ZeroZeroZero (Saison 1, 8 épisodes) : cocaïne à l'état pure et brute

ZeroZeroZero (Saison 1, 8 épisodes) : cocaïne à l'état pure et brute

Cette co-production internationale entre Canal+, Sky Italia et Amazon Studios est une belle surprise à laquelle je m’attendais mais peut-être pas dans ce sens là. Créée par Leonardo Fasoli (Gomorra), Mauricio Katz (Élu entre tous, Maniac) et Stefano Sollima (Gomorra, Sicario la guerre des cartels), la série reprend des thématiques que les créateurs connaissent déjà. On parle de la cocaïne, du moment où elle est fabriquée jusqu’à sa vente et livraison. L’idée ici est donc de créer une sorte d’architecture hiérarchique de la façon dont la cocaïne est diffusée dans notre monde dès qu’elle est fabriquée. Une nouvelle fois les cartels, les drogués, et les dealers sont vus comme les pires de tous. La façon dont le récit est conduit n’est pas sans rappeler Sicario, Gomorra et d’autres produits qui mettent en scène le marché de la drogue comme Narcos par exemple. Sauf que ZeroZeroZero ne cherche pas à se concentrer sur une personnalité forte, mais plusieurs personnages qui agissent à différents moments des arcanes de ce marché de la cocaïne. C’est là que l’aventure est fascinante.

 

Une immersion dans les arcanes du marché mondial de la cocaïne, depuis sa naissance, jusqu’à la livraison finale sur les lieux de consommation.

 

Stefano Sollima, le réalisateur, est lui aussi quelqu’un qui aime le genre des mafieux italien (et internationaux). On a pu le voir aux manettes de Suburra, Gomorra ou encore Romanzo Criminale. C’est peut-être pour cela que l’ambiance de ZeroZeroZero fait penser à ces précédentes productions. On retrouve aussi les couleurs qu’il avait arboré dans Sicario 2 (qui était bien moins intéressant que le premier film, il faut le noter). ZeroZeroZero peut donc être vu comme une sorte de prolongation plus documentée et détaillée de Sicario 2. On retrouve le marché de la cocaïne mais plutôt que de brosser des portraits faciles pour mieux mettre en scène de l’action, ZeroZeroZero veut créer une expérience, une immersion totale dans un monde que l’on ne connait finalement pas autant que l’on aimerait le savoir. 

 

Le premier atout est le fait que l’on suit une dizaine de personnages. Cela peut devenir parfois un peu confus (notamment car il faut tout de même connaître tout ce beau monde à un moment donné). Mais tout est suffisamment fluide afin de nous faire vivre cette expérience au maximum. Les personnages sont là pour que l’on comprenne tous les rouages de l’histoire et surtout ajouté des points de vue totalement différents. Le style de mise en scène que Stefano Sollima impose dans les deux premiers épisodes se retrouve dans les suivants. C’est brut, violent mais à chaque fois tout cela est fait pour mieux nous immerger dans cette aventure étonnante. En racontant cette histoire, ZeroZeroZero vient alors aussi démontrer que le marché de la cocaïne s’est totalement démocratisé et qu’il vit au temps de la mondialisation. Chaque pays a quelque chose à apporter dans le récit, comme dans ce marché très lucratif. Le but n’est pas de faire une série éducative sur les méfaits de la consommation de cocaïne.

 

Comme toute drogue, je vous dirais que sa consommation ne fera pas de mal à l’homme tant qu’elle reste raisonnable et surtout très rare (comme le tabac ou l’alcool finalement). On ne voit donc jamais le consommateur car ZeroZeroZero ne cherche pas à raconter l’histoire d’un cocaïnomane mais de son marché, avant que cela n’atterrisse justement dans les narines de ce consommateur. Au delà de tout ce que ZeroZeroZero peut nous conter de terrible, la série n’hésite pas à trouver un moyen d’humaniser ses personnages. Le réalisateur comme le scénario puise alors dans chacun de ses personnages afin de les rendre un tantinet plus humain que l’on ne pourrait imaginer des dealers et mafieux du marché de la cocaïne. Je ne connais pas le roman éponyme dont la série est adaptée mais je dois avouer que je suis curieux de voir ce qu’il nous raconte. ZeroZeroZero, le titre, est là pour désigner l’état de la cocaïne pure. J’ai au moins découvert quelque chose d’intéressant (en plus de tout le travail de documentation parallèle) dans l’univers de la série.

 

ZeroZeroZero est donc un produit sacrément ambitieux qui donne parfois le vertige mais qui a le don de me fasciner. Peut-être car justement j’ai toujours été fasciné par ce milieu et que je vais de ce pas avancer dans la saison 2 de Narcos : Mexico sur Netflix que je n’ai toujours pas terminé. 

 

Note : 8/10. En bref, un univers ambitieux, fascinant et sacrément bien documenté. 

 

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