Désordres (Saison 1, 8 épisodes) : la bourgeoise dépressive

Désordres (Saison 1, 8 épisodes) : la bourgeoise dépressive

Dans les deux premiers épisodes de Désordres, on se laisse prendre au jeu, celui de retrouver l’humoriste. Certes, Florence Foresti reprend alors tout ce que l’on a déjà vu d’elle en un peu moins bon mais elle a une énergie qui faisait plaisir à voir. Mais Désordres s’étiole rapidement pour ne devenir que l’ombre d’elle-même, de la vision bourgeoise de Foresti d’un Paris qu’elle ne comprend pas et ne comprendra jamais. La série vient à enchaîner de nombreuses scènes gênantes qui dans l’accumulation de scènettes devient répétitive et parfois même irritante. Peut-être aussi car Florence Foresti n’est pas vraiment ce que l’on peut appeler une bonne actrice. Elle tente l’exercice de raconter une version fictive de sa propre vie, inspirée de passages de sa propre existence mais ce portrait auto-centré a de quoi irriter rapidement. D’autant plus quand de nombreuses situations racontées dans Désordres sont des répétitions en moins bien de certains de ses sketchs ou que ce qu’elle veut faire pour nous faire rire devient ultra prévisible.

 

Désordres prouve aussi que Florence Foresti ne sait pas se réinventer. Elle a un côté lucide puisque lors d’une cérémonie, Audrey Lamy se moque ouvertement de son incapacité à se renouveler mais ce n’est pas suffisant. La trame de Désordres est tellement banale que la sauce ne prend jamais vraiment. On s’ennuie rapidement, notamment quand la série prend un ton plus sérieux sans trop savoir quoi raconter sur cette histoire de mère célibataire, divorcée qui n’arrive pas à brancher les plugs de sa nouvelle box internet. Désordres veut jouer sur son âge et le fait qu’elle et la technologie ce n’est pas ça mais c’est là aussi un échec cuisant. Elle dit clairement dans Désordres qu’elle n’a plus d’idées alors qu’elle doit sortir un spectacle et au fil des épisodes on a envie de partir, de laisser Foresti avec ses névroses de bourgeoise.

 

Foresti recycle donc tout ce qu’elle a déjà fait le siècle dernier sauf que cela devient gênant. Foresti ne sait que parler d’elle et répéter les schémas qu’elle a déjà utilisé par le passé. C’est donc éculé et sans inspiration que l’on se plonge dans huit épisodes fades. Tout ce qui n’est pas centré sur Foresti devient alors quelque chose de mal dans Désordres. Si l’on a envie d’avoir de l’empathie pour une dépression qu’elle a réellement vécu, rien n’est fait pour nous attacher à elle. Elle devient irritante au possible rapidement. Mais peut-être que l’échec de Désordres est l’incapacité de la série à choisir entre le drame et la comédie. On a des sketchs repassés entre deux moments plus dramatiques. Cela échoue à faire des moments dramatiques des moments forts. J’avais envie de croire à Désordres, peut-être aussi grâce au charme des deux premiers épisodes mais une fois l’aventure terminée, on a une envie : raccrocher en espérant ne pas voir de suite.

 

En étant autant centré sur elle-même, Foresti en oublie complètement le spectateur. On ne s’identifie jamais à ce qu’elle vit et l’on ne ressent finalement rien. Même l’épisode 7, sensé être le plus émouvant de cette saison, n’est jamais touchant. On a tous les clichés possibles au milieu d’un épisode qui ne raconte que très peu de choses. La dépression n’est pas simple à raconter mais cela aurait pu être fait avec un peu plus de subtilités. Désordres a de nombreuses longueurs qui alourdissent des épisodes déjà bien creux. On s’ennuie car même la vie des amies de Florence n’a rien à raconter. Le comble du comble c’est le fait que même Foresti semble se faire littéralement chier dans sa propre série. Le surjeu constant, le côté nombriliste, les situations outrancières (une spécialité chez Foresti mais qui fonctionne uniquement en sketch sur scène). Sans parler de l’histoire de la saison qui n’est jamais accrocheuse et qui est même tout l’inverse : gênante.

 

Désordres c’est un constat sans appel : Foresti ne sait pas se renouveler, stagne et régresse à la fois dans tous les épisodes de cette comédie. Peut-être que finalement elle devrait laisser la place aux nouveaux humoristes talentueux et devenir leur marraine mais le personnage qu’elle s’est écrit ici est aux antipodes de ce que l’on a envie de voir d’elle aujourd’hui. Florence Foresti est devenue la caricature d’elle-même et c’est pas reluisant…

 

Note : 3/10. En bref, un égo-trip qui repasse en revu tout ce que Foresti a déjà fait dans sa carrière en beaucoup moins bon. On s’ennuie et je me suis même retrouvé gêné de certaines situations. Foresti le dit dans le second épisode, elle n’a plus d’idées et Désordres symbolise parfaitement des dialogues qu’elle a écrit elle-même.

Disponible sur myCanal

 

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