Critique Ciné : L'homme qui a vendu sa peau (2022, Canal+)

Critique Ciné : L'homme qui a vendu sa peau (2022, Canal+)

L’homme qui a vendu sa peau // De Kaouther Ben Hania. Avec Yahya Mahayni, Dea Liane et Koen De Bouw.

 

L’homme qui a vendu sa peau c’est une critique du capitalisme au sommet de son art : l’art de vendre tout, même la peau d’une personne sous couvert de l’oeuvre d’art. Le film parle du système dans lequel nous vivons, qui n’a plus de limites et qui profite finalement de la souffrance et la pauvreté des autres. C’est l’image de la société dans laquelle nous vivons où les pays riches ont une emprise sur tous les pays pauvres. Kaouther Ben Hania (Le Challat de Tunis, La belle et la meute) nous plonge dans un récit aussi intrigant que singulier, original et pourtant si actuel. La réalisatrice s’est inspirée de faits réels et tente de transcender les faits afin d’explorer quelque chose de différent et terrifiant. Il y a un moment où l’artiste parle face à une caméra afin de raconter pourquoi il a fait ça et ce qu’il promet au jeune syrien. Sauf que la réalité est totalement différente car si le héros est en apparence libre car transformé en objet qui peut traverser les frontières, il n’en reste pas moins transformé en tout l’inverse de l’être humain.

 

Sam Ali, jeune syrien sensible et impulsif, fuit son pays pour le Liban afin d’échapper à la guerre. Pour se rendre en Europe et vivre avec l’amour de sa vie, il accepte de se faire tatouer le dos par l’artiste contemporain le plus sulfureux au monde. En transformant son corps en une prestigieuse œuvre d’art, Sam finira toutefois par découvrir que sa décision s’est faite au prix de sa liberté.

 

L’homme qui a vendu sa peau n’est pas exempt de certains défauts mais il parvient à mettre le doigt sur ce qu’il cherche à dénoncer et démontrer malgré tout. Le tout grâce à une mise en scène sobre, au plus près des personnages, et un casting soigné et touchant. L’homme qui a vendu sa peau commence en Syrie où Sam Ali est un homme transit, qui veut vivre de l’amour qu’il a à partager et finit une fois le tatouage terminé dans l’enfer de l’art contemporain où toutes les limites doivent être repoussées afin de choquer, surprendre et bien évidemment gagner toujours plus d’argent. C’est là dessus que la réalisatrice pose un regard critique alors qu’elle vend le personnage de Sam Ali comme quelqu’un d’attachant et touchant dans la première partie du film. L’homme qui a vendu sa peau veut nous parler du problème de la mise en scène d’un corps qui finalement dans son rapport à l’autre reste le même corps que n’importe quel autre être humain. L’autre scène qui m’a choqué est celle du shooting où Sam est traité comme un morceau de viande. L’homme qui a vendu sa peau s’insurge contre l’art contemporain et l’hypocrisie de ce monde sans âme.

 

Note : 6/10. En bref, un film fort qui dénonce le cynisme de l’art contemporain et ses limites. Inspiré de faits réels, le film choc sans pour autant oublier de porter un regard critique sur un monde que l’on ne connait pas tous : celui de l’art.

Sorti le 26 mars 2022 directement sur Canal+ et myCanal

 

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