Shantaram (Saison 1, 12 épisodes) : monotonie au paysage splendide

Shantaram (Saison 1, 12 épisodes) : monotonie au paysage splendide

Dommage de ne pas avoir droit à une suite à Shantaram puisque la saison s’achève tout de même sur un cliffhanger. Adaptée du roman Shantaram de Gregory David Roberts par Eric Warren Singer (American Bluff, Top Gun: Maverick) et Steve Lightfoot (Hannibal, The Punisher), la série a de quoi séduire sur le papier. Avec Charlie Hunnam dans le rôle principal, voilà encore un argument qui va dans le sens de la réussite de Shantaram. Pour autant, en dehors des décors magnifiques de Bombay (et autres), la série n’est pas assez consistante pour tenir ses promesses sans parler du fait que douze épisodes pour adapter un roman (certes riche) c’est beaucoup trop. Le roman de Gregory David Roberts fait plus de 1000 pages donc forcément il faut du temps pour faire une bonne adaptation mais Shantaram souffre un peu de ce dont souffre certains films que Eric Warren Singer (co-créateur ici) a écrit. Je pense notamment à American Bluff qui trainait en longueur pour pas grand chose. 

 

Un fugitif, Lin Ford, est perdu dans la vibrante et chaotique Bombay des années 80. Seul dans cette ville qu’il connaît mal, Lin a du mal à éviter les problèmes qui l'ont contraint à fuir. Après être tombé amoureux d’une femme énigmatique, Karla, Lin doit choisir entre la liberté ou l’amour et les complications qui vont avec.

 

L’histoire de Shantaram mélange tout de même des éléments séduisants : un thriller intense, une histoire de mafieux, un drame riche en émotions (notamment lors d’un incendie du bidonville de Bombay), et… de la romance. C’est dommage que tous ces éléments ne soient pas mieux assemblés à l’écran. Il y a des moments où Shantaram parvient à construire quelque chose de fort et mémorable mais ils sont trop rares. Il faut dire qu’avec douze (très long) épisodes, la série prend trop de temps et peut rapidement lasser le spectateur. Je ne suis pas contre une série qui prend son temps mais dans ce cas-ci ce n’est pas pour apporter de la nuance et de la profondeur aux personnages et au récit. Il faut donc aller chercher la force de Shantaram dans ses performances. Charlie Hunnam et Shubbam Saraf sont parfaits dans leurs rôles respectifs. Visuellement c’est là aussi très soigné, très beau. On sent d’ailleurs que le réalisateur, Bharat Nalluri veut nous imprégner de la culture, comme si l’on pouvait vivre ce que l’on voit à l’écran par moment.

 

L’histoire de Lin Ford est celle d’un homme qui s’évade d’une prison australienne pour attirer à Bombay (maintenant appelée Mumbai) en 1982. Il doit alors s’accoutumer, apprendre à vivre autrement que dans son propre pays. Mais Lin va rapidement trouver un ami en la personne de Prabhu, un guide touristique. C’est une porte d’entrée intéressante dans la culture d’un pays puisque c’est le personnage typique qui peut nous faire découvrir des choses. Et on va en découvrir des choses sur l’Inde tout en racontant en parallèle d’autres histoires. Lin n’appartient pas au monde dans lequel il vit et inévitablement cela va forcément se ressentir. Mais c’est aussi ce qui peut faire la force du récit par moment, quand celui-ci intègre mieux les personnages et la globalité de l’histoire. 

 

Certains dialogues ne sont pas en adéquation avec la qualité proposée en parallèle (tant par le visuel que par la performance). On sent que Apple a mis les moyens pour que Shantaram soit magnifique mais il aurait peut-être fallu travailler le scénario pour que celui-ci soit plus consistant aussi. La façon de dépeindre la pauvreté est aussi assez étrange, même la culture. Je n’ai pas l’impression que Shantaram soit un portrait réaliste de l’Inde alors que la culture indienne, déjà bien imprégnée dans tout un tas de séries (Never Have I Ever, Ms Marvel et certains personnages comme Patel dans Starstruck) elle est ici monotone. Il n’y a que Prabhu et ceux qui vivent autour de lui pour réellement nous offrir un décor, une culture et un langage. Une fois bien installé à Bombay, Lin va alors rencontrer tout un tas de personnages comme des touristes comme Didier (incarné par le français Vincent Perez), Karla, la prostituée Lisa. Ces deux dernières sont d’ailleurs impliquées dans des activités illégales. Les intrigues secondaires sont intéressantes et presque plus que celle du héros. 

 

Shantaram manque de tout un tas de choses pour être à la hauteur de ce qu’il veut nous raconter. Les dialogues ne sont pas forcément très inspirés même si le casting tente d’en faire quelque chose de bien meilleur pour nous. La série rassemble aussi l’action dans les deux derniers épisodes (si l’on a eu le courage d’aller jusqu’au bout et ce n’est pas une sinécure). 

 

Note : 4.5/10. En bref, pas la série que j’attendais. C’est long pour pas grand chose et d’un point de vue des dialogues on est face à quelque chose d’assez monotone. Reste le visuel très travaillé et la prestation de son casting pour tenter de sauver un navire qui n’avance pas assez rapidement. 

Disponible sur Apple TV+

Apple a annulé Shantaram après 1 saison. Il n’y aura pas de saison 2. 

 

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