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Breaking Bad : les débuts de la gloire

6 Août 2013 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Série Express

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La saison 2 de Breaking Bad avait été annoncée en mai 2008. Après une belle ribambelle de récompenses, Breaking Bad était alors entrée dans le panthéon des séries adulées des critiques. Et petit à petit le public a su apprendre que la série existe. C'est pourquoi cette seconde saison est un peu les débuts de la gloire pour le drama de Vince Gilligan. Bryan Cranston avait alors pris de court tout le monde dans un rôle aux antipodes de ce qu'il pouvait être dans Malcolm. Cependant, on peut retrouver quelques traits de caractère chez les deux personnages dans le sens où tous les deux sont un peu cinglé dans leur tête. En soi, ce n'est pas une mauvaise chose. Bien au contraire, c'est une excellente idée. Le lien qu'il y a entre Breaking Bad et Malcolm est au fond une part de cynisme que cache la série en elle même. Il y a tout un tas de scènes amusantes aussi bien voulues que pas voulues. Les excès de colère du héros prennent alors une place de plus en plus passionnante, donnant alors de l'ampleur au récit.

La saison 2 se devait de ne pas répéter la première saison déjà très addictive. En treize épisodes, la série parvient à se renouveler et à nous embarquer encore un peu plus loin dans le business de notre duo improbable composé de Walter White et de Jesse Pinkman. Il est vrai que ce n'est pas le duo que l'on aurait pu imaginer et pourtant c'est une idée de génie. Le tout fonctionne si bien que l'on a constamment envie d'en voir encore plus. Avant les débuts de la saison 2, Bryan Cranston avait révélé que plus jeune, quand il avait encore 16 ans, il avait voulu devenir flic. Autant dire que c'est complètement à l'opposé de son personnage dans Breaking Bad. Un héros qui n'en est finalement pas un dans le sens où il cherche constamment à transgresser la loi. Il a en plus de ça un atout de taille : le personnage de Dean Norris alias Hank qui travaille pour la DEA. Breaking Bad va aller jusqu'à rendre les flics inefficaces pour attraper un amateur (Walter White et son acolyte) dans un monde qu'ils sont sensés connaître et dont ils arrêtent des dizaines de gros caïds chaque années.
01-Breaking-Bad-Season-2-Bryan-Cranston-Aaron-Paul-Raymond-.jpgL'acteur connaît très bien le monde des séries et sait que pour accrocher le téléspectateur il faut une série qui n'a pas froid aux yeux et surtout pas de frustrer son téléspectateur au détour de cliffanghers surabondants et d'effets de surprises efficaces et inattendus. En effet, Breaking Bad se révèle au fil des épisodes et Bryan Cranston va aller jusqu'à faire la comparaison avec le fait que c'est ce que notre société a créée, cette impatience, "How do feel when you're at the computer and it's not loading right away ?". Il est vrai que c'est le genre de choses qui chaque jour frustre tout le monde. Il va plus loin en disant que toute notre société est instantanée mais que c'est dans notre nature d'être intrigués. Au fil de la saison 2, Breaking Bad n'aura pas peur d'aller au plus profond de nos bas instincts.

Un épisode en particulier m'avait marqué, il s'agit de "Mandala". Cet épisode a fait complètement basculer la série dans une toute nouvelle dimension, encore plus sombre que ce que l'on avait déjà pu voir auparavant. Nous savons que cela va aller de mal en pis et que les personnages ne sont pas prêt de remonter la pente maintenant qu'ils sont dans un engrenage sans fin. Ce qu'il y avait d'incroyable avec cet épisode c'est le fait que l'on ne s'attend du tout à ce que la série plonge aussi bas (dans le bon sens du termes) maintenant alors qu'elle a encore tellement de choses à nous raconter. Au fond, cela pouvait se ressentir comme une mauvaise idée mais ce n'est pas du tout le cas. Bien au contraire. J'ai retrouvé un peu de Trainspotting de Danny Boyle dans toute l'histoire de Jesse et de Jane (incarnée par l'excellente, ou plutôt la brillante Krysten Ritter qui vaut bien mieux dans Breaking Bad que dans toute autre série où elle est apparue).
large_breaking_bad_s2_blu-ray3t.jpgCe qui m'a fasciné avec la saison 2 de Breaking Bad c'est le fait que la série n'a pas peur de prendre des risques. Elle n'en a rien à faire du téléspectateur et de ce qu'il peut bien penser. Il faut que tout évolue, bouge et reste attractif. Pour cela il faut constamment prendre des risques et quels risques !

