DAHMER : Monstre - L’histoire de Jeffrey Dahmer (Mini-series, 10 épisodes) : dans la tête du tueur

DAHMER : Monstre - L’histoire de Jeffrey Dahmer (Mini-series, 10 épisodes) : dans la tête du tueur

Presque sortie en catimini sur Netflix, DAHMER est pourtant LA mini-série du moment. Ce n’est pas la première fiction qui nous raconte l’histoire du cannibale de Milwaukee, un des tueurs en série les plus connus des Etats-Unis. En 2017 (la dernière adaptation en date) nous avions eu My Friend Dahmer de Marc Meyers avec Ross Lynch dans le rôle titre. Une adaptation correcte de cette terrible histoire sans pour autant devenir mémorable. C’est maintenant au tour de Ryan Murphy et Ian Brennan (Glee, Scream Queens, Halston) d’adapter à deux l’histoire de Jeffrey Dahmer tout en offrant aux spectateurs la perspective des victimes. Qui mieux que Evan Peters (American Horror Story), acteur de l’écurie Murphy depuis une décennie, pour incarner ce tueur en série. L’acteur donne tout quitte parfois à donner l’impression de voir le vrai tueur sous nos yeux. DAHMER n’est pas qu’une série sur les meurtres ou les victimes c’est aussi le récit, au travers de flashbacks, de son enfance difficile entre un père absent et une mère droguée aux médicaments.

 

Le parcours du cannibale de Milwaukee, l’un des tueurs en série les plus connus aux Etats-Unis : de son enfance difficile à sa condamnation en 1992, et comment l’incompétence et l’apathie de la police lui ont permis de poursuivre ses crimes durant plusieurs années.

 

Evan Peters s’est vraiment bien immiscé dans le rôle de Dahmer, plus de Jeremy Renner en 2002 au cinéma. La mini-série ne s’arrête pas au récit des meurtres terrifiants qu’il a pu commettre en nous apprenant comment Dahmer est devenu un serial killer. Je pensais au début en lançant cette mini-série que DAHMER était une série documentaire et puis le nom de Ryan Murphy est apparu et j’ai tout de suite compris que c’était une série adaptée de l’histoire. A la fois touchante et rebutante, cette mini-série n’hésite pas à montrer les horreurs : comment il a torturé certaines de ses victimes en essayant de les transformer en zombies (comme ce jeune garçon de 14 ans qu’il a drogué et dont il a percé le crâne afin de le lobotomiser). Mais l’épisode qui m’a le plus marqué est l’épisode 1.06 centré sur Tony Hughes. Cette victime de Dahmer est particulière car il était sourd muet et pensait avoir enfin trouvé l’amour auprès de Dahmer.

 

L’épisode est brillant dans sa façon d’intégrer au visuel ce que c’est que d’être sourd et rend certains moments encore plus difficile à regarder. C’est l’épisode qui m’a le plus ému de cette mini-série car il donne la voix à Tony du début à la fin, donnant un peu son point de vue. La narration décousue peut parfois être problématique. Disons que l’on ne sait pas toujours où l’on est dans le récit (notamment lorsque l’on aperçoit le corps de Tony bien avant que l’on ait l’épisode 6 sous les yeux). Evan Peters délivre ici la meilleure prestation de sa carrière pour le moment. Il y a clairement quelque chose dans sa façon de pénétrer l’esprit du tueur qui par moment s’avère particulièrement compliqué à regarder. DAHMER n’est pas qu’un récit sur un tueur en série c’est bien plus que ça. Ryan Murphy aime les récits engagés dans la communauté LGBT et il dénonce ici le fait que la police a toujours fermé les yeux car les victimes de Jeffrey Dahmer étaient des minorités.

 

Le racisme systémique est terrifiant mais le pire vient de l’épisode sur Konerak, ce jeune garçon de 14 ans que la police a ramené à l’appartement de Dahmer alors que ce dernier prétextait que c’était son petit ami de 19 ans. La façon dont la police ferme les yeux car en plus d’être raciste est aussi homophobe. Si l’histoire de Konerak est terrifiante et la façon de la mettre en scène l’est tout autant, DAHMER nous apprend que son grand frère avait aussi été l’une des victimes de ce tueur en série (et l’un des rares à s’en être sorti). Si je comprends la souffrance des victimes à chaque adaptation de cette histoire, celle de Ryan Murphy est probablement la plus intéressante de toutes car il donne aussi le point de vue des familels des victimes. L’épisode 8 est vraiment touchant dans sa façon de donner aux familles des victimes quelque chose de différent et de fort.

 

Le dernier épisode, dixième du nom, est probablement le moins intéressant de DAHMER. Mais dans son ensemble, on retient une série terrifiante et touchante. A la fois terrifiante pour la façon dont Jeffrey Dahmer a pu tuer autant de gens impunément sans que la police ne bouge un sourcil et touchante par rapport à toutes ces victimes. On retient son souffle à de nombreuses reprises et jusqu’au bout DAHMER a su me prendre aux tripes. Le casting est très bon, ce qui permet forcément de s’impliquer aussi un peu plus dans cette histoire. La prochaine série Netflix de Ryan Murphy et Ian Brennan est aussi adaptée d’une histoire vraie, The Watcher et arrive en octobre.

 

Note : 8/10. En bref, une mini-série aussi terrifiante qu’émouvante sur l’un des tueurs en série les plus connus des Etats-Unis.

Disponible sur Netflix

 

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