THEM: Covenant (Saison 1, 10 épisodes) : traumatismes d'une époque raciste

THEM: Covenant (Saison 1, 10 épisodes) : traumatismes d'une époque raciste

THEM est probablement l’une des séries que j’attendais avec le plus d’impatience cette année. Cette série horrifique anthologique traite du racisme avec une histoire par saison, un peu à la façon dont American Horror Story peut le faire avec l’horreur en général. THEM est ici clairement inspirée par l’univers Jordan Peele (Get Out, US). On sent tout de suite l’inspiration de son univers et l’influence dans la mise en scène et le récit. Little Marvin, dont il s’agit de la première création originale, nous plonge dans l’enfer des années 50 aux Etats-Unis au milieu d’un marché immobilier en pleine expansion où pour faire monter les prix et donc gagner plus, ont décidé d’amener les afro-américains à emménager dans des banlieues (ici celle de Campton à Los Angeles). Le récit, horrifique, raconte donc l’histoire des Emory qui s’installent dans un lotissement où jusqu’à présent ne résidaient que des blancs. La réalité de l’époque est déjà terrifiante, à glacer le sang mais THEM ajoute à son récit des séquences horrifiques et surnaturels qui viennent appuyer l’horreur. Au delà du racisme, THEM aborde d’autres thématiques comme celle d’une famille qui se bat contre ses propres démons passés (eux aussi liés au racisme).

 

En 1953, Alfred et Luchy Emory, un couple d'afro-américains, décident de déménager avec leur petite famille de la Caroline du Nord à un quartier résidentiel entièrement blanc de Los Angeles. La maison située dans une rue idyllique devient le théâtre de phénomènes surnaturels inquiétants alors que des forces maléfiques se mettent peu à peu à les détruire...

 

Les meilleures scènes d’horreur de THEM ne sont pas forcément celles liées aux éléments surnaturels du récit. L’une des plus terrifiantes est marquante est celle où le bébé Emory, Chester, est mis dans un sac en tissu et qu’un groupe d’individus blancs le balancent comme si c’était une balle. Cette scène me hante encore et dans sa représentation du racisme, elle symbolise énormément de choses. Le propos politique ici est clairement celui du choc, afin de montrer comment les populations blanches ont aussi terrifiés les populations afro-américaines. Les démons de la famille Emory passent aussi par d’autres sujets comme le fait que Henry est un vétéran de la Seconde guerre mondiale, qu’il n’a toujours pas fait le deuil de son enfant décédé (comme sa femme d’ailleurs) et comment tout ce qui se passe autour de lui va le hanter de plus en plus. THEM impose rapidement un style, notamment visuel, où le cadrage a son importance. Lorsque la caméra se penche afin de montrer les personnages perdre pied avec leur esprit, alors le tout est fascinant car THEM va bien au delà du propos et du casting impeccable.

 

Le paranormal de la série est nourri par l’angoisse des personnages et les souvenirs violents des Emory. La série se nourrit de tout ça intelligemment et la folie guète de plus en plus cette famille qui doit se battre pour panser ses plaies. Ce que l’épisode 1.09 nous révèle c’est que le lotissement des Emory a été construit sur un ancien village où des personnages afro-américains ont été brûlé vifs. La scène de leur mort est là aussi un éveil de souvenirs douloureux de l’histoire afro-américaine et parvient sans tomber dans l’horreur à créer une horreur psychologique intéressante. Justement, c’est cette horreur psychologique non liée au surnaturel qui parvient à faire de THEM une série fascinante. La série utilise les éléments classiques du genre afin de les faire tournoyer dans son récit. Le mélange des genres, de la musique parfois en décalage complet avec ce que l’on voit à l’écran, tout cela participe à faire de THEM un objet intrigant et fascinant.

 

Tous les personnages ont des rôles à jouer. Les hommes de ces femmes au foyer, avinés, qui veulent en découdre par la pression de leurs femmes respectives. L’histoire la plus intéressante est celle de Betty incarnée par Alison Pill. Cette Bree van de Kamp-like symbolise parfaitement le racisme de l’époque jusqu’au moment où tout va la ramener à sa propre réalité : des parents abusifs, un amant qui va finir par la kidnapper pour l’enfermer dans un bunker, etc. avant d’être tuée. Betty est la parfaite représentation de l’époque mais THEM veut lui apprendre une vraie leçon sur son racisme. Les inspirations de THEM sont multiples. Get Out ou US (et le fait que Ruby soit incarnée par Shahadi Wright Joseph que l’on a vu dans le film de Jordan Peele fait forcément office de double référence) sont clairement là dans la mise en scène mais l’on retrouve un peu de Shining ou du très bon film His House de Remi Weekes (Netflix). Certains épisodes sont meilleurs que d’autres mais dans sa globalité, THEM parvient à créer quelque chose d’angoissant. A parfois tomber dans l’horreur démonstrative, on perd aussi un brin du propos politique de départ. Car THEM n’avait clairement pas besoin de surnaturel afin de faire ressentir cette angoisse permanente dans laquelle vit les Emory.

 

Note : 8/10. En bref, THEM est une nouvelle incursion dans l’horreur qui s’avère d’autant plus fascinante qu’elle me hante encore deux jours après l’avoir terminée.

Disponible sur Amazon Prime Video

 

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