Dérapages (Saison 1, 6 épisodes) : quand la société tue ses petits employés

Dérapages (Saison 1, 6 épisodes) : quand la société tue ses petits employés

Cela faisait un bout de temps que je ne m’étais pas plongé dans une série Arte. Je suis content de l’avoir fait pour Dérapages, qui nous plonge de façon fascinante et surtout ambitieuse dans le quotidien d’un homme que le chômage à détruit depuis des années. C’est une sorte de point de départ qui est aussi un symbole de la société actuelle et de ses « Dérapages ». Ce thriller social est impressionnant par sa façon de nous plonger dans le quotidien d’un homme auquel on s’attache rapidement car cela peut être nous, notre père, notre grand père. Dans sa mise en scène, Ziad Doueiri nous propose une plongée assez étonnante dans le monde des travailleurs et des puissants qui se moquent complètement d’eux. Ils veulent simplement les utiliser pour s’amuser (car c’est clairement un peu le but de cette histoire de prise d’otages au départ). Dérapages ne perd pas de temps pour installer son histoire et grâce à Eric Cantona, le héros est tout de suite attachant. Si l’on découvre petit à petit un peu plus du jeu du personnage d’Alain Delambre, on sent aussi la tension qui nous prend aux tripes. 

 

Alain Delambre est un homme que le chômage a détruit. Contre toute attente, sa candidature est retenue pour un poste de DRH. Alain veut y croire à tout prix, quitte à mettre sa famille en danger. Quand il comprend qu’il n’est qu’un faire-valoir pour conforter une candidature déjà retenue, il profite de l’épreuve finale pour dynamiter le système. Alain n’a alors plus rien à perdre...

 

Dérapages mélange alors tout un tas d’ingrédients du thriller pur et dur (notamment tout l’épisode de la prise d’otages) au thriller social qui met en scène une multi-nationale (qui n’est pas sans faire penser à Dassault ou Air Bus) et celui qui a été plus malin qu’eux après qu’ils se soient moqué de lui. Pierre Lemaitre a alors adapté ici son propre roman (de façon libre, probablement pour le moderniser un peu plus) « Cadres noirs », qui dénonce les problèmes que Dérapages vient mettre en lumière. Je ne connaissais pas le roman mais je suis curieux de voir ce qui en ressort car ce n’est pas totalement la même histoire apparemment. En seulement six épisodes on reste happés par le récit, sans qu’il nous lâche. Si je pensais au départ regarder un épisode pour peut-être voir la suite un autre jour, j’ai fini par enchaîner toute la saison sans grande difficulté. Bien au contraire, tout est suffisamment bien construit pour que l’on ait envie de binge-watcher. Il faut dire que Pierre Lemaitre est un Prix Goncourt (pour Au revoir là haut - qui avait été adapté par Mathieu Amalric -) alors il était sûr et certain qu’il allait maîtriser son sujet. 

 

Dérapages ne perd jamais une seule seconde dans ce qui s’apparente souvent à une course contre la montre. Ce que je regrette tout de même dans Dérapages c’est peut-être le fait que le héros est un peu trop froid, ce qui ne permet pas toujours de se prendre totalement au jeu. Si au départ Dérapages devait être diffusée plus tard, Arte a décidé de nous dégainé la série maintenant à cause de l’impossibilité de la présenté au festival Série Mania de Lille qui devait avoir lieu en mars 2020 (et qui a été annulé à cause du covid 19). Je suis sûr aussi que Dérapages a largement de matière pour nous offrir une suite, en espérant que cela soit à la hauteur qui c’est le cas. Eric Cantona, que l’on ne présente plus, prouve une fois de plus qu’il a énormément de talent. S’il avait du talent sur le terrain dans le passé, il a aussi du talent en tant qu’acteur et depuis des années il n’a plus besoin de le démontrer. 

 

Note : 7.5/10. En bref, un thriller social haletant où Eric Cantona brille devant la caméra. 

 

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