La Promesse (Saison 1, 6 épisodes) : engrenages policiers à deux époques

La Promesse (Saison 1, 6 épisodes) : engrenages policiers à deux époques

Question séries policières, TF1 est plutôt à l’aise en la matière. On lui doit même de bonnes séries (Profilage par exemple) qui malheureusement ne tiennent pas sur la longueur par moment. Anne Landois (Engrenages) et Gaëlle Bellan (Le Bureau des Légendes) tentent avec La Promesse d’apporter un regard plus intéressant sur le polar tout en s’abreuvant malheureusement un peu trop des codes des séries policières habituelles de la première chaîne d’Europe. Dans le genre policier, La Promesse a le mérite de créer une ambiance assez glauque rapidement, peut-être plus proche de ce que l’on aurait pu retrouvé sur Canal+ à certains moments. Visuellement c’est donc soigné et le côté brut de l’image fait une grande partie de l’intérêt de la série. L’utilisation de la montagne et de son paysage apporte une vision brute des aventures qui sied bien à une aventure de ce genre là. Il faut dire que les créatrices de La Promesse ont de la bouteille et ont travaillées sur l’une des meilleures séries policières françaises : Engrenages. Cette école du polar on la retrouve dans La Promesse avec un casting plutôt solide ne serait-ce que pour découvrir les talents de Sofia Essaïdi.

 

Au lendemain de Noël 1999, Charlotte Meyer, une petite fille de 11 ans, disparaît sans laisser de traces. Le capitaine Pierre Castaing, en charge de l’enquête, échoue à la retrouver. A quelques centaines de kilomètres de là, une jeune enquêtrice se trouve confrontée à une disparition similaire…

 

Son père dans la série, Olivier Marchal, est lui aussi parfait pour ce genre de récits bien qu’il reste enfermé dans les mêmes rôles de flic taciturne inexpressif. Il reprend un peu ce qu’il a déjà fait pour France 2 dans Les Rivières Pourpres sans changer son jeu. Mais il reste un pilier du polar français et sa carrière d’ancien flic le rend d’autant plus légitime. Cependant, La Promesse n’est pas exempt de défauts et notamment quand elle tombe dans les codes de la série TF1. C’est par moment moins visible et à d’autres on sent que le récit a été parfois édulcoré pour être adapté aux prime-times de la chaîne. On oublie par moment tous ces codes vus et revus pour mieux apprécier les personnages féminins et notamment à notre époque avec la fille Castaing incarnée par Sofia Essaidi. L’idée de mêler deux époques fonctionne parfois et moins à d’autres. La Promesse veut aussi caler son récit sur les époques et notamment en 1999 avec la tempête qui avait fait des dégâts en France. Le paysage landais permet de mieux prendre en compte cette partie de l’histoire de France étant donné que c’était un département particulièrement touché.

 

Durant ces six épisodes, La Promesse prend le temps d’installer une ambiance et ses personnages jusqu’à ce dernier épisode, presque bâclé. On sent qu’il faut conclure l’histoire alors on a tout qui nous est balancé dans le dernier épisode sans que l’on ait le temps de réellement prendre en compte tous les pans du récit. Le dernier épisode est donc la plus grande déception qui gâche un peu le plaisir pris durant les épisodes précédents. C’est sur le final que tout se joue normalement dans un polar mais on sent que les scénaristes piétinent et ont du mal à apporter toutes les réponses que l’on est en droit d’attendre. Comme tout bon polar, La Promesse veut brouiller les pistes et parfois même un peu trop ce qui nous conduit vers cette fin ratée qui manque de crédibilité. Peut-être que finalement La Promesse n’aurait pas dû durer autant d’épisodes et prendre moins son temps pour mieux délier le récit et éviter cette fin bâclée. De ce fait, malgré la soumission de la série à des codes narratifs épuisés, elle se rattrape avec sa mise en scène soignée et un casting où Sofia Essaidi apparaît comme une révélation. Olivier Marchal de son côté permet d’apporter un peu de crédibilité au récit. Ses apparitions ont tout de suite leur impact sur les récits du genre.

 

Les personnages sont quant à eux suffisamment bien développés pour que l’on s’attache à leurs aventures. Bien dessinés, les Castaing deviennent rapidement des personnalités fortes et identifiables. Dès le premier épisode on se laisse avoir par leur façon de conduire le récit chacun dans son époque. Quant à la narration à deux époques, cela aurait par moment pu être plus fluide mais on peut se prendre au jeu car le rythme est assez soutenu pour ne pas nous ennuyer de trop durant les cinq premiers épisodes.

 

Note : 6.5/10. En bref, un polar solide et une Sofia Essaidi brillante mais qui reste à la peine sur sa conclusion.

A partir du 7 janvier 2021 sur TF1. Disponible sur Salto.

 

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