Stonehouse (Mini-series, 3 épisodes) : ministère fou

Stonehouse (Mini-series, 3 épisodes) : ministère fou

S’il y a bien quelque chose que Stonehouse a réussi c’est son casting. Matthew Macfadyen est brillant dans ce rôle de John Stonehouse. Je ne connaissais pas cette personnalité britannique mais elle est haute en couleur et méritait bien que son histoire soit adaptée. On retrouve alors tout ce qui faisait la politique dans les années 70 alors que John Stonehouse grimpe rapidement la caste politique, qu’il est heureux dans son mariage et a même des enfants. Sauf que Stonehouse va rapidement partir en sucette et s’auto-détruire à sa sauce. C’est là que le plaisir de Stonehouse peut réellement commencer. Tout cela en se retrouvant embourbé dans une histoire d’espionnage et sans argent, perdant les élections. La spirale infernale est particulièrement palpitante à suivre. D’autant plus qu’avec trois épisodes, Stonehouse peut rapidement se mettre dans le bain sans nous ennuyer. 

 

Biopic sur le politicien travailliste disgracié John Stonehouse, un ministre britannique qui a disparu de la plage d'un grand hôtel de luxe en Floride en 1974 - avec l'intention de simuler sa propre mort.

 

Dans cette mini-série de ITV1, Stonehouse a tous les ingrédients du drame politique amusant, presque satirique alors que c’est inspiré de faits réels. On ne s’ennuie pas durant toute la mini-série alors que l’on nous révèle petit à petit toutes les absurdités de cette aventure. La solution que John Stonehouse a trouvé afin de se sortir du bourbier dans lequel il était ? Faire croire à sa mort sur une plage de Miami en 1974 avant de s’évader en Australie avec sa secrétaire sous couvert d’une nouvelle identité. Le problème pour lui, qui est finalement excellent pour nous, c’est que Stonehouse n’est pas un bon vilain. Il ne l’a jamais été et ne le sera jamais. Cela rend alors le tout assez cocasse. Matthew Macfadyen est excellent du début à la fin, recréant l’univers délirant de cet homme qui au fil des années a voulu réussir à sa façon mais a échoué lamentablement. 

 

Au fond, Stonehouse est de prime à bord le britannique moyen qui va simplement réussir sa vie politique avant que tout le château de cartes qu’il ait construit ne s’écroule complètement. Il devient espion pour la République tchèque mais il est très mauvais en espionnage. Ses informations sont à la fois ennuyeuses, rien de plus. Mais cela rend le tout encore plus palpitant, notamment quand il donne des informations périmées. Il est tellement bête que l’on peut facilement se demander si Stonehouse ne le fait pas exprès. La série joue très bien sur ça et s’en amuse intelligemment. Lorsque Stonehouse informe les tchèques de l’invention du Concorde, il se trouve que deux jours auparavant c’était à la Une sur la télévision française. C’est ce côté ridicule qu’il y a chez le personnage, grand Guignol qui le rend finalement intéressant. 

 

Je suis assez étonné qu’aucune fiction ne s’était penché sur ce personnage auparavant. John Preston (A Very English Scandal - 2018 -) écrit ici une mini-série qui a tous les ingrédients pour plaire. De l’amour, de l’aventure, du drame et surtout du divertissement pur et dur. Si la fin, dramatique, apporte forcément son lot de moments plus tendres et touchants, Stonehouse trouve toujours un moyen de nous offrir quelques moments de grâce (comme lorsqu’il fait une crise cardiaque en prison dans le dernier épisode). Je ne connais pas l’histoire originale donc je ne peux pas comparer Stonehouse avec ce qui s’est réellement passé mais en termes de fiction c’est un véritable plaisir qui n’est jamais coupable.

 

Note : 7.5/10. En bref, Matthew Macfayden est excellent et offre à la série quelque chose de divertissant. 

Prochainement en France

 

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