Plan B (Saison 1, 6 épisodes) : course contre le temps

Plan B (Saison 1, 6 épisodes) : course contre le temps

La première saison de Plan B se déguste avec plaisir et émotions. Adaptée de la série québécoise du même nom, Plan B nous plonge dans la vie d’une mère qui veut tout faire pour sauver la vie de sa fille. Plan B parle de dépression de façon soignée avec un angle maternel assez touchant pour donner l’envie d’enchaîner les épisodes. Julie de Bona est parfaite dans ce rôle de mère. Touchante de bout en bout de la saison, elle est surprenante. Je n’ai jamais douté de son talent puis l’avoir vu dans d’autres séries françaises mais je dois avouer que celle-ci est une sorte de point culminant. La vraie révélation c’est Kim Higelin sous les traits de la jeune fille. Tantôt adolescente brisée tantôt adolescente rebelle, l’actrice nous démontre qu’elle peut jouer différents registres tout au long de la saison. En seulement six épisodes, on a presque envie de suivre plus des aventures de cette famille tourmentée. L’une des forces de Plan B est son originalité. Un mélange entre un mélodrame familial et une série fantastique (le retour dans le temps) qui parfois a du mal à trouver son équilibre mais qui derrière ses inégalités reste attachante.

 

Disponible en intégralité du Salto, la saison 1 de Plan B ne perd pas de temps. Le premier épisode a introduit rapidement le concept avant de pouvoir nous plonger dans ces multiples retours dans le temps. Les deux premiers épisodes se concentrent sur le fait qui a conduit Florence a remonté le temps et le second à remonter le temps deux semaines auparavant. Une fois passé ces deux épisodes, Plan B nous plonge des mois puis des années en arrière lorsque Lou n’était qu’une enfant. Florence ne sait pas comment sa fille est devenue dépressive et veut alors être là pour chacun des moments de sa vie qui ont pu la changer et la faire basculer. C’est là que Plan B devient un récit familial différent et surtout fascinant. Les émotions sont assez brutes pour se laisser transporter par le récit et les personnages attachants. La relation entre Florence et son mari (ex mari dans le premier présent) est un angle fascinant qui vient rappeler la difficulté d’aimer à nouveau quelqu’un avec qui on n’est plus alors que l’on a rencontré quelqu’un d’autre dans le présent.

 

Le genre fantastique est un genre complexe et surtout très peu adapté sur les grandes chaînes françaises. TF1 prend un risque assumé et nous le rend bien. Plan B est un drame familial, bouleversant mais c’est aussi une histoire d’amour. Celle de l’amour entre une mère et sa fille. La réussite tient aussi dans le fait que la série ne cherche pas les grands noms qui vont se battre l’affiche en laissant le scénario devenir le vrai héros du récit. Si je m’attendais à ce que la sauce retombe rapidement, Plan B parvient l’exploit de garder un rythme et de donner cette envie frénétique d’enchaîner les épisodes. En plus de ça, si certaines séries françaises aiment aller chercher les larmes des téléspectateurs, celle-ci n’en fait pas trop. Plan B reste constante et ne veut jamais tomber dans le pathos à la guimauve qui aurait alors rapidement rendu le tout bien moins intéressant. L’émotion est donc brute, là pour tenir le récit sans faire partie d’une quelconque mécanique où chaque élément riche en émotions serait là pour remettre le récit en route.

 

Chaque soirée qui sera diffusée (au rythme de deux épisodes) aurait pu donner rapidement l’impression que Plan B se répèterait mais à chaque fois il y a une narration qui reconstruit totalement le récit et lui donne un air différent. La série va toujours dans de nouvelles directions et fait aussi évoluer les personnages différemment. Plan B vient aussi ajouter une morale sur voyage dans le temps et ses conséquences alors que le dernier épisode vient changer complètement le récit et bouleverser alors le téléspectateur. Si Plan B aurait pu être un échec total, elle est une agréable surprise qui prouve que l’on peut très bien refaire des séries étrangères à notre sauce sans dénaturer le propos de départ ou encore ce que les producteurs ont voulu en faire ici. Si une saison 2 est commandée, celle-ci racontera une histoire totalement différente étant donné que Plan B a été construite (dans sa version québécoise) comme une série d’anthologie où chaque saison suit une histoire.

 

Note : 7/10. En bref, une agréable surprise à laquelle je ne m’attendais pas et qui m’a bouleversé.

Disponible sur Salto - A partir du 17 mai sur TF1

 

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