Kevin Can F**k Himself (Saison 2, 8 épisodes) : morale revancharde d'une sitcom

Kevin Can F**k Himself (Saison 2, 8 épisodes) : morale revancharde d'une sitcom

Après avoir vu cette saison 2 de Kevin Can F**k Himself, ce qui me chiffonne c’est que l’on n’ait finalement pas eu plus de temps pour développer les personnages et les intrigues. La première saison se concentrait énormément sur la femme de sitcom et le parallèle avec les moments hors caméra de cette femme. Allison voulait absolument tuer son mari, celui de la sitcom. Lorsque AMC a annoncé annuler la série après deux saisons, je dois avouer avoir été choqué. Je ne m’attendais pas du tout à ce que la série n’ait pas plus de temps que ça pour démontrer tout ce qu’elle avait à démontrer. La saison 2 comprend, comme son personnage principal, que l’honnêteté est importante et primordiale. Allison ne veut pas ici faire un état des lieux avec ses actions mais veut trouver une nouvelle identité et dégager de Wooster. En tant que personnage, Allison est un sacré bordel. Cette saison est différente aussi par l’attitude d’Allison. Elle n’a plus cette attitude malheureuse. Après tout, elle comprend que Kevin n’est pas à blâmer pour tous ses problèmes et espère aussi en discuter avec Kevin afin de les faire disparaître.

 

Si Kevin est manipulateur dans le sens même de la sitcom avec un héros masculin, Allison utilise cette saison Kevin afin d’arranger les choses dans sa vie le plus rapidement possible. La relation la plus forte de cette saison 2 est celle de Patti et Allison. L’alchimie que les deux personnages partage permet aussi au scénario de grandir par rapport à la saison 1 et de faire évoluer l’héroïne de façon intelligente. Une grande partie de la saison é est consacrée au changement, compris la relation croissante de Patti avec la détective Tammy qui veut que Patti mette Allison de côté et commence une vie avec elle. Mais c’est la présence d’Allison qui créé un faussé entre Patti et Tammy. L’idée qu’Allison puisse être elle aussi un problème rend forcément le récit intéressant et Kevin Can F**k Himself n’a de cesse de prouver qu’elle méritait tellement plus de temps pour nous raconter tout ça. Je suis persuadé que cette saison accélère trop de choses pour rien.

 

En se reposant sur Patti et Allison durant toute la saison, Kevin est isolé et lui enlève ainsi son pouvoir. Alors que Kevin perd les gens dont il pouvait se moquer aisément, il ne lui reste plus que ses yeux pour pleurer. Durant plusieurs moments cette année Kevin Can F**k Himself utilise le côté sombre du récit de façon percutante. En revenant notamment au début (l’épisode 2 embarque Allison dans le souvenir de sa rencontre avec Kevin après les funérailles de son père). Dans cette saison 2, Kevin Can F**k Himself ramène tout à la maison donnant à tout le monde l’occasion de faire toujours plus et démontrer ainsi son talent. Le casting est une force dans cette série et celle-ci continue de démontrer ses qualités. Il y a une fin sympathique à cette saison 2 mais cela se fait au détriment d’une résolution d’histoire. Avec seulement deux saisons pour tout nous raconter, Kevin Can F**k Himself n’a pas eu la chance de prendre son temps. Comme pour Nick qui aurait pu revenir mais qui ne revient qu’un détour d’une ligne de dialogue.

 

Cette saison 2 reste un bel adieu pour une série qui n’a pas eu assez de temps pour se développer. Kevin Can F**k Himself est là pour nous donner envie de creuser un peu plus notre perception de la sitcom traditionnelle et ses effets tout en racontant une histoire nuancée sur l’amitié féminine, la misogynie et la toxicité masculine.

 

Note : 8/10. En bref, un adieu réussi à Kevin Can F**k Himself (même si la série n’a finalement jamais eu suffisamment de temps pour montrer tout ce dont elle était capable).

AMC+ a annulé la série après 2 saisons

 

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