Halston (Mini-series, 5 épisodes) : aimer créer pour s'aimer soi-même

Halston (Mini-series, 5 épisodes) : aimer créer pour s'aimer soi-même

L’univers Ryan Murphy sur Netflix n’a de cesse de prendre de l’ampleur. Après The Politicien, Hollywood, Ratched et les films The Boys in the Band et The Prom, le voici à raconter la vie du créateur de mode Halston. Ce nom ne vous dit probablement rien (car à moi non plus) mais c’est celui qui a connu sa gloire grâce aux chapeaux et le style Kennedy avant de devenir un créateur de haute couture américain. Afin de mettre en oeuvre toute cette histoire Ryan Murphy s’est associé à Ian Brennan (l’un de ses acolytes depuis Glee) et Sharr White (The Affair). Au premier abord, Halston a tous les défauts des séries de Ryan Murphy. Ca part dans tous les sens et toutes les exubérances sont possibles. Pour autant, Halston ressemble clairement à Ryan Murphy. Déjà les deux sont nés dans l’Indiana. Mais ce sont les traits de personnalités des deux personnes qui m’intéressent. Il y a une sorte de parallèle à faire entre le côté odieux et autoritaire de Halston avec ce qui a déjà filtré des tournages des séries qu’il a créé par le passé (comme Glee).

 

La mini-série Halston suit le légendaire créateur de mode, alors qu’il crée un empire mondial de la mode inspiré par un seul nom : son deuxième prénom, synonyme de luxe, de sexe, de statut et de célébrité, définissant l'époque dans laquelle il vit, le New York des années 1970 et 1980. Mais un rachat hostile l'oblige bientôt à se battre pour le contrôle de son bien le plus précieux...le nom Halston lui-même.

 

Pour autant, Halston est fascinante. Elle a un atout charme qui habite le récit jusqu’au bout et c’est la prestation d’Ewan McGregor. Ce dernier brille du début à la fin, donnant au personnage non pas des traits caricaturaux mais habitant réellement ce que Halston pouvait être dans le passé. Le biopic écume alors tous les poncifs d’un personnage haut en couleur : les paillettes, la drogue, le sexe avec l’ascension, la chute et ce besoin de rédemption. McGregor incarne tout cela brillamment même si Halston a du mal à refléter quelconque émotions. Il y a pourtant des moments forts tout au long du récit et pourtant je n’ai pas réussi à m’émouvoir de la personnalité de ce créateur de mode. Mais la prestation fascinante d’Ewan McGregor fait une grande partie de l’intérêt d’Halston et dans sa gestuelle et sa façon de délivrer les dialogues brille du début à la fin. On sent aussi la liberté créative laissée par Netflix à Ryan Murphy et ses co-scénaristes.

 

Halston peut tout aborder, même les moments les moins reluisants de la carrière du créateur de mode comme son addiction à la cocaïne. Même si la cocaïne reste une drogue assez classique dans le monde du strass et des paillettes, Ryan Murphy n’hésite jamais à égratigner l’image de ce qui pourtant ressemble au premier abord à l’une de ses idoles. Les deux premiers épisodes lancent la machine sans pour autant la lancer à toute berzingue. Halston a l’avantage de démarrer de façon assez propre et surtout douce. On sent que Ryan Murphy veut que l’on apprenne à aimer Halston avant de commencer à le trouver odieux. Dans l’apogée d’Halston, Ryan Murphy vient nous raconter la fin d’une époque, celle où tout le monde était insouciance et où la fête et tout ce qui va avec coulait à flot. Murphy n’oublie pas son célèbre cynisme (notamment avec cette jeune femme qui veut à tout prix rentrer dans le mythique club 54 et qui va finir en cadavre dans les aérations de la discothèque) et apporte aussi quelque chose de plus poétique (ses créations les plus marquantes).

 

Ryan Murphy, probablement fan d’Halston, nous raconte aussi cette histoire de façon plus conventionnelle. Il ne cherche pas à en faire trop ce qui par moment rend aussi le récit un brin paresseux et très linéaire. Mais le fait que Halston en lui-même son personnage fascinant permet au téléspectateur d’oublier certains défauts qui auraient pu devenir probablement. Halston est donc une mini-série dont la seule volonté est de raconter une histoire, loin de l’ambition d’Hollywood (Netflix) et moins exubérante et donc moins mémorable que la saison 2 de American Crime Story sur Gianni Versace. En tout cas Ewan McGregor a ici un rôle qui lui sied bien et qui pourrait lui donner accès à un futur Emmy Award amplement mérité.

 

Note : 6.5/10. En bref, j’ai dévoré Halston jusqu’au bout et grâce à quelque chose de plus sobriquet par moment avec un Ewan McGregor fascinant, cette mini-série anecdotique de la carrière de Ryan Murphy s’avère être une belle surprise.

Disponible sur Netflix

 

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