Critique Ciné : Emily the Criminal (2022)

Critique Ciné : Emily the Criminal (2022)

Emily the Criminal // De John Patton Ford. Avec Aubrey Plaza, Theo Rossi et Jonathan Avigdori.

 

Plus habituée aux comédies, Aubrey Plaza (Parks & Recreation) démontre une autre partie de ses talents dans Emily the Criminal. Pour son premier film, John Patton Ford délivre un film brut qui parvient à surprendre et aller au delà de ce que l’on peut imaginer de prime à bord. Dès le début on comprend que la société américaine n’a pas épargné son héroïne : issue de la classe moyenne, elle croule sous les dettes et est incapable d’avoir un boulot digne de ce nom à cause de son casier judiciaire. Ce qui me plait ici c’est que Aubrey Plaza, qui nous a habitué à des rôles irrévérencieux, nous offre ici une prestation tellement réaliste que l’on s’attache rapidement à son personnage comme si ses aventures étaient les nôtres. Emily the Criminal lui offre donc le rôle le plus ancré dans le réel de sa vie et je trouve ça passionnant. D’autant plus que l’actrice est impliquée du début à la fin (et même en tant que productrice du film). A chaque fois que l’histoire d’Emily semble prendre une tournure différente, le film vient enfoncer un peu plus le clou.

 

La chance en berne et crou­lant sous les dettes, Emi­ly en est réduite à inté­grer un réseau d’arnaqueurs à la carte de cré­dit et plonge peu à peu dans le milieu cri­mi­nel de Los Angeles, non sans consé­quences néfastes.

 

La vie d’Emily n’est pas rose du tout et la dépression qui ressort de ce film permet aussi de cerner pourquoi elle va tomber où elle tombe. Lorsqu’elle doit faire des arnaques à la carte de crédit, acheter des objets avec des cartes de crédit volées, alors sa vie semble rouler un peu plus mais le danger est forcément palpable. Emily the Criminal ne cherche pas à nous donner de lueur d’espoir. Même dans ses relations ce n’est jamais rose, tout est brut avec une volonté de rappeler l’environnement déprimant qui l’entoure. Grâce à une mise en scène énergique, une musique intense et le jeu du casting, on s’attache aussi bien à notre héroïne qu’à ses activités criminelles. On a envie de la voir exploiter les faiblesses du capitalisme pour se sortir de la vie de dettes dans laquelle elle est actuellement. A un moment donné, Emily the Criminal devient un film différent. Si l’adrénaline des débuts est efficace, la seconde partie du film nous plonge encore plus dans l’histoire de l’héroïne et cherche à développer celle-ci plus que l’on ne pourrait l’imaginer au départ.

 

Sa relation avec Youcef par exemple permet de nous offrir des perspectives différentes et surtout de proposer un nouveau regard sur ce que veut raconter Emily the Criminal. A certains moments, Emily the Criminal ressemble presque à un documentaire sur Emily, plus qu’une allégorie. Le réalisateur n’a pas peur de nous mettre dans la peau de son héroïne ce qui rend le tout d’autant plus touchant. L’actrice semble vraiment suivre son propre instinct dans les rôles qu’elle choisit, un peu comme Emily elle-même. Elle se distingue ici comme une actrice aux talents multiples, me donnant envie d’en voir encore plus de cette facette.

 

Note : 8/10. En bref, une plongée étonnante, presque documentaire, dans l’histoire d’une femme qui a tout perdu et n’a plus rien à perdre.

Prochainement en France

 

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