'une voyante en enquêtant sur des meurtres et des disparitions.

 

J’ai comme l’impression que les créateurs (Marvin Kren, Stefan Brunner et Benjamin Hessler) ont voulu s’inspirer de certaines oeuvres qui ont voulu imaginer la jeunesse de personnages emblématiques comme Abraham Lincoln : Vampire Hunter ou encore John Adams. Cette première saison de Freud est donc plus une sorte de récit de sang et d’horreur qu’une histoire ancrée dans l’Histoire. Pour autant, le vrai intérêt ne vient finalement pas de Freud lui-même mais plutôt du conflit austro-hongrois qui rend le tout un brin plus intéressant et surtout palpitant à suivre. Car les aventures de Freud sont ennuyeuses, ou alors prennent trop de temps à se dévoiler. On se retrouve alors avec des épisodes qui n’ont que très peu de choses à conter sur lui, pendant que le reste (les conflits politiques, policiers, etc.) permettent à la série de ne pas être qu’une coquille vide. 

 

De plus, Freud décide de transformer son héros en personnage amené à aider à résoudre des crimes. J’ai eu l’impression de voir un peu de l’excellente Ripper Street, sans son excellence. La série préfère faire de son héros un accro à la cocaïne (et je ne sais pas du tout que cela pouvait se boire…), un docteur en marge de la société qui aime son libre droit d’exercer comme il le souhaite, etc. On se retrouve avec un personnage qui est loin d’être le psychanalyste que tout le monde connait de nos jours. On a l’impression de voir un autre Freud que celui que l’on serait amené à découvrir au fil des saisons si Netflix et ORF décidaient de renouveler la série. Ce qui a cependant probablement inspiré les créateurs c’est l’admiration que Freud avait pour Sir Arthur Conan Doyle. Ce dernier était fasciné par les romans de ce dernier, si l’on se réfère au récit de l’un de ses anciens patients. 

 

Mais faire de Freud une sorte de profiler nouvelle génération (à une époque révolue) n’est pas ce que j’attendais. J’avais envie de découvrir un peu plus de Freud dans ses travaux et pas spécialement dans des aventures policières qui répètent des schémas classiques et déjà vus du genre. Tout ce que Freud présente n’est pas forcément inintéressant mais disons que le tout apparait un peu incohérent quand tout est mis ensemble dans la série. La série a du mal à séparer intelligemment les cas médicaux des mystères entourant les meurtres et l’intrigue politique. Cela ne nous offre qu’une sorte de confusion pas franchement brillante à mon sens. On est loin aussi de Penny Dreadful dont Freud aurait pu s’inspirer dans la façon de gérer les multiples personnages et intrigues. 

 

Note : 4/10. En bref, Freud aurait pu être bonne, elle n’est finalement que médiocre. 

 

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