Si en 2008, Breaking Bad était la série du câble la plus nominée aux Emmy (elle n'en remportera que deux), elle entre déjà dans une période de sacralisation sans fin possible. En 2009, Breaking Bad va recevoir deux grandes récompenses. La première est un Emmy Award pour Bryan Cranston en tant que meilleur acteur principal dans une série dramatique. Et un second Writer's Guild Award pour le meilleur épisode d'une série dramatique pour l'épisode "Gray Matter" (1.05). "Gray Matter" est, il est vrai, un brillant épisode de Breaking Bad. Mais à force d'utiliser le mot brillant au fond n'a t-on finalement pas perdu la véritable nature de la série ? C'est une question que je me pose mais j'ai bien envie d'en découvrir encore un peu plus. Breaking Bad va même avoir droit à un record de notations aux Writer's Guild Award, autant dire tout de suite que la série était déjà dans le collimateur de tous les critiques américains.

A raison. Par ailleurs, Bryan Cranston n'est pas arrivé par hasard dans la tête du créateur de Breaking Bad. En effet, alors que ce dernier avait travaillé avec lui dans un épisode de la saison 6 de X-Files où il incarnait un homme troublé en phase terminale prouve tout de suite que Vince Gilligan s'est inspiré de ce qu'il a pu faire par le passé pour créer Breaking Bad. Le personnage de Bryan Cranston dans la série fantastique de FOX avait même kidnappé Fox Mulder. Vince Gilligan avait même fait un éloge à Bryan Cranston :
"You're going to see that underlying humanity, even when he's making the most devious, terrible decisions, and you need someone who has that humanity - deep down, bedrock humanity - so you say, watching this show, 'All right, I'll go for this ride. Id on't like what he's doing, but I understand, and I'll go with it for as far as it goes'. If you don't have a guy who gives you that, despite the greatest acting chops in the world, the show is not going to succeed"
04-Breaking-Bad-Season-2-Bryan-Cranston-Dean-Norris1.jpgUne fois la saison 1 terminée, Vince Gilligan avait prévu de tuer le personnage de Jesse Pinkman. Il voulait que le personnage meurt terriblement à cause de son addiction à la drogue. Et puis il s'est rendu compte que finalement l'alchimie entre Jesse et Walt était excellente. De plus, le créateur avait même été bluffé par la prestation de Aaron Paul (qui sera d'ailleurs plus tard récompensée à raison). La saison 2 de Breaking Bad débutait devant près de 1.66 millions de téléspectateurs américains. C'est assez faible et près d'un million de moins que ce que la série réunissait l'été dernier sur AMC. Cela reste assez faible comparé à d'autres productions de la chaîne, mais c'est aussi une série de niche qui n'est pas forcément facile à aborder. Il faut laisser infuser le sujet, laisser infuser les épisodes. Je suppose donc que la série fonctionne beaucoup mieux à la demande ou encore en DVD. Mais ce n'est nécessairement une mauvaise chose. Les épisodes suivants ont réussie à rassembler un nombre de téléspectateurs plutôt correct sans pour autant faire sauter les taux d'audience de AMC.

1.03 : 1.13M de téléspectateurs
1.04 : 1.29M de téléspectateurs
1.05 : 1.21M de téléspectateurs
1.06 : 1.41M de téléspectateurs
1.08 : 1.04M de téléspectateurs

Ce n'est pas mauvais, surtout que c'est dans la moyenne de ce pouvait faire la chaîne avec par exemple Mad Men à ses débuts mais à mes yeux la série pouvait encore gagner en notoriété et donc en téléspectateurs.

La série est renouvelée assez rapidement et une anecdote dramatique va venir gâcher la fête, se rapprochant même par certains aspects de ce que le héros de Breaking Bad peut vivre.

 

Demain, la suite. N'oubliez pas de liker la  page Facebook pour plus de petites surprises autour de cette semaine spéciale Breaking Bad.

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