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Critique Ciné : 38 Témoins, polar inspiré...

15 Juillet 2012 , Rédigé par Ca Déborde de Potins, by delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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38 Témoins // De Lucas Belvaux. Avec Yvan Attal, Sophie Quinton et Nicola Garcia.


Adoptant un style proche du Fenêtre sur Cour d'Alfred Hitchcock mais en bien moins oppressant, 38 Témoins m'a beaucoup séduit parce qu'il comprend la mécanique. Je pense qu'Agatha Christie serait jalouse de ce petit 38 Témoins car il y a tous les bons ingrédients pour une histoire policière. 38 témoins et pourtant aucun qui ne va témoigner. Alors que le film débute de façon classique, un peu comme un Mystère dans la Chambre Jaune (par exemple), petit à petit le mystère prend forme et surtout s'épaissi. On a un développement des personnages qui est fait, notamment dans la gestion du deuil au quotidien et comment ils vont faire pour chacun gérer cette affaire. Ils sont 38 tout de même, ce qui est assez généreux en termes de casting, mais efficace. La gestion du timing est là, et Lucas Belvaux a su donner pas mal d'envergure à son film. Le réalisateur du très moyen Rapt (avec Yvan Attal) rejoint un style moins conventionné et plus libre avec 38 Témoins. Ce qui est appréciable.

Alors qu'elle rentre d'un voyage professionnel en Chine, Louise découvre que sa rue a été le théâtre d'un crime. Aucun témoin, tout le monde dormait.
Paraît-il.
Pierre, son mari, travaillait. Il était en mer.
Paraît-il…
La police enquête, la presse aussi.
Jusqu'à cette nuit où Louise rêve. Elle rêve que Pierre lui parle dans son sommeil.
Qu'il lui parle longuement. Lui qui, d'habitude, parle si peu.

Alors que dans un premier temps on pourrait croire à un film uniquement à tendance policière, ce n'est pourtant pas le sujet primaire de 38 Témoins. En effet, le crime n'est qu'une excuse pour développer une histoire humainement forte et assez captivante. Il arrive à nous décrire qui nous sommes, nous, dans la vie de tous les jours et comment nous pouvons réagir face à une telle situation. Ce que j'ai aussi apprécié c'est que le scénario nous permet de ne pas en oublier une seule miette de toute cette histoire. Parfaitement maitrisée jusqu'au bout. On ne peut donc rien dire sur l'intrigue, parfaitement gérée de part en part. 38 Témoins est donc un film noir, mais d'une noirceur assez étrange. Voyez ça. C'est tellement nouveau mais aussi d'un autre temps que l'on ne sait même plus où l'on est. Le film ne fait pas vraiment attention à son époque, se contentant uniquement de raconter son histoire avant tout. Il parle de plusieurs sentiments qui nous animent : la peur (celle de se faire assassiner nous aussi), la lâcheté (ne pas avoir su surmonter sa peur), le mensonge (mentir pour protéger les autres) ou encore la culpabilité (qui n'est pas un sentiment simple à ressentir).

Outre le talent de Lucas Belvaux (qui est impossible de ne pas reconnaitre), on peut aussi saluer la prestation du très beau casting. Yvan Attal (Rapt) apparait plutôt sobre dans ce film, tout en finesse et en émotion. Dès que la culpabilité commence à se faire ressentir au travers du personnage il va dans un premier temps se confier à sa femme, et puis ensuite commencer à faire un travail sur lui même. Assez efficace en son genre. Ensuite c'est l'intensité du reste des personnages qui sont là pour faire avancer l'histoire et faire graviter tout le monde autour de cette sordide affaire. Finalement, on tient ici l'un des meilleurs polars que la France ait pu produire depuis pas mal d'années. Traité avec respect, froideur et intensité, je pense qu'il est difficile de trouver mieux depuis pas mal de temps (depuis 36 peut être ? Encore un film de chiffre… mais où est le 37 alors ?). Bref, je pense qu'il est inutile d'en rajouter, il vous faut voir 38 Témoins, c'est un très bon film, solide comme un roc.

Note : 9/10. En bref, polar intense à l'allure moderne et librement inspiré de l'univers Hitchcockien.

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