Atlanta (Saison 4, 10 épisodes) : fin magistrale

Atlanta (Saison 4, 10 épisodes) : fin magistrale

Une saison finale n’est jamais simple, surtout quand la série a été un véritable phénomène. Pas un succès impressionnant mais en tout cas une excellente série démontrant tous les talents de Donald Glover. Papier Boi et son équipe ferment donc les portes d’une aventure qui a débuté il y a plusieurs années maintenant. En huit mois seulement, nous avons eu droit à deux saisons brillantes, celle-ci à l’égal de la saison précédente. A la fin de la saison 3, Atlanta laissait ses personnages en Europe. Nous avons alors eu droit grâce au succès de Al et d’une tournée folle à des séquences mémorables entre Londres et Amsterdam. Pour cette saison finale, il était logique de voir les personnages retourner à la case départ mais ce n’est pas pour autant pour être répétitif mais pour offrir une conclusion digne de ce nom à la série. Si au début nous suivions des personnages fumant des splifs sur un canapé dans un terrain vague, ils ont grandis et bien évolué. 

 

Al commence à discuter de ce qu’il veut faire après Paper Boi malgré le fait qu’il soit au sommet de sa gloire. Earn de son côté est devenu un manager à succès et respecté. Van est plus calme dans sa vie, probablement car avec l’âge on s’assagi et puis Darius est toujours fidèle à lui-même mais c’est aussi ce qui permet de voir que tout le monde n’a pas forcément grandi et garde l’âme des débuts. Les personnages sont toujours aussi bien écrits dans cette série et tous uniques en leur genre. C’est une véritable force et ce qui a forgé l’âme d’Atlanta a fil des saisons. Le retour aux débuts est une bonne idée qui permet de boucler une boucle bien entamée car en quatre saisons, si cela peut paraître court, ils ont vécu énormément de choses. Atlanta reprend donc ses droits et redevient un personnage à part entière de la série. Les multiples références aux précédents épisodes (comme le faux-documentaire qui était l’un des meilleurs épisodes de la saison 1). B.A.N a de quoi faire rougir C8 chez nous tant l’absurdité du talk-show est ici détonnante.  

 

Atlanta continue d’être une série folle, pleine de surprises qui n’a pas froid aux yeux et qui se moque des conventions. La série reste irrévérencieuse à souhait. Le propos en lui-même que vise Donald Glover depuis le début est toujours présent. On parle des conditions de vie et de la maltraitance des afro-américains par le système. C’est fort et l’absurdité des séquences ou la folie même du scénario permet de mettre tout cela en exergue dans un divertissement marquant. Plutôt que de dire les choses avec des mots barbants, Atlanta préfère l’absurdité. Et le message est d’autant plus fort. C’est l’une des prouesses de cette série et cette saison finale démontre parfaitement le tout. Visuellement, la saison 4 est là aussi une excellente surprise. La façon dont on joue avec la caméra dans cette série n’a de cesse de me surprendre. C’est une ressource inépuisable d’idées qui me fait me demander si finalement la saison 4 devait être la dernière ou non ? Dans un sens, mieux vaut s’arrêter au sommet que de connaître la chute. 

 

L’artistique dans Atlanta continue d’être brillant et offre à la série tout un tas de beaux moments. Même dans ces derniers épisodes qui usent une fois de plus de tout ce que Donald Glover et son équipe ont sous la main. Comme l’avant dernier épisode où Paper Boi se retrouve dans la campagne géorgienne. C’est fort et l’on a parfois l’impression de regarder une peinture accrochée dans un musée. On comprend pourquoi la série a su se faire attendre entre la saison 2 et la saison 3. Donald Glover et son frère Stephen ont préparé le terrain dans la saison précédente afin de construire quelque chose ici. Les trips sont forts, presque à la manière d’un Inception à la sauce Atlanta. Est-ce que Atlanta est finalement un rêve de Darius ou une part de réalité tient tout de même l’histoire ? La série ne donne pas la réponse et laisse au téléspectateur l’occasion de l’imaginer. C’est d’autant plus intéressant mais si tout est un rêve, cela permettrait d’expliquer aussi certains absurdités du récit.

 

Pour conclure son histoire, Atlanta nous offre un récit à l’égal de ce que l’on a pu voir dans les saisons précédentes. C’est une façon étrange mais aussi unique de raconter une histoire. Atlanta marquera le paysage des séries pour des années encore, comme un modèle à étudier. Si par moment le propos est trop politique, c’est aussi l’une des forces de la série car l’une des sources d’inspiration majeure de Donald Glover et son équipe. Je quitte ce groupe de personnages sans que l’on ne sache réellement ce qu’il va leurs arriver par la suite mais nous laisser l’imaginer est finalement fort. 

 

Note : 9/10. En bref, une saison à la hauteur d’une brillante série. 

Disponible sur myCanal

La saison 4 d’Atlanta est la dernière de la série. 

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