La Casa de Papel (Saison 4, 8 épisodes) : la guerre ne fait que commencer

La Casa de Papel (Saison 4, 8 épisodes) : la guerre ne fait que commencer

Je pensais que cette saison 4 serait la fin de l’histoire installée dans la saison 3. Mais il n’en est rien. Les deux saisons supplémentaires confirmées par Netflix seront donc probablement la suite de cette « guerre » que le Professeur va conduire contre le gouvernement espagnol. La saison 3 était un divertissement pur, jouissif qui avait cerné ce que le public venait chercher, quitte parfois à devenir plus surréaliste que jamais. Mais cette saison 4 est décevante. La première partie de la saison est très inégale, souvent ronronnante comme si les scénaristes avaient à remplir des épisodes pour faire durer plus longtemps l’histoire qu’ils vont nous raconter. Quand Netflix a annoncé une saison 5 et une saison 6, il fallait bien s’attendre à ce qu’ils ne dévoilent pas tout cette année et c’est bien le problème. Plutôt que de délivrer un récit rythmé comme la première partie du casse de la banque d’Espagne, ici on patauge à de nombreuses reprises.

 

Pourtant, La Casa de Papel se suit sans aucun déplaisir, mais le début de saison n’est pas aussi tonitruant que celui de la saison précédente. Ce coup de mou est sûrement dû au fait que l’intrigue était prévue sur deux saisons avant que le succès ne donne envie à Netflix de le faire durer plus longtemps. Bien entendu, je ne suis pas contre des saisons supplémentaires et je suis content que les prochaines aventures seront la suite de celles-ci car je ne vois pas ce qu’ils peuvent faire au delà de la banque d’Espagne. 

 

Du coup, La Casa de Papel a du mal à exploiter correctement toutes les intrigues qu’elle développe. Le mariage de Berlin est une occasion de créer une certaine forme de nostalgie mais qui est mal placée. Cela fait un bout de temps que Berlin est décédé (à la fin de la saison 2) alors son utilité ici est plutôt maigre. Bien entendu, le but pour les scénaristes est de faire remonter sa relation avec Palerme, mais même là j’ai comme l’impression que tout est surjoué, surfait, sans que le scénario ne parvienne à créer de l’émotion. La relation, le bisou, rien ne fonctionne comme j’aurais pu espérer que cela fonctionne. Palerme est un personnage de taille dans la saison précédente et cette année il va passer une bonne partie du temps attaché à une chaise. On perd alors l’utilité du personnage et l’entrain qu’il peut apporter au récit. 

 

Ensuite, je regrette que La Casa de Papel n’ose pas plus. A la fin de la saison précédente, on nous laissait avec plusieurs intrigues en suspend : la première était la potentielle mort de Nairobi. Elle sera sauvée in extremis dans une scène sacrément osée tant elle est surréaliste. De voir Tokyo faire une opération de chirurgie au milieu d’une banque c’est tout sauf plausible, mais la série s’enfonce dans ce schéma là afin de lui sauver la vie pour mieux la tuer par la suite. La seconde c’est le fait que Lisbonne est entre les mains d’Alicia et que le Professeur croit qu’elle est morte. Là aussi La Casa de Papel ne joue pas suffisamment sur sa potentielle mort et perd eu rythme au début de la saison car 

 

Le coup de sauver Nairobi pour mieux la tuer dans la seconde partie de la saison, et bien que je m’attendais à ce qu’ils tuent des personnages, sa mort n’est pas celle dont je rêvais. J’aurais largement préféré qu’elle meurt à l’issue de ce qui s’est passé à la fin de la saison 3. Cela aurait été plus logique et l’émotion créée par le moment aurait pu être intense. La mort de Nairobi dans la seconde partie de la saison est ridicule et aucune émotion ne passe vraiment, même pas pour ses funérailles. Pour Lisbonne, les choses sont là aussi ennuyeuses. Il faut attendre le dernier épisode pour qu’elle soit sauvée par le Professeur. Il aurait été intéressant qu’elle soit sauvée auparavant, peut-être pour l’inclure un peu plus dans le récit. Elle n’est ici qu’une pièce rapportée que le scénario utilise assez mal et à sa guise. 

 

Les faces à faces entre Lisbonne et Alicia ne sont pas palpitants, ils pourrissent même une partie de la saison car trop répétitifs et pas inspirés. Il n’y a pas vraiment de choc attendu, comme l’évolution d’Alicia qui se fait ici plus douce que l’an dernier. Dans la saison 3 c’était une femme prête à tout, là il y a trop de personnages pour que l’on puisse réellement prendre en compte sa folie. Elle se perd dans le reste de l’histoire, même si le sursaut final laisse forcément avec l’envie de voir ce qu’elle peut faire dans la saison 5. A trop trainer sur certains personnages et certaines intrigues qui n’auraient pas duré plus d’un épisode (ou un demi épisode) en temps normal, comme dans la saison précédente, La Casa de Papel perd de son attrait. Le divertissement est toujours là, efficace, mais j’aurais aimé que cela soit un peu mieux ficelé et surtout plus structuré et efficace. 

 

Note : 6/10. En bref, une saison décevante mais qui reste malgré tout un divertissement palpitant qui donne l’envie frénétique à son issue de voir la suite. 

 

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Jonhson 05/04/2020 10:01

Vous avez la distance et le professionnalisme dans votre analyse... Je n'en ferais rien, si l'opération est déjà surréaliste et le fan service insupportable, l'arrivée du John MacLaine espagnol est un non sens. Un mec qui survit à 640 munitions de 5.56, qui reste debout quand il prend des balles, n'est pas capable de déboiter son pouce pour enlever des menottes, soit mais alors n'occupe pas 6 épisodes John MacLaine ! Ensuite il y a ce qui m'énerve le plus chez Netflix l'obligation d'inclure l'homosexualité et la transexualité à toutes leurs productions sans que cela ne serve le scénario. Et les discours bienveillant et concencuel sont à vomir. Étant transgenre je le hurle haut et fort : Nous ne sommes pas des accessoires de modes médiatiques !
Bref soyons honnêtes tiré en longueur une saison sans action pour finir sur un cliffhanger tout pourris, ça me donne assez envie d' émasculé à la fourchette le gros enfoiré responsable de transformer l'or en fiente.

cadet winny 10/05/2020 23:14

Nairobi méritait pas de mourir franchement , des larmes ont coulé de mes yeux la pauvre .