Critique Ciné : 11.6, Robin des Bois des temps modernes

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11.6 // De Philippe Godeau. Avec François Cluzet et Bouli Lanners.


En tant que lyonnais, je ne pouvais pas passer à côté de l'adaptation des aventures de Toni Musulin, le convoyeur de fonds qui déroba en 2009 près de 11.6 millions d'euros dont 2.5 millions sont encore quelque part dans la nature. L'idée était de nous plonger dans un film plus personnel que thrilleresque. Ainsi, on ne peut pas dire que 11.6 soit un film excitant d'un point de vue des scènes d'action. Au fond, ce n'est pas non plus ce que j'attendais. On nous raconte donc l'histoire de Toni, entre sa vie professionnelle et sa vie privée. On y découvre un homme taciturne et très silencieux. Tout cela sert bien évidement le récit et lui donne un arrière goût de réussite. Si 11.6 connait un passage à vide, globalement le tout reste assez cohérent et parvient du coup à nous donner envie de comprendre le personnage en allant jusqu'au bout du film. Si Toni reste quelqu'un de très silencieux et qu'il est assez difficile de savoir ce qu'il pense réellement, 11.6 pèche par son manque d'apports par rapport à ce que l'on sait déjà.

Toni Musulin est convoyeur de fonds depuis dix ans. Le 5 novembre 2009, à 10 heures du matin, il appuie doucement sur l’accélérateur de son fourgon blindé. À l’arrière de son véhicule, 11.6 millions d’euros…

Le scénario de 11.6 est assez sobre et ne cherche pas à forcer les traits. Du coup, celui-ci se concentre avant tout sur les relations qu'il pouvait entretenir avec la femme qui partageait sa vie, avec ses collègues, etc. François Cluzet, impeccable dans le rôle, parvient à entretenir la légende de cet homme qui finalement a bravé les interdits pour se venger de la société qui s'est moqué de lui durant tant d'années (petit à petit on sent montée l'envie de se venger chez cet homme qui n'a jamais été passionné par l'argent). Je me demande d'ailleurs comment cela se passera quand il sortira de prison car les 2.5 millions manquant, il ne s'en est certainement pas servi pour brûler du petit bois. Le film reste donc plus ou moins fidèle à l'histoire de Toni Musulin ce que je trouve d'appréciable. Cela permet finalement d'avoir une sorte de docu-fiction sur un personnage devenu presque un héros national pour certains.

On peut également saluer Corinne Masiero qui joue le rôle de la compagne de Toni formidablement bien. Elle ne fait pas strass et paillette et c'est justement son côté un peu bucheronne qui fait que l'on s'attache encore un peu plus à son histoire et à celle de Toni. On peut également saluer Philippe Godeau qui, sans faire énormément d'efforts non plus, parvient à donner à 11.6 une mise en scène froide comme son héros, sombre comme son personnage et inspirée. On pourrait même en demander encore un peu plus sans problème, nous racontant l'après prison (il a écopé de 5 ans de prison ferme) même si au fond cela ne servirait pas à grand chose. Le réalisateur à qui l'on doit Le Dernier pour la Route, retrouvait ici une seconde fois François Cluzet.

Note : 5.5/10. En bref, un drame assez fidèle au personnage et ce même si on peut lui reprocher de ne pas nous en dire plus sur ce héros national.

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