Critique Ciné : Ibrahim (2021)

Critique Ciné : Ibrahim (2021)

Ibrahim // De Samir Guesmi. Avec Abdel Bendaher, Samir Guesmi et Rabah Naït Oufella.

 

Ibrahim c’est le portrait d’un jeune garçon plein de rêves dans la tête. Son rêve ? Que l’on scande son nom dans un stade et qu’il devienne footballeur professionnel. Licencié dans une petite équipe de la banlieue parisienne, Ibrahim a des rêves mais son père, sans le sou et ne sachant ni lire ni écrire a besoin d’argent pour refaire ses dents et espérer devenir serveur d’une brasserie parisienne. Ibrahim, fils dévoué, veut tout faire pour offrir à son père une vie meilleure. La vie du jeune garçon va alors basculer, pas forcément dans la grande délinquance mais il va découvrir le côté sombre de Paris. Ce qui frappe tout de suite dans le film de Samir Guesmi c’est Abdel Bendaher. Ce dernier brille par son regard et sa façon d’être mis en scène à l’écran. Ibrahim ne cherche pas forcément à délivrer quelque chose d’étonnant, juste le regard d’un jeune qui veut sortir de la misère dans laquelle il est plongé. Cela peut se comprendre et ce récit est là pour lui apprendre des leçons sur la vie (notamment lorsqu’il traine avec son ami, qui l’embarque dans l’appartement d’un homme qui veut profiter de son corps).

 

La vie du jeune Ibrahim se partage entre son père, Ahmed, écailler à la brasserie du Royal Opéra, sérieux et réservé, et son ami du lycée technique, Achille, plus âgé que lui et spécialiste des mauvais coups. C’est précisément à cause de l’un d’eux que le rêve d’Ahmed de retrouver une dignité se brise lorsqu’il doit régler la note d’un vol commis par son fils et qui a mal tourné. Les rapports se tendent mais Ibrahim décide alors de prendre tous les risques pour réparer sa faute...

 

Point de pathos dans Ibrahim, ce qui est presque regrettable. Le film ne parvient jamais à faire ressortir quelconque émotion. On sent la volonté d’en créer et le soufflé retombe alors très rapidement. Samir Guesmi offre côté caméra un film classique du genre, sobre et brut, qui gagne un côté solaire grâce à Abdel Bendaher. C’est d’ailleurs sur lui que Ibrahim compte pour proposer quelque chose d’intéressant. En guise de premier rôle en tête d’affiche, j’aurais presque préféré qu’il ait l’occasion de profiter d’autres choses tant son rôle est ici par moment bancal. Le scénario est plutôt solide malgré quelques errances et la proposition reste intéressante. Cependant, Ibrahim ne marquera probablement pas mon esprit malgré tout le bien que je pense de tout un tas de petites choses insérées dans le film. Au final, on se retrouve avec un film qui avait du potentiel et qui ne va jamais au bout des choses. En s’égarant sans nuances dans une aventure qui faisait des promesses sur le papier, le film perd pied.

 

Note : 4/10. En bref, Ibrahim aurait pu être un récit initiatique intéressant mais il s’engouffre sans nuance dans une aventure errante. Reste le jeune Abdel Bendaher au regard solaire qui sort par moment le film de son bourbier.

Sorti le 23 juin 2021 au cinéma - Disponible en VOD

 

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