Sexify (Saison 1, 8 épisodes) : Le Destin de Natalia

Sexify (Saison 1, 8 épisodes) : Le Destin de Natalia

Ce sont de petits coquins les polonais. L’an dernier on découvrait sur la plateforme 365 Jours, un film de seconde zone se voulant la copine polonaise de 50 Nuances de Grey. Maintenant on parle d’application sur l’orgasme féminin. Piotr Domalewski (Silent Night, Demon) veut donc nous raconter comment des jeunes filles vont créer une application afin de mesurer l’orgasme féminin. Tout se concentre sur Natalia, une jeune fille chaste qui ne connaît rien au sexe et qui avec l’aide de deux copines étudiantes qui ont déjà quelques kilomètres au compteur, elle va chercher à mettre au point une application pour atteindre l’orgasme féminin. Avant de parler réellement de Sexify, il faut la remettre dans un contexte : la Pologne est un pays ultraconservateur donc ce genre de sujet est assez tabou. Netflix se fait clairement la figure de proue des séries sur le sexe (Sex Education, Bonding, etc.) sans parler de toutes les séries pour ados qui ont mis le sexe bien plus en avant afin de faire monter la température du téléspectateur.

 

Pour créer une application sexuelle innovante et remporter un concours, une étudiante inexpérimentée et ses amies doivent explorer le monde intimidant du plaisir féminin.

 

Le seul problème c’est que malgré un rythme assez sympathique, Sexify ressemble vraiment à ces séries d’Europe de l’Est qui utilisent ce que l’Ouest fait afin de le mettre à leur sauce. Du coup Sexify ne nous apprend rien sur le plaisir féminin et dans un sens ce n’est pas étonnant (et ce n’était probablement pas le but non plus). Tout est souvent trop mécanique pour réellement apporter le vent de fraîcheur que Sexify voulait apporter. Les romances des personnages ressemblent toutes à celles du Destin de Lisa et ce n’est pas ce qu’il y a de plus sexy. En effet, c’est prévisible et pas toujours très attachant. Les personnages sont assez classiques et leurs traits d’originalités n’en sont pas vraiment. Plonger dans le monde du sexe peut être amusant mais dans la fac de Varsovie je dois avouer que l’on a ici tous les poncifs du genre. Sexify se veut donc un peu gratuite sur le sexe, quitte à tomber dans tous les pièges. Le salon de l’érotisme dans l’épisode 4 symbolise parfaitement le problème de cette comédie.

 

On sent parfois aussi que Sexify cherche à se rapprocher de sa collègue américaine Sex Education mais l’on est bien plus proche de Bonding que de Sex Education. Les personnages ne sont pas aussi attachants et les relations bien trop superficielles pour créer un environnement que l’on aurait probablement pu espérer voir naître sur notre écran. Tout n’est pas à jeter car Sexify se déguste assez facilement mais tous les clichés néo-féministes passent à la moulinette quitte à ce que cela soit fait sans aucune logique ni sens pour faire évoluer le récit. Le point de départ et Natalia sont pourtant des éléments qui auraient pu faire de Sexify quelque chose de beaucoup plus intéressant. La série aurait pu être très différente, intéressante (notamment sur l’orgasme) mais à vouloir surfer sur tout ce qui existe déjà on se retrouve avec une série moins irrévérencieuse que je l’espérais. Sexify suit donc tout le cahier des charges Netflix sans apporter vraiment une touche très originale. C’est sans parler des petites musiques d’ambiance qui deviennent à la fin de la saison quelque chose d’insupportable qui m’a presque donné envie de partir avant l’heure.

 

Ainsi, le propos sur le sujet de Sexify est très simpliste, pas très creusé et reprend tout ce que l’on sait déjà sans prendre un labyrinthe. Ce qui aurait pu être intéressant dans Sexify c’est de creuser le sujet différemment et ne pas imaginer que le concept de départ (l’application sur l’orgasme) suffise à faire une bonne série. Netflix rempli son catalogue à longueur d’années et on ne peut pas dire que j’ai trouvé ici la pépite rare. Je dirais même qu’elle n’a rien rempli du tout (sans mauvais jeu de mots).

 

Note : 4/10. En bref, Sexify n’apprend rien au spectateur si ce n’est qu’elle peut rapidement devenir ennuyeuse où tous les poncifs du genre sont rongés jusqu’à l’os.

Disponible sur Netflix

 

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