Critique Ciné : Jeanne (2019)

Critique Ciné : Jeanne (2019)

Jeanne // De Bruno Dumont. Avec Lisa Leplat Prudhomme, Fabrice Luchini et Jean François Causeret.

 

Mention spéciale du jury dans la collection Un Certain Regard du Festival de Cannes 2019, Jeanne c’est surtout la dernière apparition de Christophe (décédé récemment) au cinéma, en tant qu’acteur mais aussi compositeur puisqu’il a ici composé la musique originale. Pour apprécier pleinement Jeanne il faut avant tout être client du cinéma de Bruno Dumont (P’tit Quinquin) et surtout avoir aimé Jeannette (2017) dont Jeanne est la suite. Jeannette était une sorte de comédie musicale alors que Jeanne se veut plus psychologique avec des dialogues mais fallait se les farcir les deux heures de film. Pourtant, j’avais bien aimé P’tit Quinquin (sa série pour Arte) mais cette adaptation de la pièce de Charles Péguy n’a pas fonctionné sur moi. Bien entendu, certains parlent ici d’un film de génie, mais pour le coup malgré le côté intrigant du réalisateur, je n’ai pas été emporté par cette suite. Jeanne d’Arc est tout de même une personnalité qui a influencé le cinéma français (Luc Besson, Georges Méliès, etc.) et je comprends la fascination que Bruno Dumont peut avoir pour elle. 

 

Année 1429. La Guerre de Cent Ans fait rage. Jeanne, investie d’une mission guerrière et spirituelle, délivre la ville d’Orléans et remet le Dauphin sur le trône de France. Elle part ensuite livrer bataille à Paris où elle subit sa première défaite. Emprisonnée à Compiègne par les Bourguignons, elle est livrée aux Anglais. 

S’ouvre alors son procès à Rouen, mené par Pierre Cauchon qui cherche à lui ôter toute crédibilité. Fidèle à sa mission et refusant de reconnaître les accusations de sorcellerie diligentées contre elle, Jeanne est condamnée au bûcher pour hérésie.

 

Il y a cependant dans Jeanne une belle prise de risque : Lise Deplat Prudhomme, 10 ans. Cette dernière délivre une prestation étonnante à laquelle je ne m’attendais pas du tout. On retrouve alors chez la jeune actrice le côté rebelle de Jeanne d’Arc qui permet de cristalliser un peu mieux un récit matinée d’idées pas toujours bonnes. L’idée de Bruno Dumont c’est de faire jouer des actrices et acteurs « amateurs » (malgré la présence tout de même de Fabrice Luchini, seul vrai professionnel ici) et je dois avouer que le principe est louable. Cependant, les acteurs sont trimbalés dans des décors qui n’ont jamais la hauteur de l’ambition d’un tel récit. Tout est alors très métaphorique, ce qui peut aussi par moment rendre le tout … ridicule. Comme la bataille mise en scène comme une danse de chevaux dans un spectacle du Puy du fou ou le château qui n’est autre qu’un gros caillou. 

 

La première partie, dans sa longue contemplation peut rapidement devenir ronronnant voire donner envie à n’importe qui de piquer du nez. C’est la seconde partie (le procès) qui permet à Jeanne de réellement entrer au coeur de son sujet de départ. Certains moments permettent alors de créer une certaine forme de dérision amusante qui fait aussi toute l’originalité du cinéma de Bruno Dumont. Après plusieurs idées sympathiques, Jeanne retombe dans ses retranchements les moins intéressants : un scénario assez plat, une mise en scène pas franchement inspirée et un casting qui a du mal à incarner les personnages qui leurs sont donné. Reste alors la musique de Christophe, qui donne au film un spleen étonnant et une ambiance aérienne. 

 

Note : 3/10. En bref, un mélange pas toujours très savoureux de métaphores peu inspirées. Reste alors la musique de Christophe (à condition d’aimer) qui sied bien au film et cette jeune actrice de dix ans qui, malgré son amateurisme, parvient malgré tout à aider certaines scènes…

 

Date de sortie : 11 septembre 2019

Jeanne a bénéficié du CNC d’une sortie anticipée en VOD le 22 avril 2020 suite au coronavirus.

 

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