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Critique Ciné : Aimer, boire et chanter, c'est pas la joie

2 Avril 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Aimer, boire et chanter // De Alain Resnais. Avec Sabine Azéma et Hippolyte Girardot.


Le grand fan de théâtre que je suis se devait d’aller voir le dernier film d’Alain Resnais. Ce dernier film est aussi symbolique dans le sens où il s’agit du dernier film tourné par le réalisateur avant de décédé. Après le très bon Vous n’avez encore rien Vu, je dois avouer que j’attendais beaucoup de ce film et la déception fût grande. Très grande. Ce qui fait l’originalité des films du réalisateur c’est le fait qu’ils réussissent à marier à la fois le théâtre au cinéma. Peu de cinéaste peuvent se targuer d’avoir réussi mais en tout cas Alain Resnais a déjà fait pas mal de très bonnes et belles choses au cinéma. Ici c’est tout simplement dommage de le voir se heurter au problème de son scénario. Il y avait des idées dans la mise en scène (ce minimaliste intriguant qui rend le tout assez original) mais le scénario manque cruellement de bons dialogues. On se retrouve donc avec quelque chose qui manque cruellement d’envergure. L’ambition était pourtant annoncée mais rien n’y fait. Je ne sais pas pourquoi. Je partais peut-être trop confiant. Je suis donc resté totalement hermétique à ce film et ce à mon grand damne.

Dans la campagne anglaise du Yorkshire, la vie de trois couples est bouleversée pendant quelques mois, du printemps à l’automne, par le comportement énigmatique de leur ami George Riley.
Lorsque le médecin Colin apprend par mégarde à sa femme Kathryn que les jours de son patient George Riley sont sans doute comptés, il ignore que celui-ci a été le premier amour de Kathryn. Les deux époux, qui répètent une pièce de théâtre avec leur troupe amateur locale, persuadent George de se joindre à eux. Cela permet à George, entre autres, de jouer des scènes d’amour appuyées avec Tamara, la femme de son meilleur ami Jack, riche homme d’affaires et mari infidèle. Jack, éploré, tente de persuader Monica, l’épouse de George qui s’est séparée de lui pour vivre avec le fermier Simeon, de revenir auprès de son mari pour l’accompagner dans ses derniers mois. Au grand désarroi des hommes dont elles partagent la vie, George exerce une étrange séduction sur les trois femmes : Monica, Tamara et Kathryn
Laquelle George Riley emmènera-t-il en vacances à Ténérife ?

Il y a de bonnes choses dans Aimer, boire et chanter. A commencer par la mise en scène, dépouillée, histoire de nous plonger dans des décors particulièrement minimalistes. C’est une bonne idée, surtout que cela permet justement de nous imprégner un peu plus des personnages et de ce qu’ils tentent de nous raconter. Je suppose que c’était le souhait d’Alain Resnais, de revenir au théâtre où le spectateur ne doit pas se laisser distraire par les décors mais uniquement par les dialogues. Sauf que le problème de Aimer, boire et chanter est justement là. Les dialogues sont assez vides et cela manque cruellement d’originalité. Sans compter que toute cette histoire de personnage mystérieux (le très étrange George Riley que l’on ne verra jamais à l’écran) tente d’alimenter un film qui n’a finalement pas grand chose à nous dire. J’aurais largement préféré qu’il se concentre sur cette pièce que tout le monde répète. Mais malheureusement il fallait garder le visage de George inconnu et du coup, on ne va même pas pouvoir en profiter. Un film mariant le précédent film du réalisateur et La Vénus à la Fourrure aurait donc été le bienvenu.

Mais du coup, quand on n’a pas grand chose à se mettre sous la dent d’un point de vue du récit on commence à regarder le reste. Du coup le générique de début par exemple était particulièrement ridicule. Cette juxtaposition des noms sur rectangles noirs, c’est d’un kitsch assez laid. Le découpage du film est quant à lui très répétitif. On a donc l’impression de voir constamment la même chose au fil des saisons. Seul les décors évoluent mais les personnages ne changent pas vraiment et c’est dommage car j’aurais tellement aimé trouver Aimer, boire et chanter bon. Voire même être submergé par l’émotion. Le casting est quant à lui fidèle au réalisateur. Sabine Azéma est tout simplement grandiose dans le rôle de Kathryn. Je crois que c’est l’actrice la plus fidèle du réalisateur et depuis Smoking/No Smoking je dois avouer qu’elle est fabuleuse dans les films du réalisateur. On saura aussi apprécier Sandrine Kiberlain. Dommage donc de terminer sa carrière sur un film aussi mineur que celui-ci alors que ce cinéaste a déjà offert au cinéma français tant de beaux films.

Note : 2/10. En bref, on s’ennuie et puis l’on finit par voir de plus en plus de défauts.

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