Critique Ciné : Envole-Moi (2021)

Critique Ciné : Envole-Moi (2021)

Envole-Moi // De Christophe Barratier. Avec Victor Belmondo, Yoann Eloundou et Gérard Lanvin.

 

Christophe Barratier renoue avec le bon cinéma. Depuis Les Choristes (2003), il a connu les errances avec des films pas toujours brillants sauf L’Outsider (2016) que j’avais beaucoup aimé. Il nous embarque avec Envole-Moi dans un mélodrame qui n’use et n’abuse pas du pathos et parvient ainsi à créer des émotions troubles qui donnent le besoin de sécher ses larmes plusieurs. Dans Envole-Moi ce n’est pas Gérard Lanvin qui crève l’écran et bien que son nom soit peut-être important pour vendre le film, ce n’est pas non plus lui le héros. Le héros c’est Marcus, incarné par le petit nouveau Yoann Eloundou. Ce dernier nous fait vivre les aventures d’un jeune garçon handicapé avec brio et son entrain et sa joie de vivre le moment présent est communicative à un tel point que l’on a envie à la fin du film nous aussi de partager des moments de vie comme ceux qu’il vit. Le point de départ d’Envole-Moi est un brin simpliste, voire cliché sur le fils à papa qui dilapide le pognon de papa dans les boîtes de nuit et qui décide de lui couper les vivres sauf s’il fait ce qu’il lui demande. Il y a dans la relation entre Thomas et son père quelque chose d’intéressant mais Christophe Barratier ne s’attarde pas trop là dessus (et c’est tant mieux).

 

Thomas passe ses nuits en boites et ses journées au lit, jusqu’au jour où son père, le docteur Reinhard, lassé de ses frasques, décide de lui couper les vivres et lui impose de s’occuper d’un de ses jeunes patients. Marcus a douze ans et vit seul avec sa maman. Il souffre depuis sa naissance d’une maladie grave qui rythme ses journées, entre le centre d’accueil médicalisé où il est scolarisé et des séjours répétés à l’hôpital. Cette rencontre va bouleverser le quotidien de l’un et de l’autre, et tout simplement changer leur vie.

 

Alors oui Envole-Moi est un film un brin simple qui prend les chemins attendus mais c’est beau. Le côté tire-larmes fonctionne sans tomber dans l’excès. Car c’est avant tout pour célébrer la joie de revivre que Envole-Moi est là. Plus on avance dans le film et plus l’émotion est grandissante et plus on s’attache aux personnages. Cette façon que Marcus a de se battre est un élément essentiel de Envole-Moi et c’est ce qui prend rapidement aux tripes le spectateur car il nous renvoie à un symbole fort : notre propre humanité à nous, nos sensibilités en somme. Envole-Moi a beau culer quelques carcans, notamment au début, le film se libère de ses propres chaînes et apprend à voler comme le titre du film le suggère. On passe donc de moments joyeux à des moments plus durs et dramatiques sans chercher à accabler le spectateur de trop. Envole-Moi est donc une agréable surprise à laquelle je ne m’attendais pas du tout et qui m’a marqué. Pour un retour au cinéma, c’est bien Envole-Moi que je conseillerais à quiconque voudrait voir un (bon) film français.

 

Note : 7/10. En bref, une escapade où la joie de survivre de Marcus prend aux tripes le spectateur et le renvoie à sa propre humanité.

Sortie le 19 mai 2021 au cinéma - Retournons au cinéma !

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article