Platane (Saison 3, 8 épisodes) : l'humour sans limite d'un comique incompris

Platane (Saison 3, 8 épisodes) : l'humour sans limite d'un comique incompris

Certains parlent de Eric Judor comme d’un génie, d’autre comme quelqu’un qui n’a pas d’humour. C’est là dessus que Platane s’est construite de façon plutôt sympathique au fil des années. Avec cette saison 3, sept ans après la saison 2, Eric Judor est plus perché que jamais. Au fil de ces épisodes, les intrigues sont surréalistes mais l’humour est toujours présent. Dans le fait que Eric Judor ose tout ce qu’il veut, c’est là que Platane gagne son identité et que l’on reconnait une fois de plus son humour. 

 

Eric Judor aurait été Hitler. C’est là dessus que la saison 3 de Platane commence ses aventures. Eric pense qu’il a été Hitler dans une autre vie et rencontre une jeune femme qu’il pense avoir connu dans cette autre vie comme… sa femme. Je dois avouer que en termes de point de départ, Platane plonge la tête la première dans l’humour noir qui a souvent fait la carrière de l’acteur/scénariste/réalisateur/producteur. Mais justement, c’est aussi ce qui permet de retrouver son style et le fait qu’il ose tout. On est proche des comédies américaines mettant en scène une vie alternative de personnalités connues, et qui pour certaines osent pas mal de choses. 

 

Ce point de départ est là pour nous dire à quel point Platane est une sorte de petit plaisir coupable, car même si après sept ans la série ne manquait pas, elle se déguste sans aucun déplaisir. Bien au contraire, j’ai même dévoré cette saison 3 (que je n’avais pas encore eu le temps de voir précédemment). Surtout que cet humour fait plaisir. On en a besoin dans un monde souvent uniforme et standardisé. Eric n’a donc pas trop changé. Il reste égocentrique et arrogant et il réalise désormais des publicités pour Havas (Jacques Ségéla va même faire une apparition), toutes plus bêtes les unes que les autres. Platane s’inspire une fois de plus qu’une partie de la vie de son acteur puisque Eric Judor avait joué récemment dans la publicité d’un fournisseur d’énergie. 

 

Tout cela ne veut pas dire que Platane est là pour critiquer ou dénigrer le travail du vrai Eric Judor. Car même quand à la fin de la saison Eric et Ramzy ont un procès de deux humoristes qui les accusent d’avoir volé toutes leurs idées : les sketchs avec les mots, La Gare Montparnasse Infernale ou encore Tout Seul (Seul Two). C’est dans les deux derniers épisodes que cette intrigue s’introduit sur des épisodes qui s’enrichissent de plus en plus de personnages et d’histoires. 

 

Pour nous amuser, Platane décide donc de créer constamment des retournements de situation qui vont le plonger dans de sales histoires au fur et à mesure. La situation lui échappe et le scénario fourmille d’idées en tout genre : outre le procès, nous avons Florence Foresti accusée d’être soudoyée par l’Eglise pour vendre leurs valeurs, Malotru qui confie à Eric une mission, et tout un tas d’autres histoires elles aussi bien senties. Mais Platane est aussi forte car l’on retrouve ce qui avait fait l’originalité des deux premières saisons tout en ajoutant des éléments plus solides ici. On a donc plus l’impression de voir la série grandir. La narration est alors plus musclée, plus intelligente ce qui permet donc de faire de la saison 3 la première de toutes les saisons de Platane. 

 

Dans sa façon de faire, on retrouve clairement Larry et son nombril dans l’inspiration d’Eric Judor (et c’est une très bonne chose). Mais afin de faire de son double un personnage encore plus surréaliste, Eric parvient alors à sortir des codes du genre pour délivrer des trucs encore plus fous. La saison a beau ne pas créer trop suspense (car il n’y a pas vraiment lieu d’en créer), elle se permet de créer une continuité entre les épisodes et les intrigues ce qui permet de voir Eric passer d’histoires en histoires tout au long de la saison. 

 

Nous avons aussi Flex, son ami/coloc mais sacré boulet de vie (il va quand même installer des antennes relai chez Eric…). Il est incapable de s’en débarrasser car même quand il croit que Flex est parti, il revient comme le plus grand des boulets le hanter. Le seul truc qui pourrait être problématique c’est l’inégalité de certaines scènes dont l’humour ne fonctionne pas toujours. Peut-être car Platane part souvent dans tous les sens. Mais l’enchainement de blagues de tous les genres permet alors de ne pas trop s’ennuyer non plus et de rapidement se renouveler si une blague ne fonctionne pas. 

 

Note : 8.5/10. En bref, une saison terriblement efficace.

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article