Woke (Saison 1, 8 épisodes) : engagement mal engagé

Woke (Saison 1, 8 épisodes) : engagement mal engagé

Depuis la fin de New Girl, on n’avait pas trop vu Lamorne Morris et le dernier rôle dont je me souviens c’est probablement celui qu’il a dans le film Jumanji : Next Level sorti au début de l’année. Créée par Keith Knight et Marshall Todd (Barbershop), Woke est inspirée de la vie et des créations du dessinateur Keith Knight. Je dois avouer que la comédie a quelque chose de déconcertant et qu’elle tente de tacler des sujets de société forts mais cela ne fait pas pour autant de Woke une grande réussite. Depuis la création du mouvement Black Lives Matter, les Etats-Unis vivent au rythme de nombreuses histoires d’injustices et de racismes envers les afro-américains et avec ce qui s’est déroulé cette année la conversation n’a jamais été aussi actuelle. Woke vise clairement une catégorie de séries actuelles (Little Fires Everywhere, Lovecraft Country, Blackish et ses spin off) cherchant à dépeindre et réfléchir sur le fait d’être afro-américain. Bien que Woke soit clairement inspirée de l’expérience du co-créateur de la série, elle distille son propos au travers d’une histoire autour de fantaisies, partiellement animées. Et c’est original mais cela ne fonctionne pas à chaque reprise. 

 

Keef est un auteur de bandes dessinées vivant à San Francisco. Son travail est sur le point de rencontrer un vif succès auprès du public lorsqu'un incident inattendu change tout.

 

Malgré tout ce que Woke tente de faire, cette comédie a du mal à avoir un propos réellement original. Tout du moins aussi original que ses petits passages animés. C’est donc une comédie qui n’ose pas et qui reste dans ses pantoufles sans sortir des sentiers battus. J’aurais aimé que Woke trouve justement une inspiration plus généreuse et donc intéressante dans la vie de Keith Knight mais il n’en est rien. Notre héros, Keef est donc le créateur d’une bande dessinée populaire. Sa façon de parler aux objets au fil des épisodes est une occasion d’apporter un brin de fantaisie qui fonctionne mais qui ne permet pas vraiment à Woke de sortir des sentiers battus pour autant. Lamorne Morris, que je suis heureux de retrouver, fait de son mieux pour nous faire passer un bon moment. Il est grandement aidé par toutes les voix célèbres qui vont l’entourer (Black Anderson, JB Smoove - en marqueur -, Eddie Griffin - en bouteille d’alcool -, Cedric the Entertainer - en poubelle -, etc.). Sauf que si cet élément est l’un des plus intéressant, il n’est pas toujours utilisé à sa juste valeur. 

 

D’ailleurs, le paradoxe avec Woke c’est que toutes ces séquences fantaisistes sortent le téléspectateur du propos plus sérieux que la série cherche à aborder. Ces séquences ne font rien pour apporter un supplément à la réflexion de la série. Au final, il est difficile de savoir pourquoi Woke existe et surtout ce qu’elle a réellement voulu nous raconter. Il n’y a rien de nouveau sur le propos social et politique. Le seul truc que Woke parvient à faire d’intelligent c’est probablement le mélange des genres qui fonctionne de temps en temps. La fin de la saison laisse imaginer qu’une saison 2 pourrait permettre à Woke d’éclore mais je n’ai pas spécialement envie d’en voir une suite. D’autres séries sont déjà bien plus intéressantes sur le sujet. 

 

Note : 4/10. En bref, une idée originale qui finit en série redondante et manquant de profondeur. 

Disponible sur Hulu aux Etats-Unis. Prochainement en France

 

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