The New Pope (Saison 1, 9 épisodes) : papauté punk

The New Pope (Saison 1, 9 épisodes) : papauté punk

Paolo Sorrentino est vraiment un génie. Si j’avais bien aimé The Young Pope, c’est son cinéma qui m’a toujours fasciné. Le dernier film que j’ai vu de lui c’est Silvo et les autres, sa satire de l’histoire de Silvio Berlusconi. Avec cette saison 2 si l’on peut dire (puisque c’est la suite de The Young Pope), Paolo Sorrentino va plus loin dans la provocation de l’Eglise tout en créant une vraie fascination autour de la foi après qu’il y ait justement eu la crise de la foi mise en scène dans The Young Pope. A la fin de cette « saison 1 », Pie XIII faisait une crise cardiaque. Trois ans plus tard, nous découvrons la « saison 2 », The New Pope. Pie XIII n’est pas mort, il est dans le coma. Cependant, un nouveau pape doit être élu alors que rien ne dit qu’il va se réveiller rapidement. 

 

Le premier Pape sera François II, un pape anticapitaliste et antiprivilège. Il veut anéantir tous les privilèges de l’Eglise afin de redistribuer l’argent aux pauvres. L’idée est assez fascinante et permet de démarrer la saison sur les chapeaux de roue. On retrouve alors l’humour de Paolo Sorrentino dans sa critique de l’Eglise. Car ce qu’il faut comprendre ici c’est qu’il met l’Eglise face à l’argent qu’il n’utilise pas pour le bien être des catholiques mais plutôt pour les ornements de ses cardinaux et de ses papes. Le fait que cela dure seulement deux épisodes (entre le conclave et les actions de François II) permet de ne pas s’ennuyer et surtout d’engager rapidement la suite de la saison. L’introduction de John Malkovich sous les traits d’un Pape était tout ce que j’attendais avec impatience et bien que j’ai été un peu déçu (vers les épisodes 4 et 5), la série reprend rapidement les rênes et nous délivre alors tout un tas de belles surprises. Notamment la confrontation entre Jean Paul III et Pie XIII dans la salle des conclaves. 

 

Autour de John Malkovich, The New Pope créée alors une sorte d’aura meta et bourrée de pop culture. Il incarne un pape « punk » après tout. Tout commence tout de même avec « You remind me a John Malkovich » au début de la saison. C’est un moment intéressant qui permet à la série de s’amuser aussi avec ses dialogues et son casting. Les dialogues n’en seront que plus funky, notamment lors d’une entrevue avec Marilyn Manson (qui fait l’honneur d’apparaître dans la série) et puis Sharon Stone. Il y aura alors tout un running gag sur le croisement de ses jambes plutôt amusant mais c’est la façon dont le débat sur la mariage gay est introduit (puis conclut lors d’un discours magnifique dans le dernier épisode). Car le mariage gay est un sujet fort du discours de Jean Paul III face à ses fidèles dans le dernier épisode de la saison, afin d’inclure tous les rejetés dans le monde de l’Eglise. 

 

The New Pope introduit aussi d’autres intrigues comme des attentats (à Lourdes puis sur la basilique Saint Pierre). C’est une histoire qui n’aura pas l’impact qu’elle aurait pu avoir mais qui permet aussi de diversifier un peu la série. De même que les scandales sexuels (avec une mineure) qui vont permettre de faire le ménage sous le règne de notre bon vieux Voiello. 

 

Mais The New Pope a des défauts. Le plus grand de ses défauts c’est clairement de ne pas avoir Jude Law durant une bonne partie de la saison. Les images sont alors moins saisissante et moins magnétique. John Malkovich fait de son mieux mais n’a pas le même pouvoir d’attraction que Jude Law sous les traits d’un Pape. Paolo Sorrentino semble alors chercher par moment à étaler d’autres séquences afin de rappeler ce que l’on a vu visuellement dans The Young Pope (notamment le côté sensuel que Jude Law ajoutait). C’est là que les personnages féminins entrent dans la danse. Cécile de France a beau être convaincante, son personnage n’a ennuyé. Le jeu du chat et de la souris entre elle et Jean Paul III est un grand bourbier dont le scénario a énormément de mal à se sortir. Ludivine Sagnier de son côté, sous les traits de Lisette la soeur enceinte de Faysal le réfugié, nous offre une prestation trop sage alors que la mise en scène veut faire d’elle la trainée du couvent. Cela ne fonctionne pas toujours, malgré la musique électro qui contraste étonnamment bien avec les lieux sacrés mis en scène ici. 

 

Malkovich brille cependant dans sa façon d’apporter un regard nonchalant au personnage de Pape en plus d’être ici un Pape torturé par son passé (la mort de son frère jumeau). The New Pope prend le temps de développer intelligemment ses nouveaux arrivants tout en écrivant à l’issue de la saison une page d’Histoire qui pourrait un jour être celle de l’Eglise. 

 

Note : 7.5/10. En bref, une saison qui parfois se relâche mais fascine par ses thématiques et surtout le style Sorrentino qui fait toujours effet. 

 

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