L’effondrement (Saison 1, 8 épisodes) : la fin de la société telle que nous la connaissons

L’effondrement (Saison 1, 8 épisodes) : la fin de la société telle que nous la connaissons

Canal+ est une vraie machine à idées originales quand on parle de séries télévisées. Depuis des années, elle n’a de cesse de nous confronter à tout un tas de programmes qui tentent de chambouler un peu la série. En voyant le sujet dont L’effondrement traite, je dois avouer qu’avec ce qui se passe actuellement dans le monde, j’avais envie de me plonger dans ce scénario de fin du monde. Créée par Guillaume Desjardins (Cocovoit), Jérémy Bernard et Bastien Ughetto (Le chant du loup), la série nous plonge dans l’effondrement de la société. Le premier épisode ressemble étrangement à ce que l’on a pu vivre ou voir dans les supermarchés lorsque les gens se sont rués sur les stocks afin de se préparer à la pandémie de coronavirus. Mais le génie de L’effondrement ne tient pas que dans ses sujets forts, mais également dans sa mise en scène. Chaque épisode est un plan séquence. C’est un pari risqué mais qui paye car cela donne à la série une ambiance particulière qui s’avère fascinante. On est immergé dans le quotidien de chacun des personnages, rendant tout de suite le récit d’autant plus efficace. 

 

Dans cette série anthologique, on suit plusieurs destins d’individus et de familles, à différents moments de l’effondrement, tentant de survivre tant bien que mal dans un monde qui ne tourne plus rond, entre manque de ressources (énergie, nourriture…), émeutes, panique et insécurité.

 

En huit épisodes, les créateurs construisent donc la fin de la société moderne telle qu’on la connait en choisissant dans chaque épisode de parler de l’un des problèmes que l’on rencontrera si jamais cela arrivait. La série permet aussi de poser des questions au téléspectateur dans sa façon de juger les intrigues. L’effondrement aime alors jouer à mi chemin entre la fiction et la réalité en rendant le récit ultra réaliste. Notamment quand la série défit l’autorité (dans l’épisode 2 « La station service » avec un policier qui demande à faire le plein) et s’amuse à créer des tensions qui auraient probablement lieu si un jour ce genre de faits pourrait arriver. 

 

La tension est omniprésente et la mise en scène en plan séquence permet justement de créer ce sentiment qui fait que l’on a l’impression de partager le quotidien ce tous ces personnages dans leurs pires moments. A chaque épisode, L’effondrement parvient à créer une sorte de boule au ventre inéluctable qui questionne sur la façon dont chaque être humain réagirait face à une telle situation. Il y a de l’idée dans la tête des scénaristes, celle d’avoir une valeur éducative (même si dans ce gène de situations, on ne sait pas comment on réagirait) en étant aussi visionnaire. En exacerbant le problème humain, L’effondrement est une création artistique étonnante, une sorte de chef d’oeuvre sorti de nulle part qui mérite d’être vu, surtout en ces temps de galère où la société est au bord de l’implosion. A l’issue de ces huit épisodes, on a envie d’en voir encore plus. Une saison 2 est plus que nécessaire pour cette prouesse technique. 

 

Note : 8/10. En bref, une série brillante sur l’égoïsme de l’humanité et ses dérives en temps de crise. Certes exacerbé à son paroxysme ici, mais mis en scène de façon fascinante. 

 

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