Tell Me Lies (Saison 1, 10 épisodes) : amour toxique

Tell Me Lies (Saison 1, 10 épisodes) : amour toxique

Une relation toxique ne peut pas être quelque chose de sexy ou de glamour. Et Tell Me Lies fait justement tout ce que je n’avais pas envie de voir. Elle romance et glamourise une relation qui n’est pas saine. Un peu comme peuvent le faire les films After. Tell Me Lies est du même acabit. Tout au long des dix épisodes de cette première saison, Tell Me Lies s’égare dans tous les sens entre romance d’étudiants et séquences de sexe rendant cette relation sexy là où elle devrait justement être importante pour faire passer un message. Les scénaristes n’arrivent pas à faire éclore l’histoire et à aller au delà du simple mélodrame prévisible. Chaque épisode est sensé avoir son importance dans l’évolution de la relation entre Lucy et Stephen mais plus l’on avance dans la saison et moins Tell Me Lies semble avoir de choses à raconter. C’est mignon mais je n’ai pas envie que cela soit mignon. Je veux voir les personnages souffrir à l’écran (même si quelques moments sont assez bien foutus pour véhiculer quelque chose).

 

La relation toxique sur une période de huit ans entre Lucy Albright et Stephen DeMarco.

 

La façon dont Stephen est introduit dans Tell Me Lies devrait sonner une sirène d’alarme. On devrait d’ailleurs se sentir mal pour Lucy quand on voit quelle genre d’ordure est Stephen mais au lieu de faire cela, le scénario préfère rendre leur relation érotique au point où l’on ne sait même pas si Tell Me Lies est vraiment une série sur une relation toxique ou si c’est un conte masochiste. Tell Me Lies rejoint donc toutes ces fictions conçu pour les femmes qui utilise des personnages et situations abusives pour évoquer la peur et l’excitation facilement. On pourrait donc parler de la même chose en parlant de You (Netflix) par exemple sauf que cette dernière, bien que glamourisant aussi une relation toxique (avec un tueur en série), parvient tout de même à être plus subtile dans son approche et à questionner. Dans le cas de Tell Me Lies, ce n’est pas suffisamment bien écrit pour que l’on ressente quoi que ce soit. Un peu comme les films After (pas les romans, bien meilleurs).

 

Lorsque Tell Me Lies tente d’aller plus loin, en développant les histoires familiales de leurs personnages afin de nous attacher aux personnages, alors difficile de réellement trouver un intérêt dans ce pourquoi la série a été créé. Tell Me Lies c’est un peu la réponse que les personnes enfermées dans des relations toxiques pourraient données. Si au départ « ce n’est que du sexe », cela va rapidement devenir autre chose. Pour ajouter un peu plus de charme à Tell Me Lies, le scénario s’alourdi d’intrigues secondaires mélodramatiques qui ont du mal à elles aussi faire mouche. Le colocataire de Lucy à l’université par exemple. On sent que les scénaristes veulent nous surprendre mais cela tombe à plat car il y a un manque cruel de contexte qui vaut le coup d’être vu. Les personnages sont tous tellement génériques et faciles que cela ne fait que rendre encore plus fade un récit déjà trop maigre. Par moment tout n’est pas perdu et certains moments parviennent malgré tout à approfondir la personnalité de chacun mais l’intrigue principale de Tell Me Lies n’a pas la profondeur que peuvent parfois avoir certains personnages secondaires.

 

C’est un comble, surtout dans une série sensée justement nous plonger dans la personnalité et les pensées de notre couple vedette. Tous les personnages de Tell Me Lies finissent par n’être que l’ombre d’eux-mêmes dans une série aux dialogues qui manquent cruellement d’implication de la part des scénaristes. Par moment cela pourrait être produit par Tyler Perry que je ne serais pas surpris tant les dialogues sont fades et génériques. Comme si la série était en écriture automatique. Dommage car sur le papier Tell Me Lies avait énormément de potentiel mais celui-ci n’est jamais exploité intelligemment.

 

Note : 4/10. En bref, une relation toxique qui à l’écran ressemble à une mauvais adaptation de la saga After sans saveur, sans profondeur.

Sorti le 16 novembre 2022 sur Disney+

 

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