Critique Ciné : Spencer (2022, Amazon Prime Video)

Critique Ciné : Spencer (2022, Amazon Prime Video)

Spencer // De Pablo Larrain. Avec Kristen Stewart, Timothy Spall et Jack Nielen.

 

Après son portrait de Jackie (2016), Pablo Larrain s’intéresse cette fois-ci à la Princesse Diana. Steven Knight (Peaky Blinders, See) nous sert un scénario racontant les aventures de Diana en pleine période de Noël au domaine de la reine à Sandringham. Une bonne partie du film se déroule à Sandringham entre le soir du réveillon de Noël et le Boxing Day (le 26 décembre) en 1991. Spencer est un portrait spéculatif de Diana, un chapitre inconnu de la vie personnelle de la princesse la plus aimée du royaume. Dans cette introspection sur Diana, Spencer rate pas mal de choses mais en réussi d’autres. La réussite tient surtout dans cette façon de dépeindre la tragédie que Diana vit : ce sentiment d’être coincée dans une vie qui ne lui sied pas. Kristen Stewart est l’un des problèmes de Spencer. Ne vous méprenez pas l’actrice est très forte dans ce qu’elle incarne mais elle n’est pas Diana. Cela sort ainsi le spectateur encore plus du rôle qu’elle incarne. On a donc l’impression de voir Kristen Stewart plus que Diana. Elle incarne Diana de façon légèrement superficielle, sans pénétrer le rôle. On brosse donc ce portrait en surface alors que c’est sur elle que Spencer repose grandement.

 

Le mariage de la princesse Diana et du prince Charles s'est terni depuis longtemps. Bien que les rumeurs de liaisons et de divorce abondent, la paix est ordonnée pour les festivités de Noël au domaine de la reine à Sandringham. Il y a à manger et à boire, à tirer et à chasser. Diana connaît le jeu. Mais cette année, les choses seront bien différentes. Spencer est une illustration de ce qu’il aurait pu se passer pendant ces quelques jours fatidiques.

 

Kristen Stewart a donc un peu de mal à trouver un équilibre émotionnel au rôle, probablement car elle est peut-être impressionnée elle-même par le rôle iconique qu’elle incarne. Si Jackie - le précédent portrait de femme d’Etat que Pablo Larrain a mis en scène - a l’avantage de se concentrer sur une histoire qui nous plonge dans la psyché de son héroïne, Spencer est coincé dans cette maison. Si le cadre est assez métaphorique dans le sens où Diana n’est plus amoureuse de Charles mais est coincée dans ce mariage (et dans cette maison), il manque au film un truc en plus. Kristen Stewart n’est pas la seule responsable de ce semi-échec car les dialogues ne sont pas toujours intéressants ou en tout cas ne mettent pas vraiment en valeur ce que Spencer veut nous raconter. Si Spencer met parfois en scène l’absurdité de la vie de princesse et de la royauté, il n’est jamais drôle pour autant. Peut-être que Spencer aurait dû se prendre un peu moins au sérieux et faire un véritable brûlot.

 

Visuellement la photographie est intéressante et apporte au film cette ambiance à la fois froide de la royauté et des devoirs mais chaleureuse du glamour et de l’extravagance de la vie de princesse. Claire Mathon (Le portrait de la jeune fille en feu) a le mérite d’être l’un des meilleurs éléments de Spencer. La bande originale de Jonny Greenwood, parfois un brin jazzy, est elle aussi séduisante et apporte à ce film certaines qualités. Dans son ensemble j’attendais sûrement un peu trop de Spencer et je reste sur ma faim.

 

Note : 4/10. En bref, un portrait qui n’est pas vraiment à la hauteur de sa propre ambition.

Disponible sur Amazon Prime Video

 

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