Innocent (Mini-série, 8 épisodes) : connaissez-vous vraiment ceux qui vous entourent ?

Innocent (Mini-série, 8 épisodes) : connaissez-vous vraiment ceux qui vous entourent ?

Je dois qu’il y a sur Netflix une mouvance créative chez les espagnols qui n’a de cesse de nous offrir des séries tordues. Souvent c’est incohérent ou surréaliste mais le puzzle est tellement bien ficelé que l’on en oublie les erreurs narratives pour se laisser porter par le divertissement en lui-même. Si les mexicains ne sont pas en reste (Qui a tué Sara ?), Oriol Paulo (L’accusé, The Body) adapte à sa sauce Innocent le roman d’Harlan Coben. Cet auteur américain a déjà été adapté de nombreuses fois à la télévision (Juste un regard sur TF1, Safe ou Dans les bois sur Netflix) ou au cinéma (Ne le dis à personne de Guillaume Canet). Il faut dire que ses romans labyrinthiques aux intrigues palpitantes sont aussi simplistes qu’efficaces.

 

Après avoir tué accidentellement un homme, il plonge dans une spirale tragique. Mais comme il retrouve enfin amour et liberté, un coup de fil vient raviver son cauchemar.

 

Innocent ne déroge donc pas à la règle. La sauce espagnol prend tout de suite. Une fois le premier épisode lancé, nous sommes présentés à des personnages et à une histoire qui va prendre tout un tas de chemins sinueux. Bien entendu, le scénario cherche à être complexe pour peu d’intérêt par moment mais les absurdités narratives sont rapidement oubliées derrière le déferlement de twists en tout genre qui donnent cette envie frénétique d’enchaîner les épisodes. Ce que l’on peut tout de même apprécier dans Innocent c’est le fait que tout ce qui a été saucissonné dans ces huit épisodes a une conclusion d’ici la fin de la saison. Tous les personnages et toutes les intrigues s’entrecroisent afin de délivrer un divertissement assez jouissif.

 

Le choix de faire de chaque épisode un chapitre qui nous permet de comprendre les personnages les plus importants du récit a parfois du plomb dans l’aile dans le sens où tous les personnages ne sont pas passionnants mais cela permet tout de même de dérouler le récit de façon assez intelligente sans que l’on ait tout dans un épisode. L’histoire est donc ce sur quoi Innocent se concentre, c’est machiavélique et dantesque, quitte parfois à flirter avec des éléments bien trop surréaliste pour justement offrir au téléspectateur tout ce qu’il a envie de voir. Les récents succès de la plateforme vont dans ce sens et je suppose qu’il y a énormément de clients pour les thrillers puzzles sur Netflix (plus que pour des comédies de seconde zone sans aucun intérêt).

 

Innocent ne cherche pas à être incompréhensible mais à faire réfléchir le téléspectateur. Dans quel but ? Qu’il enchaîne les épisodes et les déguste comme un paquet de chocolat dont on ne peut se défaire. Le suspense, entretenu par de nombreux rebondissements fait finalement tout ce que l’on peut attendre de celle-ci. Si vous connaissez un peu le style d’Harlan Coben, il y a ici tous ses poncifs mais c’est aussi ce qui fait le succès de Innocent. Oriol Paulo s’en sort donc très bien dans l’adaptation à la sauce espagnol du romancier américain. Si parfois cela n’a ni queue ni tête, on a presque envie de retrouver tous les personnages pour une saison 2 en racontant une nouvelle histoire lunaire autour de Matteo Vidal.

 

Au delà de toute cette fourberie, Innocent est aussi une série qui traite de sujets actuels comme la pédophilie dans le monde des ultra riches, les femmes battues, la quête de sa propre identité, la recherche d’un enfant perdu, etc. En soi, Innocent est une sorte de série familiale, de soap, qui a été enrobé de couche de thriller/polar assez sombre. Tout n’est pas imprévisible non plus et le scénario a beau tout faire pour détourner notre regard, certains éléments s’avèrent prévisibles malgré tout. On peut deviner facilement quelques rebondissements (comme le fait que l’agent est celui que l’on voit sur la cassette numéro 27 étant donné qu’il est le seul crédible parmi toute la galerie de personnages) mais cela n’enlève en rien la capacité de la série à tout faire pour que l’on ne voit pas ce qui est évident.

 

Note : 6.5/10. En bref, Innocent est menée tambour battant autour d’une histoire aux multiples rebondissements. Vous aurez envie d’enchaîner les épisodes sans jamais lâcher la série d’un oeil.

Disponible sur Netflix

 

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