Genera+ion (Saison 1, épisodes 9 à 16) : l'adolescence est comme un cactus

Genera+ion (Saison 1, épisodes 9 à 16) : l'adolescence est comme un cactus

Après une première partie réussie et soignée, la seconde suit les mêmes pas. Generation est une série pour ados qui cherche à expliquer l’adolescence sans la réduire à tout ce que l’on voit habituellement dans les séries pour ados. Ces huit nouveaux épisodes sont lumineux et plein d’espoir, permettant ainsi de faire évoluer la vie des lycéens d’Orange County tout en plongeant la tête la première dans ce qu’une relation peut symboliser. En mélangeant savoureusement des éléments narratifs drôles avec quelque chose de beaucoup plus sombre, Generation s’avère être une série qui regarde une génération autrement, loin de ce que Elite peut faire par exemple de complètement rasoir. Ici, Generation se veut profonde et intelligente tout en apportant lumière et humour afin de nous attacher et nous faire passer par plusieurs sentiments.

 

Si une grande partie de Generation a tendance à trop se reposer sur Chester et donc le talent de Justice Smith, les autres personnages prennent un peu plus la lumière dans cette seconde partie de saison. Lors des huit premiers épisodes, Generation se donnait beaucoup de mal à parler du premier amour, du vrai, celui de Chester. Sauf que Chester était amoureux de son conseiller d’orientation. Ce dernier est mis de côté dans cette seconde partie de saison afin de se concentrer sur la façon dont Chester va tenter de sortir de tout ça en allant vers de nouvelles expériences. Tout n’a pas forcément de sens et certaines histoires sont moins intéressantes que d’autres mais Generation a ce côté addictif grâce à ses personnages. Au delà de la représentation LGBTQ+ qui séduira un public, Generation oublie parfois de parler d’autres problèmes de lycéens.

 

On sent que Lena Dunham a produit Generation. Tant dans la mise en scène que dans le regard porté sur les personnages et notamment leur sexualité. Mais Generation c’est avant tout capturer ce que c’est que d’être queer dans un lycée. Il y a des moments où la série est vraiment mignonne et touchante. Ce ne sont pas les moments les plus exubérants mais souvent les plus légers et les plus discrets même si un baiser sur « I Kissed a Boy » a son charme sur le moment. La série a parfois un peu plus de mal à tenir sa barque dans cette seconde partie de saison mais elle a le mérite de faire évoluer les personnages. J’avais peur qu’avec ces nouveaux épisodes la saison perde un peu de son charme mais les personnages deviennent d’autant plus attachants. On s’attache ainsi à d’autres personnalités que celle de Chester qui prenait presque trop de place aux débuts de la série.

 

Si le regard et la confusion des parents face à leurs ados a une certaine place dans Generation, j’espère qu’une saison 2 sera commandée afin de développer un peu plus cet aspect là. J’adore Martha Plimpton sous les traits de Megan mais j’ai l’impression qu’elle est un peu le seul personnage adulte réellement développé en long et en large. Pour conclure cette première saison, Generation ne lésine pas sur les cliffhangers et retournements de situation assez étonnants. Je dirais même que le dernier épisode est une sorte de réminiscence du tout premier épisode de la saison, comme si l’on revenait à la case départ sans pour autant que l’on soit à la case départ. Au début, Generation parlait de mensonges et de secrets alors que la fin parle réellement d’honnêteté et c’est là où le changement opère et permet de voir combien les personnages ont grandi au fil des épisodes.

 

Pour ce qui est de la rupture de Chester et Bo, je suis aussi étonné que peu étonné. Après avoir passé toute la première partie à vouloir Sam dans son lit, Chester a trouvé Bo. Leur relation, aussi mignonne soit-elle, ne pouvait clairement pas continuer. La façon dont Bo est avec Chester est intéressante car elle change de ce que l’on peut voir par exemple entre Omar et Ander dans Elite. Dans cette dernière, la relation est traitée sous un angle assez superficiel où le sexe est prépondérant. Avec Generation c’est différent, Chester et Bo ont une relation à laquelle on met peu de temps à s’attacher tout en comprenant le problème. Lorsque Bo dit à Chester qu’il ne comprend pas pourquoi il l’aime bien, il y a quelque chose de tellement touchant là dedans que cela fait son effet. La place de Nathan dans tout ça pourrait être mise en relation avec ce qui s’est passé avec Patrick dans la saison 4 d’Elite mais là aussi Generation marque des points. Je trouve cette dernière bien plus réaliste et attachante que ce que la série espagnole de Netflix peut faire.

 

L’autre grand pas fait cette année est la relation entre Greta et Riley. Si la fin de la saison elles admettent enfin qu’elles s’aiment, j’ai trouvé tout ça encore plus touchant que tout ce que d’autres séries pour ados ont pu faire en mettant en scène des histoires d’amour. Souvent, les séries pour ados se reposent sur ce que l’on voit à l’écran tout le temps et pas vraiment sur ce que les ados ressentent. Ou alors c’est traité de façon superficielle. La relation entre Greta et Riley est vraiment belle car les scénaristes ont pris leur temps afin de construire la relation et qu’elle soit justifiée de façon intelligente. Si je ne sais pas quoi attendre de la saison 2 de Generation (pour le moment HBO Max ne s’est pas prononcée sur un renouvellement), j’ai hâte de voir ce qu’il va advenir de ces petits personnages mignons et attachants, ancrés dans le réel plus que bien des séries pour ados actuellement diffusées.

 

Note : 6.5/10. En bref, Generation continue de faire évoluer son récit et ses personnages entre romances et relations tout en questionnant l’adolescence avec courage et intelligence.

Prochainement en France

 

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