Blockbuster (Saison 1, 10 épisodes) : casting à louer

Blockbuster (Saison 1, 10 épisodes) : casting à louer

Récemment je lisais sur Twitter que beaucoup de gens se plaignent des sitcoms de dix épisodes qui deviennent un vrai fléau avec les services de SVOD. Blockbuster est le parfait exemple de ce qui ne fonctionne pas avec cette formule : trop peu d’épisodes pour réellement s’imprégner des personnages. Dans une sitcom traditionnelle au format de vingt-deux épisodes on a des épisodes de remplissage mais ceux-ci sont importants. Créée par Vanessa Ramos (Superstore, Brooklyn Nine-Nine), Blockbuster nous plonge donc dans un univers de comédie de bureau un peu comme la précédente série sur laquelle la créatrice a travaillé. Mais malgré tous les talents qu’il y a autour de la table, Blockbuster n’arrive pas à créer l’environnement suffisant pour nous faire rire et nous divertir comme il se doit. Blockbuster veut aussi créer un sentiment de nostalgie, à la fois comme une sorte d’hommage à Netflix qui a révolutionné le monde de la location de DVD (en envoyant ceux-ci chez les gens plutôt qu’ils aient besoin de se rendre dans un vidéoclub) et aux films qui ont été les grand succès des fameux magasins Blockbuster. 

 

Les dessous de Blockbuster, la dernière franchise de boutiques de location de VHS et DVD autrefois populaire, lancée dans les années 1980.

 

Impossible de ne pas penser à toutes les comédies de bureau qui ont fait leur succès sur le genre avant Blockbuster : Superstore, Brooklyn Nine-Nine ou encore Parks & Recreation mais Blockbuster n’en a jamais les qualités. Pour autant, une comédie comme Blockbuster est toujours la bienvenue pour sa bienveillance, son casting divers et variés tout en offrant des références à la pop culture. Etrangement, Blockbuster n’est pas une comédie faite pour un service de streaming mais plutôt pour un network (en tout cas le format dix épisodes ne fonctionne pas). Avec une saison complète prévisible et pas forcément mémorable, il faut réellement creuser pour trouver quelque chose qui va marquer notre esprit. Il y a de bons personnages comme celui de Connie qui est hilarant à mes yeux mais est-ce suffisant ? Pas vraiment. Je ne sais pas si le problème de Blockbuster est d’avoir voulu situer cela en plein dans nos années, notamment car beaucoup de spectateurs de Netflix ne comprennent pas du tout le monde du vidéoclub (peut-être aussi car ils ne l’ont jamais connu). 

 

Blockbuster fait alors défiler des personnages assez génériques sans ce côté un peu bizarre qui fait leur charme habituel. Surtout dans une comédie de bureau. Toutes ont des personnages un peu surprenants et originaux par leurs actions (The Office, Parks & Recreation,  Superstore, etc.) mais Blockbuster se contente de la version antalgique de la chose. Certains épisodes sont pourtant bons mais il n’y a pas grand chose à retenir pour autant des autres. Là où une vraie comédie a vingt-deux épisodes pour développer la dynamique de groupe, Blockbuster n’a pas ce temps. Les scénaristes crament alors en dix épisodes toutes leurs idées comiques sans laisser le temps à quoi que ce soit de respirer. Cela donne ainsi une comédie au potentiel mal exploité. Le concept de départ du vidéoclub n’est pas forcément bien exploité non plus. En dehors de quelques références ici et là, Blockbuster ne tient jamais sa promesse de références multiples qui aurait justement pu donner quelque chose de beaucoup plus fort et mémorable. 

 

En dehors des talents qu’il y a au casting (Melissa Fumero de Brooklyn Nine-Nine fait plaisir à retrouver même si son personnage n’est pas vraiment à la hauteur), Blockbuster est une comédie de bureau dispensable. Elle a ses moments mais ils ne sont pas suffisamment nombreux pour faire de cette comédie quelque chose de fort qui a le mérite de donner l’envie d’en voir beaucoup plus. Je suis donc tellement mitigé que j’en garde un souvenir amer. Dommage car il y avait énormément de potentiel si Netflix avait aussi joué le jeu dès le départ de la saison suffisamment grande pour nous permettre de nous imprégner de l’univers et des personnages. Peut-être aussi pour que les scénaristes puissent distiller leurs idées sur plus de temps. 

 

Note : 4.5/10. En bref, une comédie qui a ses moments, un casting de talents mais qui ne sait jamais vraiment faire rire comme il faut et ne nous laisse pas le temps de nous attacher aux personnages (il faut attendre le huitième épisode pour avoir un semblant d’intérêt pour l’ensemble ce qui est bien trop tard…).

Disponible sur Netflix

 

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