Mood (Mini-series, 6 épisodes) : rappeuse en quête de gloire

Mood (Mini-series, 6 épisodes) : rappeuse en quête de gloire

Mood est une mini-série assez originale dans son ensemble à laquelle je ne m’attendais pas. Disons que l’on s’éloigne un peu des sentiers battus. Nicôle Lecky, créatrice de Mood, nous propose un regard figèrent sur le genre et elle incarne sa propre série avec intelligence. Dès le premier épisode, Mood installe le ton de ce que sera la série. On comprend qui est l’héroïne et quel genre de série on va voir. Sasha Clayton, notre héroïne et chanteuse en herbe passe vaguement du tournage d’un clip à la fête dans un club en passant par éventuellement un incendie criminel. Qu’est-ce qui n’est qu’un cauchemar dans cette histoire et qu’est-ce qui est réellement vrai ? Elle se réveille le lendemain avec aucun souvenir de la journée précédente, un kebab à moitié grignoté proche de son lit et ses parents lui disant d’arrêter de fumer. Ses notifications sur son téléphone indiquent qu’elle a appelé son ex, Anton, plus de 40 fois alors complètement bourrée et ses stories Instagram ne sont pas meilleures. En seulement dix minutes, Mood nous permet de comprendre que Sasha est une jeune femme à la fois chaotique, qu’elle est complètement bordélique et que ce n’est que le début. 

 

Racontée en partie à travers les chansons créées par Sasha, Mood suit le parcours d'une rappeuse de 25 ans rêvant de gloire. La jeune femme, qui passe ses journées à fumer de l’herbe et suivre son ex-petit ami Anton sur Instagram, se retrouve à la rue. Contrainte de se débrouiller seule, trouvera-t-elle sa voix ?

 

Sasha est une chanteuse en herbe de 25 ans qui a du mal à réussir dans la musique. Elle erre dans un monde où elle ne sait pas où aller. Seule personne de couleur dans sa famille, elle se sent distante de sa mère blanche, de son beau père et de sa demi soeur. Son dernier petit ami l’a quitté (et il faut attendre la fin avant que la série ne décide d’explorer cette partie). Alors, la solitude de Sasha la consume et lui donne les capacité d’être une experte en auto-sabotage. Sa vie change quand elle rencontre un influenceur, Carly Visionz, grâce à leur dealer commun. Elle se retrouve alors plongée dans son univers, complètement différent du sien (même si les deux trouvent finalement des points communs dans leurs aventures). Tout cela permet à la créatrice (et actrice principale) Nicôle Lecky d’explorer le côté sombre des réseaux sociaux, du sexe, de la honte et de la pression sociale. L’humour étonnant de Mood peut rapidement rappeler aux spectateurs d’autres séries britanniques comme Fleabag, Chewing Gum (ou encore I May Destroy You). 

 

Lecky s’est inspiré de son propre one-woman show, Superhoe, afin de créer Mood. On retrouve alors dans ces six épisodes quelque chose de caustique avec un humour propre tout en développant quelque chose d’assez différent en parallèle, de beaucoup plus mélodramatique. Mood ne cherche pas à faire les choses rapidement ce qui permet de s’attacher à l’univers et aux personnages. Sasha et Carly parviennent à nous offrir quelque chose de facile à croire, qui ne donne pas l’impression d’être surréaliste. La narration est intelligente avec un brin de sentimentalisme mais pas trop. Le but de Mood est tout de même de rester les pieds sur terre même si la vie de l’héroïne est un véritable chaos. Le casting joue beaucoup dans la réussite de Mood et la prestation de Peake et Lecky permet de créer cette symbiose étonnante. La musique est aussi importante dans Mood et la bande son de la série est excellente ce qui reste un autre des atouts qu’elle a à proposer. 

 

Même si ce n’est que six épisodes, Mood garde tout de même quelques petits twists en stock qui n’ont de facto pas assez de temps pour se développer. Comme pourquoi Anton l’a quitté après avoir passé dix ans avec elle. Le dernier épisode révèle une sacrée histoire sur Sasha mais réellement appeler en profondeur le récit. On est donc coincés dans une histoire qui ne sait pas trop ce qu’elle veut être ou dans quelle direction elle veut aller quand elle se conclut mais le reste des épisodes n’est qu’un pur plaisir. 

 

Note : 7/10. En bref, il y a de quoi se rappeler tout un tas d’autres séries britanniques comme Chewing Gum ou I May Destroy You ici. C’est confortable et plutôt réussi dans son ensemble. 

Disponible sur myCanal

 

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