Cryptid (Saison 1, 10 épisodes) : Lovecraft et petits tracas en campagne suédoise

Cryptid (Saison 1, 10 épisodes) : Lovecraft et petits tracas en campagne suédoise

Cette petite série suédoise se démène forcément pour faire en sorte d’être originale et pourtant… elle me rappelle Spontaneous, un film dans le même esprit mais dont ici on aurait enlevé toute la véritable substance. Car Cryptid part aussi du point de départ d’un ado qui explose dans un lycée et mélange tout cela à l’humanité qui court à sa perte. Le film et cette série partagent donc une thématique similaire intéressante mais je me suis ennuyé devant Cryptid. Bourrée de références, Cryptid s’en sort justement sur certains clins d’oeil notamment à Lovecraft ou même au cinéma d’horreur (It Follows) sans pour autant arriver à la cheville de ses références. Cryptid tente de bousculer le « nordic noir » et de lui offrir une dimension fantastique différente en s’inspirant des succès actuels (notamment Stranger Things) mais là aussi on sent que tout est forcé dans le but de coller à un cahier des charges qui aurait été pré-établis par Viaplay (le service producteur de la série). La série préfère donc se concentrer sur tout ce qui l’enrobe, que cela soit sa bande son punchy ou certains visuels assez travaillés qui s’imposent et rappellent eux le film de David Robert Mitchell.

 

Des lycéens sont obligés de faire face à leurs peurs les plus sombres afin de vaincre une force surnaturelle qui se nourrit du chaos et de la misère de l'humanité.

 

Tout n’est pas à jeter dans Cryptid pour autant, mais la série ne force pas suffisamment ses bonnes idées et préfère alors s’éparpiller dans certaines réflexions métaphysiques sur l’humanité et la fin du monde qui ne fonctionnent pas vraiment. Le fait que les épisodes soient courts (20 minutes) permet de garder un certain rythme et donc d’enchaîner les épisodes sans trop se rendre compte que l’on a déjà vu la moitié de la saison. Grâce à quelques jolis twists ou révélations, là aussi Cryptid maintient le téléspectateur alerte face à tout ce qu’il peut voir à l’écran mais ce n’est pas suffisant non plus. Le casting n’aide pas vraiment, alors que certains acteurs n’arrivent pas à rendre croyable leurs personnages. C’est un problème dans une série comme celle-ci qui cherche justement à rendre le tout crédible et ancré dans une certaine forme de réalité qu’est la notre. Peut-être est-ce simplement les dialogues qui ne sont pas suffisamment travaillés mais je me demande vraiment si le casting n’a pas sa part de responsabilités aussi.

 

Quoi qu’il en soit, Cryptid a le mérite d’être une tentative originale de bousculer le genre horrifique sur le petit écran mais à ne pas aller plus loin que le bout de son nez, la série échoue à faire quelque chose de grandiose. Ce n’est pas comme si Sylvain Runberg et Daniel di Grado (Farang) n’avaient pas suffisamment d’idées pour s’imposer. Ils ont des influences qui sont les bonnes et une façon de faire qui par moment prend mais qui ne fonctionne pas suffisamment bien pour que le tout soit huilé à souhait. Cryptid se déguste donc simplement pour l’originalité qui a été mise dedans mais pour tout le reste préférez vraiment Spontaneous, le film d’horreur assez cocasse sur un sujet similaire mais au dénouement largement différent et bien plus intéressant.

 

Note : 4.5/10. En bref, l’originalité ne paye pas toujours et bien que les références soient les bonnes et que la sauce prenne par moment, l’ensemble a bien eu du mal à être à la hauteur de ceux qui ont inspirés ce récit.

Disponible sur Salto

 

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