L’Agent Immobilier (Mini-series, 4 épisodes) : fable drôle et sombre sur le père et l'héritage

L’Agent Immobilier (Mini-series, 4 épisodes) : fable drôle et sombre sur le père et l'héritage

L’Agent Immobilier c’est avant tout une métaphore sur le temps et la famille. Il y a comme une envie de la part des créateurs ici de nous plonger dans un monde parallèle du et si tout cela s’était déroulé autrement. De ce fait, dans la poésie que L’Agent Immobilier insère à son récit, celui-ci se libère. Pourtant ce n’était pas forcément donné dès le départ alors que les personnages sont dans un premier temps mal dégrossis. Mais la vraie force de frappe ici c’est Mathieu Amalric qui va briller du début à la fin. Je dois avouer que j’aime beaucoup cet acteur et sa façon d’incarner les personnages qui s’offrent à lui mais dans L’Agent Immobilier, il a l’occasion de faire quelque chose d’absurde, à mi chemin entre la mélancolie et un humour absurde amusant. Cette poésie fantastique et loufoque a ses moments sombres (mourir dans un ascenseur qui lâche du troisième étage par exemple) mais se retrouve toujours à créer quelque chose de loufoque qui permet d’oublier que c’est quand même assez déprimant.

 

Agent immobilier fauché et sans talent, père et ex-mari défaillant, Olivier hérite à la mort de sa mère d'un immeuble à l'abandon en plein Paris. Accaparé par son père qui gère mal le décès de son épouse, Olivier tente de prendre possession de son héritage mais c'est sans compter la présence d'une locataire qui n'a aucune intention de quitter les lieux.

 

Etgar Keret et Shira Geffen à qui l’on doit Les Méduses en 2007 parviennent ici à forcer un duo intéressant une fois de plus. Ce conte farfelu et sinistre est l’oeuvre de ces deux scénaristes et créateurs qui ont su transformer une idée de départ plutôt classique en une mini-série de quatre épisodes étonnante. Le fait est que Olivier est quelqu’un comme tout le monde, juste qu’il a la poisse. C’est un agent immobilier qui sait pas vendre les biens, divorcé, qui n’a pas un rond et qui hérite d’un immeuble délabré dans le 19ème à Paris à la mort de sa mère. Le principe de l’unique locataire réfractaire n’a pas de grand intérêt puisque c’est sur Olivier et lui-seul que L’Agent Immobilier préfère se concentrer. Outre le côté fantastique où Olivier participe au passé de l’immeuble dans des séquences sacrément folles, L’Agent Immobilier fonctionne. Cette comédie sociale permet aussi de parler de la noirceur du monde dans lequel nous vivons qui n’aide pas les petits. Le sens de l’humour est présent mais justement il est original ce qui permet là aussi d’offrir une originalité au récit.

 

Pour autant, L’Agent Immobilier n’est jamais vraiment hilarant (en dehors de quelques répliques amusantes) mais comme tout conte, il y a une part de noirceur qui parvient à créer ici une ambiance étonnante. On pourrait alors dire que L’Agent Immobilier se rapproche un peu de ce que l’on aurait attendu de David Lynch pour ce côté fantasque aux allégories bien senties. Le but dans L’Agent Immobilier est de parler du père (Olivier pour sa fille, son père alcoolique, etc.) mais aussi du lègue. Dans ses moments les plus tordus, L’Agent Immobilier fonctionne donc plutôt bien dans on ensemble. Mathieu Amalric porte à lui seul une grande partie de ce récit et sa réussite. L’Agent Immobilier est donc une mini série ambitieuse qui grâce à son casting est à la hauteur de ses ambitions.

 

Note : 7/10. En bref, une fable sombre et lynchienne sur la place du père et l’héritage. 

 

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