OVNI(s) (Saison 1, 12 épisodes) : rencontres du burlesque type

OVNI(s) (Saison 1, 12 épisodes) : rencontres du burlesque type

OVNI(s) est un OVNI et d’autant plus pour Canal+ tant elle me rappelle plus une fiction originale produite par OCS qu’une série Canal+. La création de Clémence Dargent (Fais pas ci, fais pas ça) et Martin Douaire (Le sens de la famille, Vernon Subutex) nous plonge dans les années 70 en mêlant ses influences à tout un tas d’idées farfelues qui pourraient facilement en faire une sorte de X Files burlesque à la française. OVNI(s) est donc une série amusante qui, sous Giscard, nous offre une sorte d’écueil du futur rêvé sur les avancées technologiques. Si OVNI(s) aurait rapidement pu tomber dans une sorte de parodie de mauvais goût, la série reste suffisamment sur ses pattes pour être drôle et dramatique mais surtout nous attacher à Didier Mathure incarné par Melvil Poupaud. Si la science fiction a sa part de lettres dans la série, ce n’est pas seulement une série sur des OVNIs mais aussi une série qui sait mélanger les genres. Le ton souvent poétique apporte une légèreté bienvenue qui appuie alors très bien l’humour cocasse de la comédie. Il y a un vrai travail qui a été fait sur les dialogues et qui tombent souvent à pic, faisant de cette comédie une série fraîche qui sort des sentiers battus français.

 

1978. Didier Mathure, voit son rêve partir en fumée lorsque sa fusée explose au décollage. Alors qu'il pensait avoir touché le fond, il est muté à la tête d'un bureau d'enquête spécialisé sur les ovnis géré par une équipe qui donne effectivement l'impression de vivre sur une autre planète. Sa mission : trouver des explications scientifiques aux apparitions de soucoupes volantes qui défraient la chronique. Un véritable enfer pour ce cartésien invétéré qui n'a plus qu'une idée en tête : se tirer de là au plus vite.

 

En sortant des sentiers battus, OVNI(s) parvient à être une agréable surprise. La première bonne chose ici c’est les décors et la reconstitution des années 70. C’est pop et coloré et ça sent le Formica et les costumes synthétiques. Bien que la reconstruction puisse avoir des défauts (je n’ai pas vécu les années 70 donc je ne peux pas me prononcer), on sent que les décorateur(trice)s et costumier(ère)s se sont amusés. Le style art déco des années 70 transpire dans chaque pièce et soutient alors le récit pour mieux nous faire voyager dans ces aventures loufoques. OVNI(s) a alors eu la bonne idée de jouer sur la nostalgie d’une époque insouciante où l’on en oublierait presque la crise pour rêver à un futur meilleur. C’est cette insouciance qui fait aussi l’une des belles réussites de cette série, toujours positive sans tomber dans la dramaturgie fumeuse. Peut-être que ce côté parfois très BD dans l’utilisation des couleurs est justement la plus grande force de cette comédie.

 

Avec des épisodes courts (30 min), le temps passe rapidement et nous échappe (comme pour les personnages de la série). La course aux OVNI(s) est une façon amusante de créer à la fois un récit qui questionne tout en gardant en tête le besoin de nous faire rire. L’équilibre trouvé entre les mystères divulgués au fur et à mesure de la saison permet de donner envie de revenir quand les dialogues sont là pour nous sortir complètement du cadre durant trente minutes. Les dialogues c’est clairement ce sur quoi la série se repose et ce pourquoi les scénaristes veulent que l’on reste. C’est intelligent (le rationalisme scientifique est légion) mais aussi amusant ce qui permet d’avoir un bel équilibre étrange entre le réalisme et la fantaisie de cette aventure loufoque.

 

Enfin, il y a Melvil Poupaud. Ce dernier est parfait du début à la fin et est aussi l’une des raisons pour lesquelles OVNI(s) ne se prend pas les pieds dans le tapis dans chaque épisode. Il incarne à la perfection l’humour de la série mais aussi son côté très scientifique qui veut croire en ces OVNI(s). Pourtant, OVNI(s) a aussi des défauts. Le premier est plus sur le fond de la série, l’histoire en elle-même. Si les dialogues sont travaillés pour nous amuser, l’histoire a parfois du mal à décoller. Il y a alors ici un numéro d’équilibriste qui fonctionne par moment mais échoue à d’autres. D’ailleurs, l’humour nous fait parfois oublier certains personnages secondaires qui n’ont pas grand intérêt narratif alors que mieux travaillés ils auraient pu être mis à contribution. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre avec OVNI(s) tant c’est clairement un OVNI(s) mais le mélange est plus souvent réussi que raté. La sauce prend assez bien grâce à un savoureux mélange de nostalgie et d’aventures fantastiques teintées d’humour loufoque. Tout n’est pas pour autant parfait mais vient me rappeler certaines comédies comme Au service de la France ou les comédies OCS et je dois avouer qu’en ces temps moroses ça fait du bien.

 

Note : 6.5/10. En bref, une comédie inclassable entre poésie et humour burlesque. Mention spéciale à Melvil Poupaud.

Disponible sur myCanal

 

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