Syndrome E (Saison 1, 6 épisodes) : une enquête de Sharko et Henebelle

Syndrome E (Saison 1, 6 épisodes) : une enquête de Sharko et Henebelle

Pas forcément convaincu par le premier épisode, très long dans l’exposition j’ai eu un peu de mal à me motiver à regarder la suite. Pourtant, quelle heure ! Syndrome E se révèle au fil des épisodes et devient même addictive. Plus l’on avance dans les mystères de la saison et plus Syndrome E donne envie de revenir suivre les aventures de Henebelle et Sharko. Matthieu Missoffe réinvente alors Franck Thillier et je dois avouer que pour le coup c’est bien mieux sur la longueur que sur un premier épisode qui ne permet pas forcément de cerner tout ce que la série peut offrir. C’est inspiré, respectueux de l’oeuvre originale et le mélange entre le thriller et des moments plus légers permet de créer une série étonnante. Vincent Elbaz n’est pas forcément à l’aise dans les deux premiers épisodes. En tout cas il incarne une version de Sharko qui n’était pas aussi séduisante qu’elle aurait pu l’être. C’est cependant une fois la machine réellement lancée que Syndrome E peut utiliser son casting intelligemment et le talent de ses acteurs.

 

En mélangeant les savants fous, des enfants cobayes qui ont des réactions étranges et un personnage principal hanté par sa fille décédée, Syndrome E a énormément de choses à délier et à nous raconter. Dans cette aventure à la limite du surnaturel, Syndrome E reste tout de même assez classique. On retrouve pas mal de choses classiques du genre même si la série s’aventure sur des terrains originaux. C’est probablement dans le but de rendre Syndrome E plus accessible au grand public qu’elle a été transformée de la sorte. Si au début c’est déroutant et pas forcément aussi intéressant que prévu, une fois le récit réellement démarré alors Syndrome E peut se libérer et se révéler. Le point de départ de l’enquête est assez déroutant alors que l’on plonge dans un univers bien plus sombre que ce à quoi TF1 nous a habitué. Syndrome E n’est pas non plus conventionnelle au sens propre du terme.

 

Au delà du fait qu’elle poursuive un cahier des charges assez classique, la liberté de ton de Syndrome E se ressent du début à la fin. Certains éléments alourdissent parfois le récit de trop comme cette semi-romance superficielle et un peu trop plan plan pour faire son effet. Syndrome E est donc agrémentée de tout un tas d’éléments faits dans le but de séduire le plus grand nombre. Les dialogues ne sont pas toujours égaux mais c’est l’interprétation sans faille des acteurs qui permet finalement de faire vivre un peu mieux la série que l’on ne pouvait l’imaginer au départ. En dépassant ses propres limites imposées, Syndrome E parvient donc à sortir des idées convenues et à proposer quelque chose de différent parmi les séries policières françaises. Je dirais même qu’elle ose beaucoup plus que l’adaptation de France 2 des Rivières Pourpres (qui après 4 saisons commence à réellement fatiguer).

 

Malgré une mise en scène assez rasoir et classique, ressemblant à de nombreuses autres séries policières, c’est sur le casting et le scénario que Syndrome E prend son envol. L’ambiance est certes soignée et peut parfois tirer sur le genre horrifique mais cela reste assez simple. Les plans sont parfois plus inventifs que l’on peut l’imaginer dans une série de prime-time pour la plus grand chaîne de France. Le voyage est aussi de la partie entre la France et le Maroc en passant par le Canada. Syndrome E reprend les éléments distinctifs du roman afin d’en faire ressortir le meilleur (même si la série prend ses libertés mais pas dans le mauvais sens). Ainsi, Syndrome E s’avère moins convenue dans sa seconde partie de saison et il ne faut pas s’attarder sur le premier épisode pour voir l’envergure et l’ambition de la série. Le suspense gagne des points au fil des épisodes et l’on se laisse donc piégés par ce que Syndrome E nous raconte jusqu’au dénouement, assez réussi pour tenir les promesses.

 

Note : 6.5/10. En bref, une série policière française sortant un peu des sentiers battus. Si le premier épisode n’est pas exempt de défauts, c’est sur la longueur que Syndrome E se révèle et parvient dans sa seconde partie à réellement proposer quelque chose de surprenant.

Disponible sur Salto

 

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K
Franchement j'ai essayé de m'accrocher, mais le scenar est sans grand intérêt, beaucoup de répétitions, c'est chiant quoi. On voudrait trouver du téléfilm français sympa mais qu'est ce que c'est compliqué...
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