Critique Ciné : The King of Staten Island (2020)

Critique Ciné : The King of Staten Island (2020)

The King of Staten Island // De Judd Apatow. Avec Pete Davidson, Bel Powley et Ricky Velez.

 

Judd Apatow, celui qui a renouvelé la comédie à l’américaine avec Freaks & Greeks à la télévision et 40 ans toujours puceau au cinéma était de retour après un petit passage sur Netflix (Love). Cela fait cinq ans que le réalisateur, scénariste et producteur n’avait rien fait au cinéma et je dois avouer que The King of Staten Island est plus ou moins ce que l’on peut attendre d’un film d’Apatow, sans l’originalité, sans la créativité et sans une histoire percutante. Les valeurs d’Apatow sont pourtant bien présentes (l’amitié entre mecs, le fait que son héros à peur de l’engagement, etc.) mais il manque pourtant de vraies qualités au récit. Avec plus de deux heures de film, je dois avouer que j’ai trouvé le temps long alors que l’idée de départ était séduisante. En faisant un bis repentira de sa formule, Apatow ne parvient pas à réinventer son cinéma et s’engouffre alors dans des schémas vus et revus. On sent malgré tout que le réalisateur et scénariste a pris de la bouteille, qu’il a grandi dans sa façon de parler de ses personnages et de les mettre en scène mais il manque quelque chose à l’ensemble pour le rendre passionnant et mémorable. 

 

Il semblerait que le développement de Scott ait largement été freiné depuis le décès de son père pompier, quand il avait 7 ans. Il en a aujourd’hui 24 et entretient le rêve peu réaliste d’ouvrir un restaurant/salon de tatouage. Alors que sa jeune soeur Claire, raisonnable et bonne élève, part étudier à l’université, Scott vit toujours au crochet de sa mère infirmière, Margie, et passe le plus clair de son temps à fumer de l’herbe, à traîner avec ses potes Oscar, Igor et Richie et à sortir en cachette avec son amie d’enfance Kelsey.

 

Le récit manque cruellement de passion et de substance, laissant alors The King of Staten Island tomber dans les poncifs du genre sans réellement trouver une façon d’être original. Tout n’est pas à jeter et Pete Davidson s’en sort très bien dans le rôle de Scott. Mais j’en attendais sûrement trop de la part d’un réalisateur qui n’avait pas refait de cinéma depuis cinq ans. On sent aussi que le film cherche à parler d’un sujet plus sombre, plus personnel et qui tient clairement à coeur à Apatow mais justement, en sortant de sa zone de confort on sent qu’il n’est pas aussi à l’aise et égare alors rapidement le spectateur que je suis. Le film co-écrit entre Apatow et Davidson (ce dernier rendant ici hommage à son père, pompier décédé à New York le 11 septembre 2001) fait des références à des sujets forts sans réellement impliquer le spectateur afin de créer de l’empathie. Je me suis donc ici ennuyé alors que le film brosse un portrait facile d’un personnage qui n’a pas l’envergure dramaturgique de celle d’un personnage Apatow, ni l’humour noir qui aurait pu accrocher autrement le spectateur. The King of Staten Island reste donc un film mineur, en espérant voir Apatow revenir plus en forme rapidement.

 

Note : 4/10. En bref, l’ennui se prélasse au milieu d’un film qui avait pourtant du potentiel. 

Date de sortie : 22 juillet 2020

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article