Atypical (Saison 4, 10 épisodes) : grandir pour aller vers l'inconnu et poursuivre ses rêves

Atypical (Saison 4, 10 épisodes) : grandir pour aller vers l'inconnu et poursuivre ses rêves

La petite comédie dramatique de Netflix est revenue pour une saison 4, dernière saison de la série. La conclusion d’Atypical reste mignonne et touchante mais par moment, on perd un peu du charme des débuts. Cette saison démontre que finalement c’était la bonne idée que d’achever la série à l’issue de quatre années de bons et loyaux services. Peu de séries se sont heurtées au sujet de l’autisme (The Good Doctor est le seul autre exemple que j’ai en tête actuellement) afin de les placer au milieu de la société. Doug et Elsa sont les piliers centraux de la saison et leur relation est même plus touchante que Sam. Si j’aime beaucoup Sam et que l’on s’est attachés à lui au fil des saisons, cette saison démontre que sans les parents le héros n’est rien. Sam doit apprendre à vivre en dehors du cocon familial. Mais Casey, la soeur de Sam, est probablement le personnage le plus surprenant de la saison et celui qui a droit aux meilleures évolutions.

 

On sent qu’elle prend plus de place car les scénaristes parviennent à explorer les sentiments du personnage. Lorsque Atypical décide de changer de narrateur (en l’occurrence dans l’épisode 1.08 où Casey remplace Sam), les scénaristes parviennent à faire autre chose. Alors que dans l’épisode précédent elle est incapable de courir face à une sélectionneuse de UCLA, l’épisode suivant nous plonge dans des aller-retours entre passé et présent pour mieux exprimer le ressenti du personnage. Si Casey est un personnage léger et protecteur, la série décide ici de montrer ses failles et ses propres tourments de façon brillante. On est alors au milieu d’un flot d’émotions qui permettent de s’attarder sur le meilleur d’Atypical. J’ai toujours aimé Casey mais la série n’avait jamais pris autant de temps pour développer ce personnage.

 

Bien entendu, le passage à l’âge adulte reste une thématique forte d’Atypical. Si les scénaristes exploitent cette thématique avec légèreté et simplicité, on sent que par moment ils oublient aussi ce qui faisait de cette série le petit bijou brut qu’elle était au début. Cette constante envie de donner aux personnages une conclusion heureuse est un brin trop bienveillante. Après tout, la complaisance envers les personnages n’est pas toujours ce qui se passe dans la réalité. Sam est donc un peu mis au second plan. Alors que Sam veut voyager en Antarctique et vivre sa passion pour les pingouins, les scénaristes viennent à oublier en partie ce qui fait le charme du héros (les hauts et bas de son autisme et les problèmes que cela peut causer à ceux qui l’entourent). On sort donc du réalisme ambiant afin de faire vivre au héros son propre rêve. A chaque fois qu’un personnage se retrouve face à un obstacle, tout est trop simpliste et n’a pas l’envergure nécessaire.

 

La saison 4 d’Atypical vient alors oublier par moment que son héros est autiste alors que c’était le coeur de la série. Certaines intrigues sont expédiées en deux coups de cuillère à pot et je trouve ça dommage. Peut-être que les scénaristes ont manqué de temps et se sont rendus compte qu’ils avaient oubliés certains éléments au dernier moment. Vivre à deux ou hors de sa propre famille, c’est un sujet fort comme celui de sa vie au lycée ou à l’université mais pas pour la saison 4. Ici j’ai eu l’impression que les scénaristes ne savaient peut-être plus quoi raconter sur Sam, d’où les développements intéressants autour de Casey. Casey devient presque l’héroïne naturelle d’Atypical pendant que les autres personnages sont souvent réduits à peau de chagrin. Comme le deuil de Doug après la mort de son meilleur ami qui est expédiée en un épisode ou le cancer du coloc et ami de Sam qui n’est jamais utilisé comme un moteur émotionnel mais simplement comme une ligne de dialogues.

 

Cette saison 4 d’Atypical est donc une déception mais l’esprit touchant de la série reste présent. Les personnages sont mignons et attachants et le fait que l’on ait appris à les connaître pendant quatre saisons doit aider. Sans cet attachement que l’on peut avoir pour les personnages, cette saison 4 n’aurait aucun intérêt.

 

Note : 5/10. En bref, une dernière saison qui échoue à transformer ce qui a été fait précédemment. Casey devient une héroïne naturelle et intéressante pendant que Sam n’est plus que l’ombre de tout ce qui a déjà été fait autour de lui.

Disponible sur Netflix

 

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