Noughts + Crosses (Saison 1, 6 épisodes) : les privilégiés et les opprimés

Noughts + Crosses (Saison 1, 6 épisodes) : les privilégiés et les opprimés

Je vous parlais en mars dernier du premier épisode de Noughts + Crosses, cette série britannique adaptée du roman de Malorie Blackman pour BBC. Dans cette dystopie, le monde est différent où les blancs (les Noughts) sont opprimés et les personnes à la peau noire (les Crosses) sont les privilégiés. C’est une sorte de renversement de la société dans laquelle nous vivons. Le premier épisode introduisait alors rapidement l’univers de la série et les protagonistes, mais c’est la suite de la saison qui montre réellement tout le potentiel de la série (et ainsi, son intérêt). 

 

L’écriture est le premier point fort de Noughts + Crosses. La série creuse sa façon de traiter des inégalités de façon soignée, tout en ajoutant dans le récit un côté très littéraire. Alors que les épisodes évoluent, la série devient de plus en plus soignée, plus riche (notamment en émotions). On s’attache rapidement aux personnages et la romance qui lie tous les destins est finalement cette petite douceur, cette tendresse qui vient nous accrocher et adoucir aussi un propos pas toujours tendre. Mais ce qui me fascine le plus c’est la façon dont Noughts + Crosses imagine la société dans cette configuration, notamment la place de la culture africaine dans un monde européen comme le notre. C’est fascinant. Et comme dans notre monde actuel, il y a des défauts. J’avais mis de côté cette série après avoir vu le premier épisode et avec le confinement, j’ai pu prendre le temps de me plonger pleinement dans ces six épisodes, qui donnent chacun envie de poursuivre l’aventure. 

 

La série se concentre sur des personnages de jeunes adultes (notamment pour la romance), avec l’amitié, l’amour et toutes les thématiques habituelles du genre. Bien que provocant sur certains aspects (notamment le point de départ), cette réalité alternative m’a fasciné. Il y a quelque chose de construit qui ne nous lâche pas. Le côté social et politique est forcément important dans Noughts + Crosses et permet de creuser tout un tas de sujets intéressants, notamment sur le fait que les blancs sont les opprimés. C’est une façon de venir nous rappeler que l’on traite souvent les autres en fonction de leur race. Je trouve que c’est dommage d’autant plus qu’une société unie c’est bien mieux qu’une société divisée. Même dans Noughts + Crosses, la division de la société est forcément sujette à créer des disparités et des problèmes en tout genre. 

 

Côté esthétique, la mise en scène fait elle aussi attention aux détails. Que cela soit dans le Londres de Noughts + Crosses (et ses buildings qui me rappellerait presque le monde 2 de Fringe dans sa façon de faire évoluer le paysage), les costumes ou même la mise en scène en elle-même. Politiquement, la série est donc aussi importante. Son message est fort et permet de rappeler la valeur de l’égalité de tous. La relation entre Callum et Sephy est là pour intronisé l’égalité et tenter de créer quelque chose de subversif qui devrait être la normalité. Dans un sens, Noughts + Crosses parle ici d’un sujet qui est encore présent dans la tête des gens actuellement où les couples interraciales ne sont pas toujours bien vu de tous. Noughts + Crosses est une belle opportunité de faire une proposition originale même si tout n’est pas forcément parfait et que le début aurait pu être plus musclé dès le départ. 

 

Note : 6.5/10. En bref, une série soignée, efficace et surtout intelligente sur sa façon de créer une dystopie si réaliste au message fort. 

 

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